Revue de presse réalisée par Guy Frank pour le compte de la Société d'Histoire de Wintzenheim. Ce travail de dépouillement quotidien permet de mesurer la place que nos journaux régionaux accordent à l'histoire et au patrimoine culturel de la commune. Qu'ils en soient ici remerciés. Les articles sont repris, entiers ou sous forme d'extraits, dans l'ordre chronologique de leur parution. Certains sujets reviennent à plusieurs reprises : c'est qu'ils ont fait l'actualité en 2008...
Les tissages Haussmann de Logelbach fermeront d’ici l’été. La décision de DMC condamne un site qui avait près de 250 ans d’histoire et occupait encore 80 personnes.
Avec l’échec au début de l’été dernier du plan de reprise de l’établissement présenté par son directeur associé à un groupe d’investisseurs, l’unité DMC de Logelbach s’acheminait vers une fin annoncée. La fermeture du site a été officialisée hier devant le comité central d’entreprise réuni à Illzach (lire en pages Région). Parmi les 206 suppressions d’emploi annoncées figurent les 82 postes qui subsistaient à Logelbach. La cessation d’activité devrait intervenir avant l’été. Avec la disparition de Haussmann, la page se tourne sur 240 ans d’histoire à Logelbach. La fabrique d’étoffes imprimées avait été créée en 1767 par les frères Haussmann. Deux ans après sa création, elle occupait 400 ouvriers. Elle en comptait 1300 à la vielle de la Révolution. Le grand bâtiment de la filature avait été construit en 1824. Il a disparu dans l’incendie du 14 février 1961, qui a durablement marqué les mémoires dans la région colmarienne. Depuis cette date, l’établissement se consacrait à l’activité de tissage.
Les tissages Haussmann avaient rejoint en 1930 le groupe haut-rhinois SAIC (Société alsacienne d’industrie cotonnière). Utilisant les filés de coton, coton polyester et fils élastiques principalement fournis par les filatures vosgiennes, l’établissement s’était spécialisé dans les velours trame et l’option sportswear. Dans les années 1980, l’activité s’était concentrée dans le bâtiment ouest, où les 200 et quelques métiers à tisser ont continué à fonctionner durant vingt ans. Dès 2001 cependant, alors que l’effectif tournait encore autour de 150 salariés, la direction générale du groupe - passé dans l’intervalle sous la coupe de Dolfus Mieg et Cie - laissait entendre que le site n’était plus compétitif. À l’époque, une centaine de métiers à tisser avaient quitté Logelbach pour le Bangladesh. Depuis la fermeture du site SAIC Velcorex de Colmar en 1999 (route d’Ingersheim, l’usine Teintures et apprêts de Colmar a été démolie en 2005), la production de l’unité de Logelbach, 3,15 millions de mètres de velours et 2,2 millions de mètres de sportswear l’an dernier, étaient essentiellement destinée à l’usine SAIC de Saint-Amarin. Celle-ci est également touchée par les réductions annoncées hier par le groupe DMC.
Source : L'Alsace du mercredi 16 janvier 2008
Une
publication de l'APMC signée Michel Frick (prix : 20 euros)
L’Amicale philatélique et marcophile Colmarienne (APMC) invite à sa dixième exposition-bourse aux timbres et vieux papiers le dimanche 10 février au Foyer Saint-Vincent de Paul. [...]
La Poste à Wintzenheim
L’année dernière, l’exposition se composait notamment d’une importante collection consacrée à l’histoire postale de Wintzenheim, dont le bureau de poste a ouvert ses portes le 1er septembre 1848. Cette collection a servi de base à l’édition par l’amicale d’un livre sur le même sujet. Cet ouvrage d’une centaine de pages, abondamment illustré, vient de paraître et sera en vente en avant-première à l’occasion de cette manifestation. Il sera ensuite disponible au bureau de poste de Wintzenheim et par correspondance.
L’APMC possède par ailleurs l’un des plus importants sites philatéliques francophones (http://www.phila-colmar.org) mis à jour régulièrement qui se compose de 640 articles et 165 brèves concernant l’histoire postale de Colmar, la poste aux armées française et des opérations de maintien de la paix de l’ONU ainsi que les différentes classes de la philatélie.
Source : L'Alsace du jeudi 7 et dimanche 10 février, DNA du samedi 9 février 2008
I. La poste française : 1848 - 1870 (17 pages - 8 sous-parties)
II. La poste allemande : 1870 - 1914 (14 pages - 9 sous-parties)
III. La guerre 1914 - 1918 (4 pages - 2 sous-parties)
IV. La poste française : 1918 - 1940 (15 pages - 6 sous-parties)
V. La poste allemande : 1940 - 1944 (12 pages - 6 sous-parties)
VI. La poste française depuis 1945 (18 pages - 9 sous-parties)
Passionné d'histoire, Guy Frank a ouvert il y a dix ans maintenant son site internet ( www.knarf.info ) qui a déjà reçu 50.000 visites. Il propose actuellement une galerie de portraits de tous les maires qui se sont succédé de 1900 à nos jours. Se voulant neutre durant la campagne, le webmaster a également mis en place un lien vers les sites et/ou blogs des quatre candidats.
Source : DNA du vendredi 15 février 2008
Cette photo de la Société de gymnastique et de musique
Constantia, prise vers 1928-1930, fera l'objet d'un travail d'identification ce
jeudi au Club de l'Amitié. On la trouve aussi sur le site Internet
www.knarf.info (photo de groupe n°
72)
Chaque 3e jeudi du mois, le Club de l'Amitié (3e âge) de Wintzenheim propose une séance de « Plauderstund ewer Wenzena », sorte de table ronde sur le Wintzenheim d'antan.
Animées par Guy Frank, ces séances conviviales constituent un
lieu d'échange de souvenirs sur les anciens commerces, les associations, les
traditions de Wintzenheim. Ces discussions permettent
de faire revenir à la surface et de mettre par écrit une partie de cette mémoire
des anciens qui a tendance à disparaître au fil des années. Ils (et surtout
elles) sont aussi d'un grand secours lorsqu'il s'agit de mettre des noms sur
certaines photos de groupes. C'est ludique, ça fait travailler la mémoire, et
ça permet un travail d'identification sur des documents qui sans cela
perdraient une grande partie de leur intérêt. Un bon nombre de ces recherches
sont ensuite publiées sur le site Internet www.knarf.info consacré pour
l'essentiel à Wintzenheim et à son histoire, ou dans
les annuaires de la Société d'Histoire.
Le club de l'Amitié se réunit chaque jeudi au rez-de-chaussée d'un bâtiment
des anciennes écoles, 31, rue Clemenceau à Wintzenheim.
Habituellement les après-midis commencent vers 14 h par des jeux de société.
Après 16 h, les animatrices servent un goûter, puis une fois par mois, un
groupe de passionné(e)s s'installe autour d'une table pour le fameux
Plauderstund ewer Wenzena qui se termine sur le coup des 18 h.
Contact : Françoise Baumann, présidente, au 03.89.27.14.05.
Source : L'Alsace et les DNA du mercredi 20 février 2008
[...] En 1903, Charles Meyer de Wintzenheim termina la composition d'une pièce de théâtre intitulée « Immaculata », mettant en scène le cadre de Lourdes et l'image du rocher de Massabielle, et qui fut jouée à Wettolsheim six ans plus tard devant Mgr Schoepfer lors de sa visite en 1909. En 1958, à l'occasion du centième anniversaire des apparitions de Lourdes, la pièce de Charles Meyer fut de nouveau jouée à Wettolsheim par les enfants de Marie. [...]
Sources : DNA du lundi 18 et L'Alsace du dimanche 24 février 2008
Les archives et les documents écrits existeront
encore dans 50 ans, ce qui importe, c’est de sauver la mémoire humaine. La
Plauderstund ewer Wenzena y veille (photo Yannick Bohn, L'Alsace)
Un jeudi par mois, le Club de l’amitié de Wintzenheim tient une « Plauderstund » qui remonte joyeusement dans l’histoire de la bourgade. Guy Frank, ex documentaliste de la CCI de Colmar, fait appel aux souvenirs de tous pour éclairer de vieux documents tirés des archives ou sortis des bourses de collectionneurs. Pour les anciens (et surtout les anciennes), c’est un plaisir de faire ainsi travailler leur mémoire et de retrouver des visages et des noms de gens qu’ils ont connus. « Participer à sauver ce patrimoine est une autre manière de rendre service à sa commune », souligne Guy Frank.
Depuis plus de vingt ans, Guy Frank amasse des documents sur l’histoire de sa commune, Wintzenheim. Aujourd’hui, il se fie aux souvenirs des anciens pour faire parler les documents muets.
La salle de l’ancienne école à Wintzenheim est plus bruyante qu’une cour de récréation ce jour-là. Ce ne sont pas des bambins qui s’ébattent, mais une dizaine de vieilles dames qui, installées autour d’une grande table couverte de papiers, discutent, s’esclaffent et s’interpellent. Au centre, comme un chef d’orchestre, Guy Frank anime les débats, faisant passer des documents sous les yeux de ces dames, répondant aux questions, en glissant de nouvelles. Habitant de Wintzenheim, ancien documentaliste de la Chambre de commerce et d’industrie de Colmar, Guy Frank depuis quelques années se rend une fois par mois à l’ancienne école où tous les jeudis le Club de l’amitié organise ses activités. C’est la « Plauderstund ewer Wenzena », discussion libre en dialecte sur le passé de la commune. Les participantes sont ravies de fouiller dans leurs souvenirs et de renseigner celui qui, pour alimenter la chronique locale, fait appel à leurs lumières « Souvent les historiens travaillent sur des archives et des documents, mais ce matériel, on le trouvera encore dans 50 ans. Ce qui disparaît en revanche, c’est la mémoire des anciens, ceux qui ont vu la commune évoluer, des commerces disparaître, leurs voisins se marier », observe Guy Frank. « Le plus urgent à faire est de sauver cette mémoire humaine ». « J’aime travailler avec les anciens », relève l’ancien documentaliste. « Même si je sais que les témoignages peuvent se déformer à 40 ou 50 ans d’écart, c’est le moyen de rassembler beaucoup d’informations. Elles sont fiables à 99 %, au vu des recoupements que je peux faire ensuite dans les archives. J’ai pensé aux maisons de retraite, mais les pensionnaires des maisons de retraite ont quitté leur chez-eux, ils n’ont plus leurs documents à portée de main. Pour les rencontres au club de l’amitié, on me prête des photos que je peux scanner et faire circuler. De cette manière je gagne un temps fou ».
C’était avant 1930
Au départ, ce sont des documents muets, des photos qui ne portent aucun renseignement. Peu à peu, tandis qu’elles passent de main en main, elles se mettent à parler. « Exemple cette photo de groupe qui a été publiée dans les journaux », souligne Guy Frank. « Elle montre 79 personnes d’une société de musique et de gymnastique, d’après le costume. L’original ne porte aucune indication. Seul indice : le lévrier de Wintzenheim. On a pu en déduire qu’il s’agissait de la société Constantia photographiée vers 1930. Eh bien, d’après l’une de mes informatrices, elle date de bien avant 1930 : elle y a reconnu son père et son oncle. Le premier avec une coupe de cheveux qui indique qu’il rentrait de son service militaire. Quant au second, en 1930 il avait quitté Wintzenheim ». « Sur ce document où figurent des jeunes gens, Fernande et Odette m’ont en dix minutes rajouté toutes les années de naissance. Sous une forme ludique, je rassemble de la matière première pour le futur », jubile Guy Frank.
Le Club de l’amitié 3e âge de Wintzenheim se réunit tous les jeudis à l’ancienne école, rue Clemenceau. On démarre à 14 h par des jeux de société. À 16 h, on sert le goûter. Une fois par mois, de 16 h 30 à 18 h, la Plauderstund attire ceux qui aiment se plonger dans le passé. Le prochain aura lieu le 17 avril et mettra en vedette les conscrits. Contact : Françoise Baumann, présidente, Tél. 03.89.27.14.05. Les recherches de Guy Frank portent sur les lavoirs de Wintzenheim, sur une éolienne qui a tourné jadis sur le Rotenberg, sur les kilbes et Bibalatanz de Wintzenheim… Contact : contact knarf.info Le site www.knarf.info qu’alimente Guy, son épouse Micheline et leurs fils Lionel et Yannick a fêté son 10e anniversaire le 15 septembre 2007. Il a enregistré le 8 janvier dernier son 50.000 visiteur. On y trouve la galerie des maires de Wintzenheim depuis 1900, et un lien vers le blog des candidats aux municipales 2008.
« Quand un sujet est bien terminé, je le propose à la Société d’histoire de Wintzenheim », dit Guy Frank. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’articles publiés au fil de onze annuaires. Ces travaux ont débouché sur la réalisation de deux livres, édités chez Jérôme Do. Bentzinger à Colmar : « Les caves à bière » (2003) et « Wintzenheim 1930-1945 » (2004). « Le site internet me permet de partager mon travail », se réjouit Guy Frank. « On me pose des questions et on m’apporte des infos. J’ai en ligne 73 photos de groupe, 40 photos de conscrits, 41 de sœurs et classes de filles ».
Guy Frank a 56 ans. Il se passionne pour le passé de sa commune depuis qu’il en a 40. « D’abord des recherches aux archives et dans les bourses de collectionneurs. J’ai commencé par une carte postale de la fontaine, j’ai grandi sur cette place qui n’était pas encore la place de la République et grimpé sur la fontaine, avant la polio qui m’a frappé à 7 ans ».Embauché à la CCI par Jean Risser après l’IUT Tech de Co, Guy Frank a travaillé avec Gilbert Muller au service du commerce extérieur, avant de prendre en charge CCI-Info. Il a pris sa retraite en 2002.
Source : Pierre Maenner, L'Alsace du mercredi 27 février 2008
Situé sur les hauteurs de Wintzenheim, à l'ouest de Colmar, le château du Hohlandsbourg est un lieu chargé d'histoire qui ne cesse d'attirer les foules.
Lors de fouilles entreprises pour rénover le château dans les années 1970, quelle ne fut pas la surprise des archéologues de découvrir, non seulement des éléments datant du Moyen Age, mais également des vestiges (four à pain, poteries, etc.) attestant de la présence d'un village sur le site même du château de 1300 av.J.-C. jusqu'à 750 av.J.-C. Malheureusement, après cette période, on n'a pas trouvé d'autres traces indiquant l'occupation du site.
La construction au Moyen Age
Il faudra attendre 1279 avec le prévôt de Colmar, Siegfried de Gundolsheim, qui avait bien reconnu les avantages du lieu : sa position à 620 mètres d'altitude avec une vue imprenable sur toute la plaine en faisait une forteresse de haute importance, importance d'autant plus grande que c'est l'empereur Rodolphe de Habsbourg, qui régnait alors sur le Saint-Empire romain germanique qui autorisa sa construction.
Mais deux ans après sa construction, à la suite d'une mésentente entre le prévôt et le bailli de Strasbourg, le château est attaqué et pillé.
Le château est ensuite loué à plusieurs grandes familles alsaciennes, dont les Ribeaupierre ou celle de Lazare de Schwendi qui agrandissent les lieux : on y ajoute notamment une courtine d'une longueur totale de 340 mètres flanquée de 22 archères. Le style architectural s'inspire du modèle philippien : le plan général du château est géométrique, avec des tours aux angles. L'entrée se fait par une grande porte encadrée de deux tours.
Après presque 400 ans de baux successifs, les Français décident de démanteler la forteresse et de brûler les bâtiments afin d'empêcher les Autrichiens de remettre la main sur le château durant la Guerre de Trente ans qui opposait la Maison d'Autriche à la royauté française. L'essentiel des murailles resta cependant sur pied.
Ce n'est qu'en 1985 que les premiers travaux d'envergure sont réalisés pour rendre au Hohlandsbourg toute son authenticité : la courtine a été restaurée et permet aux visiteurs de voir par beau temps jusqu'à la flèche de la cathédrale de Strasbourg. D'autre part, de nombreuses manifestations médiévales organisées au château plongent le visiteur au cœur du Moyen Age.
Source : Grands Reporters, DNA du mardi 4 mars 2008
Le Club de l'Amitié de Wintzenheim s'est réuni dernièrement pour un travail d'identification des personnes figurant sur une photo de la société de gymnastique et de musique Constantia vers 1923-2530.
Le résultat très positif de cette séance de Plauderstund ewer
Wenzena » est en libre consultation sur le site Internet www.knarf.info
(photo de groupe n° 72).
Actuellement, ce site met en ligne près de 150 photos de groupes, de
conscrits, de sœurs et classes de filles, dont l'identification est terminée
ou en cours. On y trouve aussi une galerie de portraits de curés, maires et
conseillers généraux de Wintzenheim de 1900 à nos jours.
Les recherches en cours portent sur les anciens commerces de la rue
Clemenceau et la dernière en date, les médecins de Wintzenheim, prélude à
un travail plus large portant sur le recensement de tous les professionnels de
la santé ayant exercé dans la commune depuis 1900 (médecins, pharmaciens,
sage-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, infirmières etc...). Là aussi, la
liste devrait s'étoffer au fil des mois et se compléter de portraits et de
petites biographies des intéressés.
Soldat sans photo
Un regret de Guy Franck, animateur de ces séances, celui de n'avoir
jamais pu mettre la main sur une photo du dernier des 60 soldats tombés en
1939-1945 et dont la liste figure sur un tableau accroché à la Chapelle des
Bois. Après de longues et minutieuses recherches, 59 photos ont été trouvées,
il n'en manque plus qu'une : celle du n° 60, Pierre Wozniak, né à
Wistka en Pologne le 15.07.1903. Avant la guerre, il était domicilié rue
Neuve à Wintzenheim, mais personne pour l'instant n'a retrouvé son portrait
qui permettrait de compléter cet hommage aux 60 soldats de Wintzenheim, morts
ou disparus pendant la seconde guerre mondiale sous l'uniforme français ou
allemand. Les personnes peuvent envoyer un mail à contact@knarf.info .
La prochaine « Plauderstund ewer Wenzena » aura lieu le
jeudi 17 avril au club de l'amitié de Wintzenheim et sera consacrée aux
photos de conscrits.
Contact : Françoise Baumann, présidente du club de l'Amitié au 03.89.27.14.05.
Source : DNA du jeudi 6 mars 2008
A Colmar, puis à Wintzenheim, la Société Alsacienne de Précision (SAP) fabrique dès 1951 les célèbres réveils Jaz. Dans les années 1970, 850 personnes s'affairent dans l'usine, qui produit deux millions de réveils par an.
La marque Jaz voit officiellement le jour en 1921, dans la banlieue parisienne. Il pourrait relever d'une hérésie de la faire figurer dans ce dossier consacré aux marques alsaciennes. Mais ce serait oublier qu'en 1951, elle prend le contrôle de la Société Alsacienne de Précision (SAP), sise à Colmar, qui depuis 1948 fabrique les réveils de la marque Carat. Elle pérennise alors le seul site alsacien produisant de l'horlogerie, un secteur d'activité historiquement cantonné en Franche-Comté voisine. Par ailleurs, en délocalisant les activités de la SAP de Colmar à Wintzenheim en 1954, Jaz se dote d'un site industriel qui, au fil des années, va concentrer l'ensemble de sa production.
Alsic et Colmic
Impossible de ne pas se souvenir d'un réveil ou d'une horloge Jaz, caractérisés par le jaseur stylisé - un oiseau à la tête surmontée d'une courte crête de plumes - qui identifie les fabrications depuis 1941. La marque s'est fait une spécialité de la fabrication du réveil élégant et de qualité, dont les variantes prennent place dans chaque pièce de la maison. Après la Seconde Guerre mondiale, rapidement, les Français n'achètent plus un réveil mais "un Jaz", la marque ayant pour ambition de s'imposer comme antonomase. Chaque référence a une terminaison en "ic" : le Jazic, l'Orphic, le Cuiric, mais aussi le Sapic, le Colmic et l'Alsic, produits en 1951 par sa nouvelle filiale SAP, à Colmar, en Alsace. Ces Jaz de luxe inaugurent la nouvelle usine haut-rhinoise, qui vient épauler le site de Puteaux, voué à terme à la destruction quand se profile le projet du futur quartier de La Défense... En déménageant en 1954 dans les locaux de l'ancien tissage de Wintzenheim, la SAP investit un appareil industriel qui lui permet un essor rapide, pour progressivement devenir l'usine-phare du groupe. Outre la fabrication de réveils, assurée par une main-d'oeuvre composée à 60 % de femmes, le site produit au début des années 1950 des minuteries d'obus de DCA.
Du réveil à l'ordinateur
En 20 ans, Jaz double la surface de ses ateliers alsaciens, où sont assemblés dans 20.000 m2 de bâtiments les réveils électroniques et à quartz, à la mode dans les années 1970. Mais surviennent le premier choc pétrolier et la baisse du dollar. En 1975, alors que Jaz annonce la fusion absorption de sa filiale SAP, des rumeurs de licenciements courent dans les couloirs de l'usine alsacienne, où un réveil est produit toutes les quatre secondes ! Sous les pressions de la concurrence, notamment asiatique, s'ensuivent des années difficiles. En 1979, la société Jaz, septième producteur horloger mondial, est rachetée par Matra. Cette opération n'endigue pas la baisse du nombre de réveils produits à Wintzenheim, ni celle des effectifs qui l'accompagne. L'usine alsacienne est alors en partie reconvertie et y sont assemblés les ordinateurs Tandy et Alcyane, emblématiques d'un provisoire savoir-faire informatique français. A partir de 1983, un terme est progressivement mis à la production de réveils. Puis, à la suite de la revente de la marque à un groupe japonais, le site de Wintzenheim est fermé en 1990, le jaseur offrant un dernier chant d'adieu aux cigognes.
Source : Cyril Lafon, En Alsace n° 48 - Mars-Avril-Mai 2008
Le
stand de la Société d'Histoire de Wintzenheim présentait l'Oeuvre du Prix de
Français en Alsace de Madame Langweil (photo Ludovic Conte, 5 avril 2008)
La Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace organise pour la première fois, cette semaine à Sélestat, un grand rassemblement sur le thème « Richesses du patrimoine rhénan ». 56 sociétés y présenteront leurs activités à travers expositions d'objets et animations.
L'Alsace est connue pour la richesse de ses associations locales qui oeuvrent
pour l'histoire et la préservation du patrimoine : elles sont 114 - totalisant
30 000 membres - rassemblées dans la Fédération des sociétés
d'histoire et d'archéologie d'Alsace. 56 d'entre elles seront présentes ce
week-end aux Tanzmatten à Sélestat pour exposer leur
travail à l'occasion de la manifestation « Richesses du patrimoine rhénan ».
« C'est la première fois que nous organisons quelque chose d'aussi
important », souligne Jean-Pierre Kintz, qui préside la fédération
depuis 2000. Le choix s'est porté sur Sélestat, ville où la fédération
organise habituellement son assemblée générale - qui aura d'ailleurs lieu en
même temps que le salon.
« Chacun présentera ses recherches, en privilégiant l'animation »
Pour la fédération, qui a pour but de soutenir les sociétés locales, il
s'agit de « permettre aux différentes sociétés de montrer qu'elles
participent au travail de redécouverte et de valorisation du patrimoine »,
explique Jean-Pierre Kintz. Et aussi de faire valoir auprès des pourvoyeurs de
subventions que l'argent donné est utilisé à bon escient.
C'est en tout cas un travail d'une grande richesse et d'une grande diversité
que découvrira le visiteur en se promenant à travers les stands. « Chacun
présentera ce vers quoi il dirige ses recherches, en privilégiant l'animation »,
explique Jean-Pierre Kintz.
Une fédération active
La Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie a été
restaurée après la Seconde Guerre mondiale, en 1952, puis profondément
remaniée en 1978 avec l'arrivée d'une nouvelle génération d'amateurs
d'histoire. Elle est alors devenue essentiellement l'expression des sociétés
locales : de 15 en 1952, celles-ci sont passées à 52 en 1980, pour
atteindre 114 aujourd'hui.
Elle s'est aussi fixé pour mission d'encourager la découverte, la préservation
et la connaissance du patrimoine alsacien. La commission « Inventaire
et sauvegarde des petits monuments ruraux » a, par exemple, réalisé
plus de 11.000 dossiers depuis 1979. Parmi les principales publications de
la fédération, on trouve le « Nouveau dictionnaire de biographie
alsacienne ». Celui-ci compte 48 numéros et rassemble 13.000 notices.
Pendant 25 ans, plus de 200 auteurs ont travaillé bénévolement à sa rédaction,
ce qui en fait une édition unique au monde.
La fédération édite également la plus ancienne des revues régionales
françaises, « La Revue d'Alsace », créée en 1834. A
l'occasion de la manifestation des Tanzmatten, la fédération présentera
« Guide de l'histoire locale en Alsace », préparé par Grégory
Ostwald. Ce premier volume de la collection Alsace-Histoire est consacré à
la manière d'écrire l'histoire de sa commune.
Source : Émile Brotel, DNA du mercredi 2 avril 2008
Hélène
Biller (à gauche) en compagnie des aînées de la section gymnastique de l'AGR
de Wintzenheim dans les années 1960/ De gauche à droite : Unternehr Hélène,
Gerber Laurette, Schira Gaby, Kling Hélène, Hurth Christiane, Bobenrieth ?,
Schaffar Christiane, Gerber Andrée. En bas : Baumann Lise, Stritt Marie-France,
Kling ?, Zehler ?, Bombenger ? (collection Hélène Biller, née Unternehr)
Hélène Biller a passé plus de vingt ans à s'occuper de la section gymnastique de l'Avant-Garde du Rhin de Wintzenheim, dans l'immédiat après-guerre. Du haut de ses 82 ans, elle en garde un souvenir ému et regrette la disparition de l'association dans son village.
Le pas alerte, le regard pétillant et la répartie bien sentie. Hélène Biller, à 82 ans, se porte comme un charme. « C'est grâce à la gymnastique que j'ai conservé une certaine souplesse encore aujourd'hui », affirme-t-elle en gravissant les marches raides de son escalier. La Wintzenheimoise sait de quoi elle parle. En 1986, à vingt ans, après avoir obtenu son brevet à Strasbourg, elle a créé la section gymnastique de l'Avant-Garde du Rhin (AGR) dans son village natal. Elle s'en occupera plus de deux décennies durant. En charge des catégories minimes (5-8 ans), cadets (9-13 ans) et aînées (14-20 ans), elle a consacré tout son temps libre à entraîner les jeunes filles en vue des concours départementaux organisés par l'association.
Moniteur de père en fille
« Mon père, bon gymnaste, était déjà moniteur. Quand j'étais petite, je l'accompagnais et ça m'a donné envie d'apprendre aux autres ce que je savais. Je ne me suis mariée qu'à 51 ans. Tout mon temps de célibataire, je l'ai consacré à m'occuper des enfants des autres » s'amuse l'octogénaire. Placés sous le régime du bénévolat, ses cours de gymnastique étaient dispensés après ses heures de travail en tant que comptable à l'usine Jaz. De quoi charger un emploi du temps sur lequel figurait aussi un entraînement de basket-ball afin d'aider les religieuses de l'Institution Saint-Jean de Colmar dans leur enseignement de l'éducation physique. « Je passais plus de temps à l'AGR qu'à la maison. Ma mère râlait parce que je partais sans cesse à l'extérieur », se souvient Hélène Biller. Un dévouement qui n'est pas passé inaperçu. L'AGR lui a décerné les palmes d'honneur de l'association pour son travail en qualité de monitrice et de vice-présidente du secteur de Colmar. En 1962, elle a également été décorée par le sous-préfet de Ribeauvillé de la médaille d'honneur de la jeunesse et des sports.
« Encore aujourd'hui, il y a de la reconnaissance »
Au-delà de ces récompenses, Hélène Biller retient, avant tout, les très bons souvenirs et les liens d'amitié qui se sont tissés durant cette période de sa vie : « Quand je pense à tout le temps que j'ai consacré à l'AGR, je ne le regrette pas. Encore aujourd'hui, il y a de la reconnaissance de la part des anciens élèves. C'est vraiment une satisfaction que d'avoir accompagné plusieurs générations et de lui avoir inculqué des valeurs comme la discipline et le respect. » Les problèmes de matériel et les prises de bec avec les prêtres qui chaperonnaient, dans le temps, l'association, ne l'ont jamais découragé. Grâce à un sens aigu du contact humain, elle est devenue une figure incontournable de l'AGR à Wintzenheim et dans l'arrondissement de Colmar. Son seul regret réside dans le fait que personne n'ai pu la remplacer lorsque son départ sonnait, à 42 ans, en raison d'une polyarthrite. Car elle a « vécu des moments très beaux au sein de l'AGR ».
L'AGR, une institution de 110 ans
Fondé en 1898, l'Avant-Garde du Rhin (AGR) a fait figure d'institution en Alsace durant une grande partie du 20e siècle. Connu dans un premier temps sous l'appellation « Elsaessicher Turnebund » (ETB) puis « cercle catholique », avant de prendre sa dénomination actuelle, l'association était le point de ralliement de toute la jeunesse villageoise. Avec des activités sportives, comme la gymnastique, le basket-ball ou encore l'athlétisme, et culturelles via la musique et le théâtre, chacun y trouvait son compte. Si l'AGR a perdu de sa prégnance du fait de la concurrence des autres associations et des fédérations sportives françaises, elle continue à perdurer à Colmar et dans les environs (Sainte-Croix-en-Plaine, Eguisheim, Logelbach...). En 2007, près de 15.000 membres, allant de 5 à 80 ans, dont 9.200 licenciés sportifs, étaient affiliés. Grâce à un offre diversifiée, l'AGR, qui fête ses 110 années d'existence en 2008, a encore assurément un bel avenir devant elle.
Source : JT.W., DNA du samedi 5 avril 2008
Cette photo des conscrits de la Classe 1908-28 de
Wintzenheim fera l’objet d’un travail d’identification au Plauderstund
ewer Wenzena (collection Guy Frank)
Le club de l’Amitié se penchera jeudi sur l’histoire des conscrits. L’animateur Guy Frank recherche des photos.
Les conscrits sont au programme de la réunion de ce jeudi au club de l’Amitié de Wintzenheim. L’animateur Guy Franck proposera aux intéressés un travail d’identification des conscrits figurant sur un certain nombre de photos de Wintzenheim, et notamment sur la dernière en date, une photo de 1928, signée Alphonse Voegtli, représentant les conscrits de la classe 1908 en costume traditionnel, avec leurs cocardes, leur drapeau, posant autour de leur tambour-major tenant sa canne sculptée et coiffé d’un chapeau orné d’un Strüss majestueux. Actuellement le site Internet de Guy Frank met en ligne une bonne quarantaine de ces photos de conscrits de Wintzenheim, mais il recherche encore des photos des classes 1902, 1903, 1909, 1914, 1917 à 24, 1927, 1928, 1936. Ses recherches portent également sur les documents (billets de tombolas, cachets) concernant les amicales de conscrits et les photos des kilbes de Wintzenheim : orchestres et piste de danse, stands et manèges, Kelwa-Hàmmel, Melissa-Wàja, Bibelatanz, parades de conscrits lors des défilés, etc... Les personnes qui pourraient mettre des documents à disposition sont invitées à rejoindre le Club de l’amitié ce jeudi.
Un Plauderstund mensuel
Le Club de l’amitié de Wintzenheim se réunit chaque jeudi au rez-de-chaussée d’un bâtiment des anciennes écoles, 31, rue Clemenceau à Wintzenheim. Les après-midi récréatifs commencent vers 14 h par des jeux de société. Après 16 h, les animatrices servent un goûter, puis, chaque troisième jeudi du mois, un groupe de passionnés s’installe autour d’une table pour le fameux Plauderstund ewer Wenzena qui se termine sur le coup des 18 heures. Animées par Guy Frank, ces séances conviviales constituent un lieu d’échange de souvenirs sur les anciens commerces, les associations, les traditions de Wintzenheim. Ces discussions permettent de faire revenir à la surface et de mettre par écrit une partie de cette mémoire des anciens qui a tendance à disparaître au fil des années. Ils (et surtout elles) sont aussi d’un grand secours lorsqu’il s’agit de mettre des noms sur certaines photos de groupes. C’est ludique, cela fait travailler la mémoire. Un bon nombre de ces recherches sont ensuite mises en ligne sur le site Internet www.knarf.info consacré pour l’essentiel à Wintzenheim et à son histoire, ou publiées dans les annuaires de la Société d’histoire.
Y participer
Le Club de l’amitié se réunira ce jeudi 17 avril à partir de 14 h, au rez-de-chaussée d’un bâtiment des anciennes écoles, 31, rue Clemenceau à Wintzenheim. Contact Françoise Baumann, présidente, tél. 03.89.27.14.05.
Source : L'Alsace et les DNA du mardi 15 avril 2008
Le
footballeur Paul Hoffmann portait la flamme olympique dans les rues de Wintzenheim le 23 décembre 1967
Deux anciens sportifs émérites, Paul Hoffmann et Claude Fillinger, ont porté la flamme olympique à Colmar et à Wintzenheim, la veille de Noël 1967.
L’année 1968 a vu les jeux olympiques d’hiver se dérouler dans les
Alpes, à Grenoble, du 6 au 18 février. Cette année-là, se souvient un
historien amateur de Wintzenheim, « le skieur de
souche alsacienne Jean-Claude Killy, a remporté les trois titres olympiques,
la descente, le slalom spécial et le slalom géant ».
Le samedi 23 décembre 1967, la flamme olympique venant de Guémar, Ribeauvillé, Bennwihr et Houssen,
fait son entrée à Colmar.
L’historien de Wintzenheim, témoin, se souvient : « Maurice Jacquel, champion de lutte, est le
dernier relayeur jusqu’à la place Rapp. À 12 h 55, la flamme olympique
escortée par des cyclistes et des cavaliers, prend la direction de Wintzenheim.
La flamme doit atteindre le terme de la journée à Gérardmer en passant par
Munster et par le col de la Schlucht.
Le football club de Wintzenheim à l’honneur
Parmi les sportifs de Wintzenheim, quelques
athlètes ont été sélectionnés : un porteur et cinq accompagnateurs.
Venant de Colmar, près de l’usine Jaz, la flamme est remise à M. Simonin,
lequel la transmet à Paul Hoffmann au croisement de la rue Clemenceau et de
l’avenue De Lattre de Tassigny. Paul Hoffmann est accompagné d’autres
sportifs du FCW (Football Club Wintzenheim) :
Michel Frick, Gabriel Spenlehauer, Christian Rateau, Jean-Claude Zind et
Jean-Claude Koch. Ces sportifs prennent le relais jusqu’à l’hôtel Meyer.»
Claude Fillinger a porté la flamme olympique durant un quart d’heure
environ. Il a reçu la flamme au niveau de la place De Lattre de Tassigny, et
a couru le long de l’avenue du général De Gaulle, jusqu’aux portes de Wintzenheim.
Il était entouré par plusieurs coureurs issus, comme lui, du Colmar Athletic
Club (CAC), qui deviendra plus tard le SRAC. Il est à noter qu’aucun
service d’ordre particulier n’était disposé le long du parcours, lequel
était envahi par une foule aussi enthousiaste qu’inoffensive.
Comment avez-vous vécu le moment où vous avez porté la flamme olympique ?
Paul Hoffmann : «C’était une grande fierté, c’est certain, surtout pour moi qui était un sportif émérite. Il s’agissait d’un honneur tout à fait inattendu. Cependant, le fait de porter la flamme n’était sans doute pas aussi extraordinaire que cela peut paraître aujourd’hui. En effet, il faut savoir qu’à l’époque, les Jeux olympiques étaient loin d’être aussi médiatisés que de nos jours. Les gens y prêtaient donc logiquement moins d’attention.»
Comment avez-vous été sélectionné pour porter la flamme ?
P.H. : « Incontestablement, ce sont mes performances sportives qui ont poussé la mairie de Wintzenheim à me retenir pour l’événement. Je ne connais pas précisément les circonstances qui ont mené à me désigner, mais cela paraissait plus ou moins naturel, dans la mesure où j’étais l’un des sportifs les plus en vue de la commune.»
Que représente pour vous le fait d’avoir porté cette flamme ?
P.H. : «C’est un très grand honneur. À l’époque, c’était surtout une question de fierté nationale. La flamme était surtout un symbole mettant en avant les valeurs du sport. Aujourd’hui, je trouve que l’on insiste trop sur les dimensions politiques et financières, ce qui explique que certains aient dernièrement cherché à éteindre cette flamme, pour des raisons ouvertement extra-sportives.»
Source : L'Alsace du mercredi 23 avril 2008
La Société d'Histoire de Wintzenheim établira le bilan de ses activités et exposera les projets pour l'année à venir au cours de son assemblée générale le jeudi 22 mai, à 20 h, dans la salle du conseil, à l'hôtel de ville de Wintzenheim. Outre l'ordre du jour habituel de l'assemblée générale, la réunion sera l'occasion, pour Paul-André Cattin, vice-président, de présenter une communication très intéressante sur Gustave Adolphe Hirn, industriel et physicien français, (Logelbach 1815 - Colmar 1890).
Source : DNA du mercredi 21 mai 2008
Fabrique
d'indiennes de Mrs Haussmann Frères à Logelbach
La fabrique d’indiennes (étoffes imprimées) de Logelbach avait été créée en 1767 par les frères Haussmann. Elle occupait 400 ouvriers deux ans après sa création et 1300 à la veille de la Révolution. Le grand bâtiment de la filature avait été construit en 1824. Il a disparu dans un incendie le 14 février 1961. Depuis cette date, l’établissement se consacrait au tissage. Les tissages Haussmann avaient rejoint la Société alsacienne d’industrie cotonnière en 1930. Axée sur les velours et le sportswear, l’activité s’était, courant des années 1980, concentrée dans le bâtiment ouest où 200 métiers à tisser ont fonctionné jusqu’en 2001. Alors que l’effectif tournait encore autour de 150 salariés, la direction générale du groupe -passé sous la coupe de Dolfus Mieg et Cie- laissait entendre que le site n’était plus compétitif. À l’époque, une centaine de métiers à tisser avaient quitté Logelbach pour le Bangladesh. Depuis la fermeture du site colmarien de la SAIC Velcorex en 1999, la production de l’unité de Logelbach, 3,15 millions de mètres de velours et 2,2 millions de mètres de sportswear l’an dernier, était essentiellement destinée à l’usine SAIC de Saint-Amarin.
Source : L'Alsace du Samedi 28 juin 2008
Simon Fuks avait publié en septembre 2003 chez Jérôme Do
Bentzinger « Un rabbin d’Alsace. Souvenirs de guerre »
Le grand rabbin honoraire du Haut-Rhin Simon Fuks est décédé hier dans sa 98e année. Né le 9 avril 1911 à Dobjyn en Pologne, Simon Fuks a passé son enfance à Genève où ses parents lui ont fait donner une instruction poussée, par différents “Rebbe” privés. À l’âge de 13 ans il entre au Petit séminaire de la rue Vauquelin à Paris, et après son baccalauréat, entame des études rabbiniques à Paris, qu’il termine en 1933. Pendant quelques années, il consacre la plus grande partie des vacances à l’étude du Talmud et des décisionnaires, à la Yechiva de Montreux. Il complète sa formation de l’École rabbinique par une année à l’Université de Genève, où il suit les cours d’anthropologie et d’histoire de la philosophie. Simon Fuks mène encore de brillantes études à l’École des Hautes études de Paris, où il se spécialise en langues orientales : syriaque, assyro-babylonien, et épigraphie sémitique. Pendant deux ans il est chargé de donner des cours aux élèves typographes orientalistes de l’Imprimerie nationale.
Défenseur de l’unité communautaireAu grand dam de ses maîtres de la Sorbonne, il choisit en 1936, au décès de Joseph Zivi, de s’installer à Wintzenheim, préférant cette communauté rurale mais vivante à celle de Lunéville. C’est le début d’un attachement très profond à l’Alsace, qui se concrétise par l’exercice d’un sacerdoce de cinquante ans dans le Haut-Rhin. Dès le début de sa carrière, Simon Fuks s’investit à Colmar, où, en plus du rabbinat de Wintzenheim, il enseigne, que ce soit au sein du Talmud Tora ou dans les lycées et collèges de la ville, sans parler des cours qu’il donne dans différentes localités dépourvues de tout encadrement religieux. Simon Fuks est nommé grand rabbin du Haut-Rhin en octobre 1947. Durant son sacerdoce, la communauté de Colmar a restauré sa synagogue en lui restituant son lustre d’antan, a construit en 1960 le Centre communautaire, a inauguré le premier mikwé (bain rituel) de l’époque moderne, et a développé la vie associative. Parallèlement à ces activités, Simon Fuks s’investi beaucoup dans l’enseignement et réunit de nombreux groupes de jeunes et de moins jeunes, auxquels il fait partager ses connaissances et ses idées. Prêchant l’unité communautaire qu’il maintient contre vents et marées, le grand rabbin Fuks fait preuve durant toute sa carrière, d’un grand courage politique. Simon Fuks a certainement été l’un des premiers rabbins au monde à prôner le dialogue avec l’OLP et Yasser Arafat, en 1979. Il était grand rabbin honoraire depuis son départ à la retraite en 1986. L’inhumation de Simon Fuks aura lieu jeudi 28 août à 14 h au cimetière israélite rue du Ladhof à Colmar. Le Journal présente ses condoléances à ses enfants, Esther, José, Claude et Daniel.
(Biographie écrite par le Grand Rabbin Jacky Dreyfus)
Source : L'Alsace du mercredi 27 août 2008
Wintzenheim telle que je l'ai connue, par le Grand Rabbin Simon Fuks
Doyen des rabbins français, Simon Fuks s'est éteint hier dans sa 98e année. Ancien grand rabbin du Haut-Rhin jusqu'en 1986, l'homme était « d'un très grand courage » et d'une « érudition universelle » selon le grand rabbin Dreyfus.
L'actuel président du consistoire israélite du Haut-Rhin, Me Yvan Geismar,
se souvient de cette émouvante cérémonie de la réinauguration de la
synagogue de Wintzenheim en 2000. Simon Fuks avait
90 ans et il tenait à être présent dans ce lieu historique où il fut
rabbin de 1936 à la veille de la dernière guerre mondiale. « C'était
sa dernière sortie officielle. Il avait béni l'assemblée à la fin de la cérémonie.
Ce fut un moment inoubliable ». De l'homme, né en avril 1911 en
Pologne, il gardera le souvenir de quelqu'un « d'une très grande érudition
qui se passionnait de tout ». « C'est l'homme le plus cultivé que
j'ai rencontré dans ma vie », confirme l'ancien président du
consistoire, Pierre Dreyfus, retraité en Israël.
Simon Fuks a mené de brillantes études rabbiniques à Paris avant de
suivre des cours d'anthropologie et d'histoire de la philosophie à Genève.
Il a enchaîné avec l'école des Hautes-Études de Paris où il s'est spécialisé
dans les langues orientales (syriaque, assyro-babylonien, épigraphie sémitique).
Il décide en 1936 de s'installer à Wintzenheim et
s'investit également à Colmar où il enseigne dans les lycées et collèges.
A Agen de 1941 à 1943
Mobilisé en 1939, il est évacué en Angleterre, à Dunkerque après
la défaite puis retourne en France où il est fait prisonnier en juillet
1940. Captif dans l'est du Reich, il regagne la France en 1941 et démarre une
activité rabbinique à Agen, plutôt dangereuse. Il visite les camps de réfugiés
de Rivesaltes et de Casseneuil, s'investit dans l'aide sous toutes ses formes
aux internés (faux papiers, filière d'émigration clandestine, évasion...)
ce qui lui vaut d'être poursuivi par la milice. Du coup, il se réfugie en
Suisse jusqu'au printemps 1945.
Selon Jacky Dreyfus, actuel Grand rabbin de Colmar, Simon Fuks était un
« homme d'un très grand courage qu'il a démontré à différentes étapes
de sa vie ». Le religieux rappelle ainsi qu'il fut l'un des premiers
rabbins au monde « à prôner le dialogue avec l'OLP et Yasser Arafat en
1979 ; il n'avait pas peur d'être seul ». Profondément humaniste
selon Pierre Dreyfus, il était également signataire de l'appel de Stockholm,
pétition contre l'armement nucléaire datant de 1950.
Reconstruction de la communauté
« Son oeuvre maîtresse fut d'avoir remis sur pied après la guerre les communautés israélites du Haut-Rhin », note Pierre Dreyfus. Assurant l'intérim du grand rabbin Ernest Weill de 1945 à 1947, il a été nommé grand rabbin du Haut-Rhin en octobre 1947. « Durant son sacerdoce, la communauté de Colmar a restauré sa synagogue en lui restituant son lustre d'antan, a construis en 1960 le centre communautaire, a inauguré le premier mikwé (bain rituel) de l'époque moderne et a développé la vie associative », indique Jacky Dreyfus.
Les obsèques jeudi
Père de quatre enfants, Simon Fuks s'est également investi dans l'enseignement et réunissait de nombreux groupes de jeunes auxquels il faisait partager son érudition. Les obsèques de celui qui était chevalier de la Légion d'honneur auront lieu jeudi à 14 h au cimetière israélite de Colmar, rue du Ladhof.
A lire une série d'articles sur la vie du Grand Rabbin Fuks : http://judaisme.sdv.fr/histoire/villes/colmar/fuks/index.htm
Source : DNA du mercredi 27 août 2008