Revue de presse réalisée par Guy Frank pour le compte de la Société d'Histoire de Wintzenheim. Ce travail de dépouillement quotidien permet de mesurer la place que nos journaux régionaux accordent à l'histoire et au patrimoine culturel de la commune. Qu'ils en soient ici remerciés. Les articles sont repris, entiers ou sous forme d'extraits, dans l'ordre chronologique de leur parution. Certains sujets reviennent à plusieurs reprises : c'est qu'ils ont fait l'actualité en 2005...
Depuis le Moyen-Âge, le bourg de Wintzenheim abrite une communauté juive.
Au temps de la Révolution, cette communauté est la plus importante du département
nouvellement créé, si bien que l'on fixe le siège du grand rabbinat du
Haut-Rhin à Wintzenheim où il restera pendant plus de 30 ans avant son
transfert à Colmar.
Industrieuse, laborieuse, cette communauté prospère et partage la vie des
habitants de la cité tout en conservant sa spécificité. La synagogue, qui
date de 1752, est le lieu de rassemblement le jour du shabbat, la vie collective
est rythmée par les fêtes juives, la vie familiale est marquée par les rites
ancestraux. Ainsi s'écoule l'existence des juifs de Wintzenheim tout au long du
19e siècle et même au début du 20e.
De ses rangs sont issus quelques-uns des citoyens célèbres de Wintzenheim :
ainsi les frères Auguste et Victor Widal et Florine Langweil.
La Société d'Histoire de Wintzenheim a invité Freddy Raphael, professeur émérite
de l'Université Max-Bloch de Strasbourg, grand spécialiste de l'étude du judaïsme
alsacien, pour une conférence, le mercredi 12 janvier, à 20 h, salle
Laurentia à Wintzenheim.
Lors de cette soirée, le conférencier, comptant lui-même des ancêtres dans
la cité, présentera Daniel Stauben, alias Auguste Widal, écrivain, témoin et
visionnaire de la vie et de la culture des juifs de Wintzenheim. Entrée libre.
Source : L'Alsace du mardi 4 et DNA du 7 janvier 2005
Edmond
Schillinger (photo Guy Frank, 20 novembre 2004)
Enfant de Wintzenheim, commune qu'il n'a jamais quittée, Edmond Schillinger aura la joie de fêter, le mercredi 12 janvier, son 90e anniversaire. Il est né le 12 janvier 1915 au foyer des époux Émile Schillinger et Marie-Thérèse Meyer dont il est le second fils. Son frère aîné, Pierre, né en 1911, est décédé en 1986. Après avoir appris la mécanique automobile et interrompu sa formation durant quatre ans pour remplir ses obligations militaires, dont une partie sur le front, il obtiendra son brevet de maîtrise en 1946. En 1949, il quitte son poste de chef d'atelier au Garage Simca de Colmar pour s'installer à son compte à Wintzenheim où il ouvre une concession Simca qu'il gérera jusqu'à sa retraite à la fin des années 1970. En 1940, il épouse Amélie Muller, native de Wettolsheim et de deux ans sa cadette. Le couple a le bonheur d'être toujours réuni et espère bien fêter, le 24 août prochain, ses noces de fer couronnant 65 années de vie commune. Collectionneur dans l'âme et profondément humaniste, Edmond Schillinger compte parmi les membres fondateurs de la Société d'histoire de Wintzenheim. En 1997, il a pris une part active à la réalisation de l'Alsatique retraçant, par la reproduction commentée de photos et de cartes postales d'époque, l'histoire de Wintzenheim entre 1897 et 1949.
Source : L'Alsace du dimanche 9 et DNA du mardi 11 janvier 2005
Les
décombres après l'incendie qui dévasta les maisons rue de la Victoire,
qui n'était jusque là qu'une impasse. Au bout de la rue, on aperçoit la
maison Pflimlin, rue Clemenceau (photo Roger Hirlemann)
Guy Frank, auteur d'un ouvrage sur Wintzenheim durant la guerre (*), revient en détail sur cette journée du 12 janvier 1945 qui vit la mort de 14 civils. Il a recueilli le témoignage d'une dizaine de personnes dont celui d'Yvonne Beyer.
« Le 12 janvier, après une matinée relativement calme, l'artillerie
s'était manifestée plus bruyamment vers le soir », raconte Guy Frank,
dont l'une des sources est un article des DNA du 13 janvier 1965. « Quelques
temps après la tombée de la nuit, à partir de 18 h 30, plusieurs
obus de gros calibre s'abattirent sur la localité ». « Un massacre
gratuit », selon Marcel Batto, l'un des témoins cités. « Des obus
tirés par les Américains tombaient drus sur le quartier d'habitation riverain
de l'école ».
Un nouveau bombardement toucha l'actuelle rue de la Victoire, qui, à l'époque,
n'était qu'un cul-de-sac avec deux ruelles perpendiculaires au fond, également
en impasse. « Ces obus provoquèrent un incendie qui se propagea avec une
extrême rapidité car le quartier était un seul pâté de maisons très
anciennes où le bois constituait un aliment de choix pour le feu ».
Obus au milieu des secours
Le corps des sapeurs-pompiers combattit l'incendie, aidé par des civils et
des militaires. « Malheureusement, ils ne disposaient que d'une modeste
pompe à main alimentée par la fontaine publique. Les tuyauteries gelèrent très
vite, car neige et froid glacial sévissaient (- 18°). Afin de poursuivre
le combat contre le feu, une chaîne de solidarité humaine se mit en place, qui
se passait les seaux d'eau de main à main ».
A peine un quart d'heure après le début de l'opération, un nouvel obus éclata
au milieu des pompiers, des militaires et des civils. « Ce fut alors un véritable
carnage : cinq pompiers, quatre civils et une dizaine de soldats furent tués
sur le coup, un pompier et deux autres civils devaient succomber à leurs graves
blessures dans les jours qui suivirent. Cinq autres habitants furent grièvement
blessés, dont deux restèrent infirmes ».
Rigole rouge de sang
Le lendemain, alors que l'incendie continuait, d'autres projectiles tombèrent encore dans le même quartier et en divers endroits de la cité. « Rue de la Victoire, la rigole gelée était rouge de sang », se souvient Jean-Paul Dussel. « Les corps des victimes étaient allongés les uns à côté des autres dans la cour du presbytère. Avant leur mise en bière, mon père a bandé avec des "kitterla" (lange pour emmailloter les nourrissons), le tronc tout ouvert de Frédéric Joerg et d'Emile Zehler, le suisse de l'église... »
(*) « Wintzenheim, 1939/45 » aux éditions Jérôme Do Bentzinger.
Source : DNA du mercredi 12 janvier 2005
Yvonne
Beyer (photo Guy Frank, 21 novembre 2002)
Comme tant d'autres, Yvonne n'a pas accepté l'annexion de l'Alsace par les nazis. Avec son mari, elle a fait partie d'un réseau de résistance monté par un instituteur, Auguste Sontag, mort décapité en 1943.
Elle habite rue Auguste-Sontag depuis 1997. Un signe du destin. Le panneau
rappelle que ce résistant fut « un glorieux patriote tombé sous la hache
des nazis ». Yvonne Beyer a bien connu cet instituteur issu d'une famille
« républicaine et antifasciste » comme le rappelle Guy Frank dans
un récent ouvrage sur Wintzenheim durant la dernière guerre. Elle faisait
partie du réseau clandestin monté par Auguste Sontag et dont la mission était
de prêter main forte aux familles de clandestins et de rédiger un journal de
lutte contre le fascisme, "L'humanité d'Alsace-Lorraine".
« Mon rôle était de taper sur une machine à écrire les stencils ronéo
qui devaient servir à l'impression de tracts. Ils étaient ensuite distribués
dans les boîtes aux lettres de sympathisants et dans les entreprises »,
raconte Yvonne, qui fêtera ses 84 ans le 1er février. Cette résistance
intellectuelle était d'autant plus audacieuse que le réseau opérait depuis
une Alsace annexée au Reich. « Un jour, le frère d'Auguste m'a dit qu'on
m'entendait taper jusqu'à la gendarmerie et que je devais fermer la fenêtre !
On n'imprimait pas régulièrement mais on avait tout de même peur »,
confie Yvonne.
Premières arrestations
Une peur légitime puisque le groupe est démantelé en mai 1942 par la
Gestapo. « Après les premières arrestations, mon futur mari, Paul Beyer,
est allé en Allemagne à Waldshut pour prévenir Auguste Sontag du danger qu'il
courrait à revenir en Alsace. Il lui a répondu : "Si je ne rentre
pas, j'avoue ma culpabilité et je mets en danger les camarades du réseau" ».
Le 25 mai, Sontag est arrêté chez lui. Il sera exécuté presque un an plus
tard, décapité à Stuttgart avec trois autres résistants haut-rhinois. Malgré
les séances de torture, le patriote n'a jamais donné le nom d'Yvonne. « J'avais
confiance en lui », dit-elle simplement. « Après son arrestation,
on a stoppé toute activité ».
Radio Londres
Yvonne, comme tant d'autres Alsaciens, a toujours refusé l'occupant nazi.
Son mari, Paul, ne leur a jamais pardonné de lui avoir volé sa jeunesse et
plus encore. Peu de temps après leur mariage célébré le 28 avril 1943, Paul
est incorporé de force dans l'armée allemande. « Il est revenu en
octobre de la même année, avec une jambe en moins. Il l'avait perdue sur le
front russe, près du Dniepr. A 20 ans, on rêve d'autres choses. Il n'a pas eu
une belle vie à cause de ces Allemands ».
Le réseau disparu, la résistance devient passive chez les Beyer. Les parents
d'Yvonne et le reste de la fratrie sont à l'écoute de radio Londres. « On
était tous agglutiné devant un mini poste "Lucien Levy" mais on
mettait le son le plus bas possible ! » Les Beyer suivent ainsi la
progression des Alliés en France, jusqu'en Alsace.
« Il m'a serré la main... »
Alors que l'espoir de voir les premières troupes américaines grandit, les
bombardements s'intensifient sur la Poche de Colmar. « Notre cave n'était
pas profonde. Du coup, on se réfugiait souvent chez les Zibolt, nos voisins »,
raconte Yvonne qui habitait rue de la Victoire. Le 12 janvier 1945, cette
impasse est atteinte de plusieurs obus tirés par les forces alliées. Lorsque le troisième obus s'abat sur la foule, le père d'Yvonne
est atteint de plusieurs éclats au ventre. « J'ai également été touchée
à l'épaule et à la cuisse gauche », indique-t-elle. Une ambulance les
évacue vers Pasteur.
« A l'hôpital, mon père m'a serré la main sans rien me dire. Elle
était froide et pourtant, ses mains étaient toujours chaudes ». Il
mourra quelques heures plus tard. Yvonne restera trois mois à Pasteur, dans les
sous-sols remplis de blessés. « Tous avaient des plaies infectées, ça
sentait terriblement mauvais ». Elle ne verra rien de la libération de
Colmar. La bonne nouvelle lui est annoncée par un médecin. « "Tiens
petite souris", m'a-t-il dit en me donnant quelques friandises américaines.
A l'époque, c'est vrai, j'étais toute menue ! »
Source : Nicolas Roquejeoffre, DNA du mercredi 12 janvier 2005
Des acteurs de la Libération livrent anecdotes et témoignages concernant la dernière phase des combats pour la Libération de Wintzenheim.
À part quelques collaborateurs fanatiques, l'ensemble de la population a fait montre d'une fidélité totale à la France. Dès l'arrivée des troupes nazies, de nombreux actes de sabotage ont été constatés : lignes téléphoniques coupées, ovation des prisonniers français traversant Wintzenheim, etc. Après l'enrôlement dans la Wehrmacht, nombreux ont été les Wintzenheimois qui cherchèrent à se cacher. Quand les premiers permissionnaires sont revenus de Russie, le nombre des insoumis, déserteurs et autres a augmenté. Onze jeunes de Wintzenheim ont franchi les Vosges pour rejoindre la France libre en 1941. D'autres, déjà militaires dans l'armée d'armistice, ont décidé de rester en Zone libre ou ont rejoint l'Afrique du Nord. En octobre 1944, quelques insoumis, prisonniers Russes ou anciens déportés, se sont réfugiés dans le Massif du Hohlandsbourg. Dénoncés, ils ont été arrêtés mais ont pu en fin de compte se libérer et venir se mettre à l'abri à Zimmerbach. Contrairement au plan prévu, les alliés ne sont pas venus de l'Ouest en passant par les Vosges : la défense allemande a été très efficace et même les troupes marocaines furent souvent malmenées et stoppées. Wintzenheim sera libérée par l'Est, et c'est en venant de Colmar que les premiers soldats alliés sont entrés dans la ville le 2 février.
Après le schnaps, l'explosion
Se préparant aux combats, les troupes allemandes avaient rassemblé à Wintzenheim des stocks de munitions, du ravitaillement, des biens volés à Gérardmer, enfin des attelages de chevaux. Les stocks de munitions allemands se trouvaient alignés dans les prés derrière la Chapelle. Des paquets de poudre à obus étaient enterrés dans une bâtisse accolée à la chapelle sous la surveillance d'un homme de la Wehrmacht. Des jeunes du haut du village ont eu l'idée de jouer un bon tour à ce vaillant guerrier. Des petits verres de « schnaps » et encore quelques verres, lui ont soudain donné envie de dormir. Profitant du moment, ils ont mis le feu à un sachet de poudre, mais bientôt tout le stock s'est enflammé. Une détonation énorme a envoyé la baraque en l'air. La Bataille de la Poche de Colmar a duré longtemps alors que l'ennemi a envoyé toujours de nouvelles troupes. Wintzenheim était inclus dans l'opération « Habicht ». Les Nazis se cramponnaient dans la plaine autour de Colmar, les hauteurs de Wintzenheim du côté Nord étaient occupées par la 1ère Armée et le corps d'armée du Général de Montsabert, goumiers et Spahis Tunisiens et Algériens. Vint le 12 janvier 1945, la nuit tragique où la moitié du corps des sapeurs pompiers a été décimé. Beaucoup de civils (18), mais aussi des soldats allemands ont été tués en essayant d'éteindre un incendie gigantesque. Refluant vers la vallée, les Allemands se sont accrochés encore du côté de Saint-Gilles et sur le chemin du Panorama, en y installant des mitrailleuses et quelques pièces de DCA. Ils ont encore fait de nombreuses victimes. Deux enfants ont été tués le 2 février 1945, alors qu'ils étaient montés sur un Halftrack, rue de Turckheim ; M. Hassler a été grièvement blessé.
Histoires de patriotisme
Voici le récit de Robert Andlauer, tapissier décorateur à Wintzenheim, qui s'est retrouvé sans travail en 1941, obligé de se présenter à l'Arbeitsamt. Il entre dans un grand bureau avec le Führer au mur. Après des questions sur sa profession, Robert Andlauer a refusé de quitter son pays comme un officier allemand lui demandait. Incorporé de force, Robert Andlauer a déserté chez les Russes, rapatriés avec les 1.500 Français par Téhéran. Il est revenu avec la 1ère Armée et a été un des libérateurs de Wintzenheim. René Muller, maître fusilier marin à bord du « Surcouf » se trouvait à Toulon quand une commission allemande vint à bord pour vérifier si tous les Alsaciens avaient été libérés, conformément à la convention signée par Pétain. La commission inspecte l'équipage en compagnie du commandant du vaisseau. « Muller, c'est un Alsacien ? — Oui », répond l'officier. Vous voulez revenir en Alsace n'est-ce pas ? » Réponse de René : « Messieurs, je n'ai qu'un uniforme, c'est celui que je porte aujourd'hui ». Les larmes aux yeux, le commandant de dire : « Muller, je connaissais votre réponse ». Après la libération, un comité d'épuration a été mis en place, composé de F.F.I. et de quelques notables. Un conseil municipal provisoire a été instauré. Le maire de 1940, M. Tannacher, a repris ses fonctions en attendant des élections légales. Les collaborateurs ont été internés. Une femme a été promenée dans le village avec une cloche et une pancarte. Quelques vaillants libérateurs ont trouvé épouses parmi les jeunes filles et se sont fixés dans la commune.
Source : Sven Bachert, L'Alsace du samedi 15 janvier 2005
Louis
Sutter en 1944, photo d'identité figurant dans son Wehrpass
Louis Sutter a refusé de répondre à la convocation des autorités allemandes le jour de ses 16 ans. Son père l'a caché jusqu'au jour où deux soldats SS sont venus le récupérer.
De cette période de l'occupation allemande, Louis, rebaptisé Ludwig en
1940, ne garde qu'un sentiment de profonde tristesse. Il n'a jamais oublié les
privations, le totalitarisme qui régnait dans une Alsace annexée et les peurs
quotidiennes.
Né en novembre 1928 à Wintzenheim, Louis Sutter a vu partir ses deux grands frères,
enrôlés de force dans l'armée allemande. Son ordre d'appel le convoquant au
Reichsarbeitsdienst est arrivé le jour de ses 16 ans, le 23 novembre 1944.
« En lisant la lettre, mon père m'a dit : "Si toi tu pars, qui
va rester ?" A cette époque, on n'avait pas de nouvelles de mes frères ».
Menaces
Son père, un ancien combattant de la Grande Guerre, qui appartenait à l'armée
du Kaiser, décide alors de cacher son fils. « Je me suis réfugié dans
la cave puis chez le voisin », raconte Louis. Auparavant, pour brouiller
les pistes, il s'était rendu à la mairie afin d'annoncer son départ pour
l'Allemagne.
Mais le subterfuge ne dure qu'un temps. Moins de deux semaines après sa
convocation, deux soldats SS se rendent chez les Sutter, au 6, rue de la
Porte-Haute à Wintzenheim. « Ils ont menacé mon père de l'embarquer si
je ne réapparaissais pas. J'ai convaincu mon père de me laisser me dénoncer ».
Tribunal militaire
Arrêté, Louis passe devant un tribunal militaire présidé par un vieil
officier allemand. Il doit plaider sa cause et avance des arguments (deux frères
au front, parents âgés) que ne retient pas le tribunal. « J'ai été
condamné à aller creuser des tranchées à Sigolsheim et Bennwihr. On
travaillait la nuit, on s'attaquait à une terre complètement gelée ! Il
fallait en plus éviter les tirs d'artillerie des Alliés. On n'avait pas besoin
d'aller en Russie pour crever. On pouvait mourir à Colmar ! »
Une angine le sauve de ces corvées et même de la fin de la guerre en Alsace.
« Le 2 février, alors que j'étais toujours alité, quelqu'un est venu
frapper à la porte de l'infirmerie pour nous annoncer la bonne nouvelle :
"Sortez, les Français sont à Colmar !" Alors, j'ai essayé de
rejoindre Wintzenheim ».
« Une bonne soupe »
Après deux heures de marche, Louis retrouve ses parents. « Ma mère
avait préparé une bonne soupe qu'on a mangée à la cave. Mais on se faisait
du mauvais sang pour les deux frères ». De la libération de Wintzenheim,
il garde l'image de cette rencontre avec un soldat américain qui lui a donné
trois cigarettes, des chewing-gums et du pain blanc.
Comme par miracle, les deux autres frères, Léon et Robert, reviendront vivants
de leur incorporation de force. Seul Robert gardera des séquelles d'une
blessure durant la campagne d'Italie.
Source : N.R., DNA du mardi 18 janvier 2005
Freddy
Raphael, professeur émérite de l'Université Max-Bloch de Strasbourg (photo
Guy Frank, 12 janvier 2005)
Qui était Daniel Stauben ? La question a trouvé réponse lors de la conférence organisée par la Société d'Histoire de Wintzenheim, le 12 janvier 2005.
Une assistance nombreuse s'était déplacée : membres et amis de la
Société d'Histoire de Wintzenheim, membres de la communauté israélite de
Colmar et environs et même de bien plus loin.
Freddy Raphael, sociologue, professeur de l'université Marc-Bloch de Strasbourg,
grand spécialiste du judaïsme alsacien, mais aussi enfant de Turckheim et
descendant de la communauté de Wintzenheim, a su captiver son auditoire et l'éclairer
sur Daniel Stauben.
Qui est Daniel Stauben ? Ce n'est pas un inconnu, c'est tout simplement
Auguste Widal, l'aîné des deux frères. Il est né à Wintzenheim le 3 janvier
1822, dans une famille juive de condition modeste. Il fréquenta l'école juive
du village, puis, montrant de grandes capacités, il entra au collège de Colmar
et plus tard au lycée Charlemagne à Paris. En 1847, à l'âge de 25 ans, il
est nommé professeur de rhétorique (c'est-à-dire professeur de lettres) dans
la classe qui préparait les élèves au baccalauréat. Parcours exceptionnel
pour un jeune villageois !
Parallèlement à sa charge d'enseignant, il trouva le temps et l'énergie de
mener des recherches littéraires et de présenter une thèse pour être reçu
docteur ès lettres. Cela le mena à enseigner les lettres classiques dans les
universités d'Aix-en-Provence, Poitiers, Douai et Besançon. Il termina sa
carrière comme inspecteur général des langues vivantes. En 1871, il opta pour
la France, mais l'annexion de l'Alsace à l'empire allemand fut pour lui une
profonde déchirure. Il décéda à Paris le 6 mai 1875. Il était chevalier de
la Légion d'honneur.
Scènes de la vie juive en Alsace (collection Guy Frank)
Témoin et visionnaire
Après cet exposé biographique, Freddy Raphael évoqua l'œuvre littéraire
de Daniel Stauben. Il cita ses ouvrages traitant d'auteurs classiques et
modernes et montra combien étaient vastes sa culture, sa curiosité et ses intérêts.
Et il en vint ensuite au sujet de la soirée, ses écrits sur la vie juive,
d'abord ses traductions des livres de Léopold Kompert, "Les juifs de la
Bohême", "Scènes du ghetto", "Nouvelles juives",
puis l'œuvre, trame de la soirée, les "Scènes de la vie juive en
Alsace", parue d'abord entre 1851 et 1853 sous forme de lettres dans une
revue parisienne, sous la signature... d'Auguste Widal. Entre 1857 et 1859, il les reprit et les publia dans
la "Revue des Deux-Mondes", sous la signature de Daniel Stauben.
Enfin, il les rassembla en un volume auquel il donna le titre définitif, publié
en 1860, à Paris, chez l’éditeur Michel Lévy Frères.
Dans cet ouvrage, Daniel Stauben se veut témoin et visionnaire de la vie juive.
Il s'affirme aussi artiste écrivain, contribuant à l'élévation morale du
lecteur. Il peint des paysages et des scènes intérieures où il révèle des
situations et crée des personnages qui conduisent le lecteur vers une certaine
sagesse. En bon conteur, disposant d'une grande capacité d'observation et
aimant s'attacher au détail des mots et des gestes, il s'intéresse au
pittoresque des scènes vécues, aux mœurs, habitudes, superstitions de ses
personnages qu'il décrit avec acuité dans un style comparable à celui d'un
Flaubert.
C’est avec beaucoup d’humour que le conférencier plongea dans l’analyse de
l’ouvrage. Pour montrer à quel point le texte peut susciter les images, il
fit le parallèle entre le tableau d’Alphonse Lévy *, à propos d’une demande
en mariage, intitulé « Sie well na net » (Elle ne le veut pas),
qu’il décrivit avec force mimes et gestes, et le texte extrait de l’œuvre
de Daniel Stauben.
Bien que réclamant dans son oeuvre fraîcheur, simplicité, évocation de la
vie rustique et poésie champêtre, comme dans les romans de George Sand, il ne
veut point être un écrivain engagé ou révolutionnaire. Chez lui, les
disparités sociales sont ramenées à de faibles écarts, à des personnages
pittoresques à travers lesquels il montre les liens de solidarité qui ont
cours dans la communauté. Il dépeint des notables bien ronds, pleins de
bonhomie, des femmes essentiellement gardiennes des traditions, des jeunes
filles gentilles, mais peu cultivées, n'aimant pas tenir conversation en français,
préférant deviser en « yedisch dutsch ». De la même façon, il
fait vivre d'autres personnages de cette communauté : le hazan ou chantre,
l'instituteur pédant, le « schlemil », le colporteur, le « schames »...
Il fait la narration d'une vie de cette communauté calme et paisible,
relativement tempérée.
Le progrès en marche
Mais cela ne l'empêche pas d'être conscient de la mutation qui se fait jour
dans ce monde. Il est convaincu que le progrès, dont l'image est le chemin de
fer, est en route, qu'on ne l'arrêtera pas et qu'il n'est pas forcément
porteur de tous les maux. Il n'y est pas hostile mais prévoit d'importants
changements. Les juifs vont quitter la campagne pour la ville et y perdre un peu
de leur identité, mais en contrepartie c'est une chance de promotion sociale.
Le Juif peut devenir travailleur manuel, artisan, il peut entrer dans la
fonction publique, s’engager dans une carrière militaire.
L'orateur parla aussi de la religiosité des juifs. Il distingua deux facettes :
la religion du jour, une religion de la fête, des rencontres, avec ses côtés
festifs et culinaires, religion de la culture judaïque et religion d'un judaïsme
aspirant toujours à la Terre Sainte, face à une religiosité de la nuit, une
religiosité des superstitions et des événements surnaturels, illustrée par
le récit de Salomon qui raconte un déplacement, une nuit après shabbat, à
travers la campagne hivernale et la rencontre avec un groupe de sorcières...
Freddy Raphael s'attacha aussi à préciser l'impact de la langue, le « yedish
dutsch ». Bien entendu, ce dialecte fondait la spécificité de la
communauté, mais les non juifs, ceux qui entretenaient des relations régulières
avec ses membres, le comprenaient tout aussi bien.
Voilà un beau travail d'analyse et une très intéressante page d'histoire
locale, dans un exposé émaillé de nombreuses notes humoristiques, avec un
conférencier qui sait quand il le faut joindre le geste à la parole. La soirée
s'est terminée dans la bonne humeur, sur un échange entre Freddy Raphael et les
auditeurs.
Source : DNA du vendredi 21 janvier 2005
* Alphonse Levy dit Saïd, peintre de genre, graveur,
illustrateur, est né le 8 janvier 1843 à Marmoutier (Bas-Rhin) et mort le 2
février 1918 à Alger. Dans son oeuvre, on peut distinguer trois périodes :
- de 1865 à 1880, in devint un dessinateur humoristique et
satirique, dont les dessins brocardant les mœurs et la politique parurent dans
les nombreux journaux satiriques de l'époque comme le Monde comique, le Journal
amusant, l'Éclipse sous le pseudonyme de Saïd.
- de 1880 à 1904, il fit un retour à ses sources juives et
devint le dessinateur des juifs ruraux d'Alsace ; il illustra des ouvrages comme
La vie juive de Léon Cahun et les Contes juifs de Sacher Masoch.
Mais surtout, il publia en 1903 un recueil de ses principales lithographies sous
le titre de Scènes familiales juives.
- à partir de 1904, Alphonse Levy se rendit souvent en Algérie
auprès de membres de sa famille qui s'y étaient installés. Il y découvrit la
communauté juive nord-africaine qu'il adopta comme nouveau thème de ses
dessins.
Sources :
- Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, n° 24-1995
- Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, E. Bénézit, Gründ 1999
Le
logo de l'horlogerie Jaz s'inspire des oiseaux jaseurs
L'arrivée massive de jaseurs boréaux en Alsace, dont il a pu lui-même observer dimanche dernier une quarantaine d'individus faisant halte dans un arbre de la rue des Frères Lumière (ZI Nord de Colmar), a rappelé à Guy Frank, de Wintzenheim, l'importance particulière que ce volatile a eu dans le passé pour l'activité économique de la région. Guy Frank, qui reste un documentaliste dans l'âme, donne toutes les informations nécessaires sur son site net. Pour résumer : le jaseur boréal, ou jaseur de Bohême, est l'oiseau qui a prêté son image à la société horlogère Jaz, qui a longtemps fabriqué des réveils à Colmar, puis Wintzenheim. La référence à l'oiseau a été particulièrement mise en avant durant la dernière guerre, pour éviter les ennuis qu'aurait pu valoir le rapprochement avec le jazz américain. Pour tout savoir sur la question : http://www.knarf.info
Source : L'Alsace du samedi 29 janvier 2005
Petites histoires de la grande Histoire, et quatrième volet de la série que nous consacrons depuis jeudi aux faits annexes de la Libération.
La Libération, les mois qui l'ont précédée et les semaines qui ont suivi, la Colmarienne Suzanne Rapp ne les oublie pas dans le livre de souvenirs où elle relate sa vie (*). Brièvement, elle évoque par exemple cet épisode qui l'a vue rapporter secrètement de Mulhouse l'uniforme français de son mari, René. Suzanne Rapp était institutrice à Mulhouse et René, enseignant lui aussi, avait été envoyé travailler de l'autre côté du Rhin, à Oberkirch près de Kehl. « Le soir, Saint-Dié incendié, le ciel rougeoyait au-dessus des Vosges, mais la victoire se rapprochait », se souvient Suzanne Rapp. « C'est alors que je me suis dit qu'il était temps d'aller récupérer dans notre appartement de Mulhouse l'uniforme d'officier de réserve de mon mari, pour être prêt le jour venu ».
Le poids d'une valise
Une telle entreprise n'était pas sans risques. « Je me vois sur le quai de la gare de Mulhouse, avec ma valise pleine de ces effets, attendant mon train. Sur les quais bondés, gendarmes et SS s'adressaient à tous les voyageurs. Il fallait garder son sang froid. J'ai pu me faufiler, sans ostentation, plutôt l'air béat, au travers de la foule jusqu'à mon train. À Colmar, pas de SS, pas de gendarmes sur le quai, je suis rentrée tranquillement chez mes parents avec ma valise ». Pour cacher l'uniforme français, il fallait un endroit à l'abri des perquisitions. « Ma mère a eu l'idée de le ranger dans le landau de notre fils, un landau à double fond acheté au marché noir. En cas d'alerte, on couchait Michel dans le landau. Avec le repli, les SS se montraient nerveux, même à Colmar, les perquisitions avaient lieu d'une maison à l'autre. Ma mère restait calme, elle était sûre de sa cachette ».
Le rêve réalisé
Suzanne Rapp poursuit son récit : « Par téléphone, nous avions essayé de prévenir René de la situation, à Oberkirch une postière lui a dit qu'on cherchait à le joindre. Il a deviné ce qui se passait, il n'avait emporté que sa serviette là-bas, il a pris sa serviette et comme s'il partait se promener, il est revenu par le pont de Kehl. Il a été hébergé chez un cousin entrepreneur en charbon. Il était aux premières loges lors de la contre-offensive des Allemands sur Strasbourg. Nous savions qu'il était à Strasbourg mais nous n'avions aucune nouvelle ». Colmar libéré le 2 février, Suzanne Rapp accompagnait sa belle-sœur qui rentrait chez elle à Wintzenheim, le 6, à pied avec une marikgutsch. « Je lui avais raconté un rêve : mon mari avait été nommé capitaine dans Strasbourg libéré. On allait retourner à Colmar, chez mes parents, on sort sur le pas de la porte et ma belle-sœur me dit : "tu parles de ton mari, mais il est là !". René était devant nous, il avait pris une jeep depuis Strasbourg avec son ordonnance et un vélo à Colmar pour arriver jusqu'à Wintzenheim ». En 1945, René Rapp a troqué son uniforme de lieutenant de 1939-40 pour une tenue de capitaine.
* "Une mémoire à vif", chez Jérôme Do Bentzinger
Source : Pierre Maenner, L'Alsace du dimanche 30 janvier 2005
Durant la seconde guerre mondiale, les collections et les oeuvres d'art les plus précieuses du musée d'Unterlinden de Colmar ont été entreposées en sécurité dans les caves du château du Haut-Koenigsbourg. Si elles n'ont subi aucun dommage, elles ont frôlé le désastre...
[...] Dès la mi-octobre 1940, la municipalité allemande de Colmar dépose, à plusieurs reprises, des objets du musée dans les caves du château du Haut-Koenigsbourg. Les neuf caisses contenant le retable d'Issenheim et les collections Schongauer, Isenmann et autres y sont entreposées le 16 octobre 1940 et le 7 octobre 1941. Les collections de tableaux et de figures en bois sont transférées le 24 juin 1942, les collections Langweil et Fleischhauer ainsi que des tableaux chinois le 25 mai et le 17 août 1944.
Plus de 110 caisses sont ainsi stockées dans les caves taillées dans la roche sous le château, à l'abri de l'humidité. "L'occupant avait bien l'intention de les conduire plus tard en Allemagne, mais l'essence devenait rare", écrit le conservateur Jean-Jacques Waltz en 1947.
Durant les premiers mois suivant la déclaration de guerre, Léon Stein, Frédéric Walter et quelques âmes dévouées emballent et mettent à l'abri dans les caves du musée la quasi totalité des objets exposés dans les vitrines, les collections d'archéologie, les objets de la salle Langweil, les faïences, les vitraux, les tableaux modernes et tout ce que contenaient les salles et les chambres du premier étage...
Source : Franck Buchy, DNA "Suppllément spécial Libération" du mardi 1er février 2005
Demande
de passage d'un prisonnier français qui cherche à s'évader de son camp pour
rejoindre la France non occupée. Les lettres des prisonniers français étaient
adressées à Madame Voegtli, qui partageait pleinement le patriotisme de son
mari, le boulanger Louis Voegtli, maire de Wintzenheim (collection Micheline
Revaud, fille de Louis Voegtli)
Lorsque Jeanne et Lucienne Wuest (épouse Wagner) sont arrêtées par la Gestapo en septembre 1942, le réseau colmarien est déjà amputé de plusieurs de ses membres à la suite d'une première raffle en avril.
C'est l'introduction d'un faux prisonnier et "la faiblesse" de l'un des patriotes, arrêté et torturé, qui est à l'origine du démantèlement du réseau. Le 15 décembre 1942, à la suite d'une dénonciation venue cette fois de Lyon, 21 membres du groupe formant les antennes du réseau Kléber-Alsace à Colmar, Mulhouse et Strasbourg tombent entre les griffes de la Gestapo.
Le réseau colmarien avait pour mission l'hébergement, le ravitaillement, l'habillement puis l'acheminement des prisonniers auprès des passeurs de la vallée de Kaysersberg, de la vallée de Munster et de la frontière suisse. Il était "en liaison étroite avec les organisations similaires, dirigées à Mulhouse par Me Braun, Achille Bey, Auguste Riegel et celle de Louis Bellini à Bollwiller", rappelle Guy Frank dans son récent ouvrage *.
Eugène Hussmann,, le docteur Ernest Breckmann...
L'auteur énumère les principaux passeurs et membres du réseau que dirigeaient Edmond Borocco et Joseph Rey. Il cite notamment l'industriel Eugène Hussmann, le docteur Ernest Breckmann, le tailleur Henri Breugad, l'épicier Guy Engelberger, le boucher Sélig et son employé Alfred Vonderscher, le restaurateur Henri Kolb, le boulanger Louis Voegtli, Léon Schaedélé, Mme Preiss de l'hôtel du Parc, Oscar Fega, Pierre Fischer, Charles Lamouche ou encore Charles Ingold.
* "Wintzenheim 1939-1945, la guerre, la résistance, la libération", Guy Frank, Jérôme Do Bentzinger, 294 pages.
Source : Nicolas Roquejeoffre, DNA "Suppllément spécial Libération" du mardi 1er février 2005
Des jaseurs boréaux ont été observés dans la région dernièrement.
Pendant la seconde guerre mondiale, pour éviter tout ennui, on disait aux
Allemands que la marque Jaz n'avait aucun lien avec la musique américaine, mais
que la sonnerie des réveils rappelait le chant cristallin des oiseaux
jaseurs...
Cet oiseau figure dans le logo de la marque de réveils Jaz. Pour les réveils
de la CIMH (Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère) ayant son siège à
Paris, il fallait quelque chose qui évoque un bruit joyeux... le mot Jaz,
inspiré du jazzband, avait toutes les qualités requises, et il fut adopté en
1919. A l'origine, il n'était accompagné d'aucun visuel...
C'est en 1941, qu'apparut le jaseur, l'oiseau dont la représentation
symbolique sous forme de dessin allait faire corps avec le nom de la marque
durant des décennies. Sans doute fallait-il éviter d'attirer l'attention de
l'occupant, avec un nom évoquant une référence américaine : le maréchal
Pétain lui-même parlait de « musique de sauvages » en évoquant le
ragtime !
Changer de marque supposait trop de modifications. Le 19 mai 1941, le logo
fut publié dans le bulletin officiel de la propriété industrielle. Le dessin
n'avait qu'une vague ressemblance avec l'original vivant, mais qu'importe. Qui
irait chercher la petite bête en ces temps si agités ?
A l'époque, la CIMH n'était pas encore présente en Alsace. Elle n'a créé
sa filiale (SAP Société Alsacienne de Précision) qu'en décembre 1948, à
Colmar d'abord, puis transférée à Wintzenheim à partir de 1954. Le logo fut
modernisé en 1967.
Source : DNA du jeudi 3 février 2005
Delahaye.
Mise en service en 1927. Ancien véhicule de premier secours à Colmar de 1927
à 1970. Racheté par l'amicale des sapeurs-pompiers de Wintzenheim en 1970 et
utilisé jusqu'en 1973. Actuellement véhicule de collection, sort lors de
défilés et fêtes des SPV de Wintzenheim (photo Guy Frank, 3 septembre 2005)
Duke Ellington ou Glenn Miller dans les haut-parleurs, une très belle Jeep de 1943 et cette superbe voiture de pompiers de 1927, une Delahaye dotée d'une citerne de 300 litres et d'un dévidoir de 80 mètres, autour du car-podium du journal : malgré un temps maussade, il y avait de l'ambiance, hier, sur la place de la Mairie de Colmar, où L'Alsace s'était mobilisée pour apporter sa contribution aux commémorations de la libération de Colmar. Soixante ans jour pour jour après ce 2 Février 1945 qui voyait la ville délivrée du joug nazi, nos lecteurs ont reçu hier en supplément trois unes historiques, celles des 3, 4 et 5 février 1945, alors que L'Alsace était le premier quotidien à paraître dans Colmar libérée. Hier, ce supplément a aussi été diffusé au centre-ville, place de la Mairie — où l'on trouvait aussi notre recueil L'Alsace se libère et son complément colmarien — et dans les rues voisines, grâce à la participation de dix étudiants en Techniques de commercialisation de l'IUT de Colmar qui avaient revêtu pour l'occasion des costumes traditionnels alsaciens. La Jeep, une Willys, avait été prêtée par Éric Libbra, le patron du restaurant Le Koïfhus, un collectionneur qui l'a trouvée en septembre dernier : « Je cherchais depuis longtemps, c'est difficile à trouver. Cette Jeep était auparavant exposée dans un musée à Paris ». Autre pièce de collection, le véhicule de pompiers que nous présentions hier place de la Mairie appartient lui à l'amicale des sapeurs-pompiers de Wintzenheim. Il a traversé la guerre à Colmar, où il a servi en intervention de 1927 à 1961 avant de finir sa carrière à Wintzenheim, en 1973.
Source : L'Alsace du jeudi 3 février 2005
Ce livre comporte une centaine de sujets regroupés en quatre chapitres :
les années sombres de la Seconde Guerre mondiale, l'organisation de la Résistance,
les combats pour la Libération et la joie après la tourmente.
Il constitue un hommage à tous ceux, souvent restés anonymes, qui ont lutté
et donné leur vie pour que notre ville et notre pays retrouvent leur liberté
après quatre ans et demi de souffrances et d'oppression. L'illustration de
couverture est signée Eric Braesch : il s'agit d'une reproduction de
l'aquarelle créée pour l'affiche du 60e anniversaire de la libération de
Wintzenheim.
Une deuxième édition est donc en cours, grâce au COWI, association des commerçants
et artisans de Wintzenheim présidée par Elio Augusto. Le livre sera à nouveau
disponible d'ici le 17 février, au prix inchangé de 37 €. Les personnes
intéressées peuvent réserver leurs exemplaires dès à présent en utilisant
le bon de commande disponible à l'accueil de la mairie de Wintzenheim, ou
imprimable à partir du site Internet www.knarf.info.
Les chèques doivent être libellés au nom du COWI-Wintzenheim.
Source : L'Alsace et les DNA du vendredi 4 février 2005
Pour marquer l'anniversaire de la libération de Turckheim, le 4 février 1945, Henri Eichholzer, qui a repris le salon de coiffure paternel, rend hommage à son père, résistant et passeur du réseau « Kléber Alsace ».
Dans la vitrine de son magasin, Grand-Rue, il a rassemblé des souvenirs personnels de son père Henri Eichholzer, disparu en 1977. Sergent au 235e Régiment d'Infanterie en 1939, il a été fait prisonnier le 18 juin 1940 près d'Orléans lors de la campagne de France. Il est entré dans la résistance dans le réseau de passeurs dont le chef de file était le boulanger Voegtli. Arrêté par la Gestapo avec ses camarades, Henri a été déporté au camp de Schirmeck du 5 janvier au 8 juillet 1942. Incorporé de force le 18 octobre 1944, il s'est évadé... le même jour et a rejoint avec son frère Louis, le groupe FFI de Turckheim du lieutenant Martin Baur. [...]
Source : DNA du vendredi 4 février 2005
Des documents anciens, l'histoire de la Poste, ou encore un diorama seront entre autres présenté à l'exposition proposée à partir de samedi à Wintzenheim.
À l'occasion des festivités du 60e anniversaire de la Libération de Wintzenheim, du samedi 19 au mardi 22 février de 10 h à 18 h, au gymnase scolaire, rue Aloyse Meyer (derrière l'église), une exposition sera visible de 10 h à 18 h, (fermée de 12 h à 14 h lundi et mardi). Cette exposition regroupe notamment un hommage à Louis Voegtli, boulanger, ancien adjoint puis maire de Wintzenheim, condamné à mort pour son patriotisme, et mort en déportation, des planches biographiques préparées par Guy Frank, membre de la Société d'Histoire de Wintzenheim, des oeuvres de Tomi Ungerer prêtées par les Musées de Strasbourg, des aquarelles inédites de l'artiste-peintre Joseph Bauer, représentant des quartiers et des ruelles de Wintzenheim peintes pendant la guerre. Quatre expositions philatéliques seront également visibles sur la Seconde Guerre mondiale, sur l'histoire de la poste de Wintzenheim de 1939-1945, sur les campagnes de Jean De Lattre de Tassigny de 1914 à 1952, sur les 40e et 50e anniversaires de la Libération. L'association Wintzen'Arts présentera les oeuvres de ses membres sur le thème de la guerre et de la liberté, le musée de la Poche de Colmar rendra hommage à l'armée de terre et présentera de nombreux objets et des mannequins vêtus d'uniformes français et américains. Mais l'armée de l'air et la marine ne seront pas absentes de l'exposition... Un diorama, construit par le Club 3M, reconstituera la Libération de Wintzenheim, et les planches originales de la BD inédite de Julien Haeffelé sur le dernier combat du sergent pilote François Dietrich, pourront également être découverts lors de cette exposition, tout comme les objets et photos fournis par la Société d'histoire locale, les sociétés Adeif et UNC, ainsi que des habitants, qui retracent la vie quotidienne et les sacrifices consentis par la population durant ces années de guerre jusqu'à la Libération. À noter que la deuxième édition du livre de Guy Frank Wintzenheim 1939-1945, la Guerre, la Résistance, la Libération, sera également en vente durant les quatre jours d'exposition, tout comme l'affiche numérotée du 60e anniversaire de la Libération de Wintzenheim éditée par la Société d'histoire et qui sera mise en vente le samedi 19 février à partir de 10 h au prix de 10 Euros (tirage limité à 100 exemplaires). A l'occasion des festivités, les commerçants sont invités à décorer leurs vitrines, et les habitants, notamment ceux de la rue Clemenceau, à pavoiser. Par ailleurs, toute personne disposant de photos, documents, affiches, tracts, objets se rapportant à la période 1939-1945 est invitée à les confier à la mairie, Christian Buhler, tél. 03.89.27.94.94. Ces objets seront répertoriés et mis en scène à l'exposition, sous la direction de Christian Burgert, conservateur du musée mémorial de la Poche de Colmar à Turckheim.
Source : L'Alsace du mardi 15 février 2005
Micheline Revaud présente au 60ème
Anniversaire de la Libération de Wintzenheim avec ses deux autres sœur,
Lisette et Marie-Thérère, religieuse (photo Guy Frank, 26 juillet 2004)
Ancien boulanger, Louis Voegtli fut l'un des membres actifs du réseau Kléber-Alsace dans la région colmarienne. La commune de Wintzenheim lui rend hommage samedi, à l'occasion des cérémonies commémoratives du 60e anniversaire de la libération.
« Le monsieur dont je vous parlais dimanche, craignant un départ vers
l'inconnu, est toujours décidé à réaliser son projet. Il ne craint ni la
neige, ni la tempête et vous demande si la chose est faisable. Il vous en
serait infiniment reconnaissant. Veuillez, s'il vous plaît, donner la réponse
au porteur de ce mot. Merci ». Un message parmi des dizaines reçus au
foyer des Voegtli à Wintzenheim. Un message d'un prisonnier français qui
cherchait à s'évader de son camp pour rejoindre la France libre. Micheline
Revaud a précieusement gardé ces documents qui sont autant de souvenirs d'une
période douloureuse pour cette femme aujourd'hui âgée de 79 ans, l'une des
trois filles de Louis Voegtli.
La mairie de Wintzenheim a décidé de rendre hommage ce samedi à cet homme,
boulanger, comme son père, nommé maire par l'occupant allemand et qui
rapidement intégrera le réseau de résistance Alsace-Kléber. Micheline,
Jurassienne d'adoption, attend avec impatience cette journée, « le cœur
palpitant ». « J'aimerais tant qu'il fasse beau ! » C'est
elle qui avait écrit au maire, Guy Daesslé, pour lui demander si la commune
envisageait d'honorer la mémoire de son père à l'occasion du 60e anniversaire
de la libération.
Plaque commémorative
Samedi, une plaque sera apposée sur le mur de l'actuelle boulangerie Epis
d'Or et une douzaine de planches, préparées par l'historien local Guy Frank et
visibles à l'exposition au gymnase scolaire de la Dame Blanche, rappelleront le
parcours de cet homme né en 1896. Un artisan qui n'hésitait pas à travailler
jour et nuit pour fournir du pain en abondance aux prisonniers de guerre français
fatigués et affamés.
Guy Frank évoque longuement dans son récent ouvrage l'engagement d'un Alsacien
qui a plus d'une fois risqué sa vie en utilisant sa voiture pour acheminer dans
les Vosges ces prisonniers évadés des camps. « Sa qualité de maire lui
a permis de délivrer des cartes d'identité à de nombreuses personnes, leur
permettant ainsi de passer la frontière plus facilement », note l'auteur.
Trois arrestations
Micheline se souvient de cette époque. « Mes parents n'ont jamais
accepté l'annexion. Bien sûr, ils ne le manifestaient pas devant nous, ils ne
voulaient pas nous effrayer. Mon père tenait à ce que l'on parle français. Il
aimait beaucoup son Alsace mais une Alsace française ! » Cet amour
de la patrie, Louis Voegtli l'a payé très cher. Il sera arrêté trois fois.
En juillet 1941, emprisonné à Champagnole, il est relâché faute de preuves
trois semaines plus tard. En octobre 1941, il est cette fois emprisonné à
Colmar puis à Strasbourg, Wolfach, et Stuttgart. Là encore, les Allemands le
libèrent après 11 mois de détention.
En décembre 1942, l'ensemble du réseau Kléber tombe. Louis Voegtli est
condamné à mort pour espionnage et appui prêté aux évadés. « Il a bénéficié
d'une commutation de peine en juin 1944 et a été incorporé dans un
Himmelfahrtskommando près de Cologne », indique Guy Frank. « Il
s'agissait d'une équipe d'artificiers chargés de ramasser des engins non
explosés ». Le boulanger de Wintzenheim trouve la mort dans l'explosion
d'une bombe, le 29 juillet 1944, à Widdig, aux environs de Bonn.
Toujours plein d'espoir
Durant sa détention, sa femme et ses trois filles ne cesseront de lui écrire. « Naturellement, notre père nous manquait et notre mère nous consolait. On lui envoyait des dessins et des lettres en allemand. Maman n'écrivait pas l'allemand. Je traduisais tant bien que mal mais je pouvais difficilement exprimer certains sentiments ». En retour, quelques rares lettres officielles arrivaient en Alsace. « Il était toujours rassurant ». D'autres missives, clandestines, écrites sur des morceaux de tissu, parvenaient aussi jusqu'au foyer des Voegtli. Deux mois avant sa mort, Louis Voegtli était encore plein d'espoir et d'amour : « Je serai là l'année prochaine pour te souhaiter la fête des mères ».
Source : Nicolas Roquejeoffre, DNA du jeudi 17 février 2005
Lors
de l'inauguration de l'exposition, le Maire Guy Daesslé a remit la Médaille
d'honneur de la Ville de Wintzenheim à Tomi Ungerer, à la famille Voegtli et à Guy Frank
Voila près d'un an que la ville de Wintzenheim a décidé de donner un éclat particulier à sa libération, le 2 février 1945. Fin des commémorations aujourd'hui.
Une cérémonie simple et émouvante avait été organisée au monument aux morts de Wintzenheim le 2 février dernier au soir afin de rendre hommage aux anciens, mais le rendez-vous était fixé à ce week-end des 19 et 20 février, en différents temps forts. Le comité de pilotage était composé de 26 personnes et animé par l'adjoint au maire Didier Scherrer, la ville de Wintzenheim, et d'une foule de bénévoles passionnés d'histoire. Hier après-midi, d'abord réunis au monument aux morts du quartier de Logelbach, personnalités civiles et militaires, anciens combattants, élus ou représentants des différentes communes, délégués des sociétés patriotiques et habitants, avec à leur tête le premier magistrat et conseiller général Guy Daesslé, se sont recueillis et ont déposé une gerbe au pied du monument.
Hommage à Louis Voegtli
L'assistance s'est ensuite rendue à Wintzenheim, rue Clemenceau, à hauteur de la boulangerie Ratzel pour dévoiler une plaque en l'hommage de Louis Voegtli, l'un des membres actifs du réseau Kléber-Alsace dans la région colmarienne. Avant la guerre, le boulanger Louis Voegtli était adjoint au maire de Wintzenheim, militant autonomiste. Mais dès le début des hostilités, nommé maire par l'occupant, il a pris conscience de son erreur et est devenu rapidement un ardent patriote. Il a travaillé jour et nuit à son fournil, pour fournir en pain les prisonniers français affamés et fatigués. Mais ceci n'était que le début d'un engagement actif au sein du Réseau Kléber-Alsace dirigé à Colmar par Joseph Rey et Robert et Edmond Borocco. Sa qualité de maire à l'époque lui a permis de délivrer des cartes d'identité à de nombreuses personnes, leur permettant ainsi de passer la frontière plus facilement. Ces activités lui valurent trois arrestations : le 14 juillet 1941, puis le 9 octobre 1941, et enfin le 15 décembre 1942 avec la quasi-totalité des agents du Réseau Alsace-Kléber, il a été condamné à mort avec huit autres le 3 novembre 1943 par le Volksgerichtshof et emprisonné à Stuttgart. Transféré à la prison de Rheinbach près de Cologne et incorporé dans un Himmelfahrtskommando, une équipe d'artificiers chargés de ramasser des engins non éclatés, Louis Voegtli a trouvé la mort le 29 juillet 1944 dans l'explosion d'une bombe, à Widdig, aux environs de Bonn. Sa dépouille mortelle a été rendue à sa famille le 12 avril 1951 et inhumée dans la tombe familiale au cimetière de Wintzenheim. Céline Voegtli son épouse, malgré un deuil récent de sa fille Fernande décédée le 14 juin 1940 à 17 ans et demi, a été une collaboratrice fidèle et dévouée, courageuse et méritante. Elle a elle aussi été emprisonnée à Schirmeck d'août à décembre 1943.
Grande exposition
Enfin l'assistance s'est retrouvée au gymnase communal pour l'inauguration officielle de l'exposition commémorative, qui illustre de manière concrète et vivante une page tourmentée de l'histoire de Wintzenheim. A l'occasion de l'inauguration officielle agrémentée notamment de l'interprétation de la Marseillaise par les enfants des écoles, le maire et conseiller général Guy Daesslé a exprimé sa reconnaissance à ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Il honora Guy Frank, qui, entre autre, par la réalisation de son ouvrage « Wintzenheim 1939-1945 » s'est investi à fond pour le succès de ces journées, et Micheline Voegtli fille de Louis Voegtli, et sa famille, en leur remettant la médaille d'honneur de la ville de Wintzenheim. À voir dans cette expo des planches biographiques qui rendent hommage à Louis Voegtli ; Tomi Ungerer qui présente 34 oeuvres originales de ses dessins illustrant son livre « A la guerre comme à la guerre », racontant sa vie à Logelbach à cette époque. Ou encore les aquarelles inédites de l'artiste peintre Joseph Bauer représentant des quartiers et ruelles de Wintzenheim peintes pendant la guerre. L'exposition a été préparée par la société d'histoire de Wintzenheim, les sociétés patriotiques ADEIF et UNC, avec le concours de nombreux habitants ayant apporté objets et photos.
Source : Sven Bachert, L'Alsace du dimanche 20 février 2005
Au n° 12 de la rue Haussmann à Logelbach, une plaque signale le lieu où
vivait Tomi Ungerer (photo Yannick Frank, 19 février 2005)
Quelques instants plus tard l'assistance se retrouva devant le n° 12 de la rue Haussmann, lieu où a vécu l'artiste Tomi Ungerer. C'est malheureusement en son absence pour raisons de santé, qu'une plaque a été dévoilée hier. Né le 28 novembre 1931 à Strasbourg, le décès en 1935 de son père ingénieur et fabriquant d'horloges astronomiques, artiste et historien, a eu pour conséquence que la famille s'est installée à Logelbach. Tomi Ungerer a 8 ans quand la seconde guerre éclate. Du jour au lendemain il doit changer de nom, parler allemand, écrire en gothique, faire un dessin raciste pour son premier devoir nazi. Il devient un caméléon : français sous son toit, allemand à l'école, alsacien avec les copains. A la maison, sa mère l'encourage à dessiner, à écrire. Et surtout elle a conservé les cahiers, les croquis, les devoirs, le journal intime de son fils, les affiches de l'époque. Ce sont ces archives incomparables qui ponctuent et révèlent les souvenirs de guerre de Tomi Ungerer.
Source : L'Alsace du dimanche 20 février 2005
Une plaque a été dévoilée 25 rue Clemenceau, à
hauteur de la boulangerie Ratzel, en l'hommage de Louis Voegtli, en présence de
ses trois filles (photo Yannick Frank, 19 février 2005)
A leur manière, l'ancien membre du réseau Alsace-Kléber, mort en déportation, et l'artiste, adolescent durant la guerre, se sont battus pour la paix. La mairie leur a rendu hommage hier à l'occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la libération de Wintzenheim.
Sur l'un des murs de la boulangerie Épis d'Or, au 25 rue Clemenceau, une
plaque, inaugurée hier par le maire Guy Daesslé rappelle la mort en déportation
d'un précédent propriétaire des lieux, le boulanger Louis Voegtli. Ses trois filles, Micheline, Marie-Thérèse et Lisette
tenaient à être présentes pour cette cérémonie émouvante qui, selon l'une
d'elles, arrive un peu tard. « C'est notre mère qui aurait dû avoir cet honneur ».
Membre du réseau de résistance Alsace-Kléber, Louis Voegtli,
qui fut maire durant l'Occupation, profita de cette situation pour délivrer des
cartes d'identité à de nombreuses personnes, leur permettant de passer la
frontière plus facilement. Surtout, l'élu recueillait réfractaires et
prisonniers français avant de leur faire passer les Vosges. Des activités de résistance
qui lui valurent trois arrestations, puis une condamnation à mort. Intégré
dans un commando chargé de ramasser des engins non explosés, il meurt en
juillet 1944 à la suite d'une explosion.
« J'ai voulu réveiller les consciences »
Micheline avait promis à sa mère, décédée en 1975, qu'elle ferait tout pour commémorer le sacrifice de son père. « Maman était discrète et il fallait vraiment la questionner sur cette période ! J'ai rencontré M. Borocco, ainsi que deux autres personnes du réseau pour en savoir plus sur les activités de papa ». Cette manifestation d'hier n'est que l'aboutissement d'une demande de la famille qui souhaitait qu'un geste soit fait pour ce résistant de Wintzenheim. « J'ai voulu réveiller les consciences », lance Micheline.
« Il devient un caméléon »
Plus tôt dans l'après-midi, Guy Daesslé avait dévoilé une autre plaque
au 12, rue Haussmann à Logelbach, une maison qui a abrité la famille Ungerer
de 1936 à 1953. « Quand la guerre éclate, Tomi a huit ans et du jour au
lendemain, il doit changer de nom, parler allemand, écrire en gothique, faire
un dessin raciste pour son premier devoir nazi », souligne le conseiller général.
« Il obéit, s'adapte et devient un caméléon : Français sous son
toit, Allemand à l'école, Alsacien avec les copains et heureux quoi qu'il
arrive ».
Le maire rappelle que c'est durant la guerre et encouragé par sa mère que
Ungerer a dessiné, croqué, écrit sur cette période douloureuse qui l'a
profondément marqué. « Sa vie se traduit par un grand humanisme, il
s'est battu pour de nombreuses causes humanitaires, pour la paix, la justice, l'écologie »,
ajoute Guy Daesslé. L'artiste, actuellement alité, qui a décliné
l'invitation à assister à ces commémorations, devrait venir au printemps
prochain pour témoigner de son vécu durant l'annexion.
Source : Nicolas Roquejeoffre, DNA du dimanche 20 février 2005
L'exposition au gymnase scolaire de l'école la Dame-Blanche, présente de nombreux documents inédits. Peintures, aquarelles, dessins, photos et objets de l'époque. A découvrir jusqu'à mardi.
L'exposition, inaugurée hier, est le fruit du travail d'un comité de pilotage animé par l'adjoint Scherrer et qui, durant une année, a planché sur le sujet. Mis à l'honneur hier, Louis Voegtli et Tomi Ungerer y tiennent une place particulière. Le premier grâce à douze planches biographiques, préparées par Guy Frank, membre de la société d'Histoire. Quant à l'artiste, originaire de Logelbach, il se dévoile à travers 34 oeuvres originales, prêtées par les musées de Strasbourg. Il s'agit de ses dessins au crayon de papier, encre de Chine et aquarelles, illustrant son livre A la guerre comme à la guerre, où il raconte notamment sa vie à Logelbach pendant l'occupation et jusqu'à la Libération.
Philatélie et diorama
Au fil de l'expo, on trouve également dix aquarelles inédites de l'artiste
peintre Joseph Bauer, représentant des quartiers et des ruelles de Wintzenheim,
peintes pendant la guerre, durant les années 1942 à 1944 et plusieurs
peintures et dessins des membres de l'association Wintzen'Arts sur le thème de
la guerre et de la liberté.
A découvrir également les expositions philatéliques (sur la guerre par Émile
Zippert, sur l'histoire de la poste de Wintzenheim durant la période 1939-1945
par Gilbert Miclo et Michel Frick, sur les campagnes de De Lattre de Tassigny de
1914 à 1952 par Johnny Fellmann et sur les 40e et 50e anniversaires de la Libération
par Rémy Haeffelin), les nombreuses vitrines préparées par le musée de la
Poche de Colmar situé à Turckheim et un grand diorama construit par le Club 3M
reconstituant la Libération de Wintzenheim.
Enfin, la société d'histoire de Wintzenheim, les sociétés patriotiques ADEIF
et UNC et de nombreux habitants ayant apporté objets et photos présentent un
fond d'exposition retraçant la vie de tous les jours et les sacrifices
consentis par la population durant ces années de guerre.
Le tout se veut, comme l'a rappelé le maire, un hommage à ceux qui « ont
partagé cette période de souffrance ». « Ces manifestations
permettent au-delà du souvenir de donner à nos villes et nos villages un temps
de réflexion, d'interrogation et surtout aux plus jeunes de prendre conscience
de ces valeurs qui aujourd'hui ont perdu de leur sens », a ajouté Guy
Daesslé. « Faire vivre la paix, dans une société qui s'ouvre au progrès
et au confort, est une chose difficile ». L'exposition rappelle à quel
point certains ont dû se battre pour la préserver.
Source : DNA du dimanche 20 février 2005
Dans "A la guerre comme à la guerre", Tomi Ungerer revient sur le 2 février 1945, jour de la libération de Wintzenheim. "Le calme régnait comme si une page était tournée. (...) Il y avait dans l'air un je ne sais quoi d'émoustillant. Nous montâmes au grenier, sous un toit qui avait perdu une grande partie de ses écailles. Du côté de la route reliant Colmar à Wintzenheim, des véhicules qui se révélèrent être des chars d'assaut, avançaient. "Ils arrivent !". Avec un enthousiasme qui nous rendait intrépides, nous dévalâmes l'escalier pour courir dans les champs accueillir les vainqueurs".
Plus loin, Ungerer revient sur le comportement de certains libérateurs. "Nous arrivâmes juste à temps pour voir un GI filer avec notre dernier pot de confiture et un sabre datant de la bataille de Reichshoffen, qui allaient rejoindre quelques petits souvenirs empilés dans une Jeep ! Ce n'était rien comparé aux déménagements qu'allaient opérer les forces françaises en Allemagne. Et dire que j'avais été élevé avec les dessins de Hansi où tous les Allemands étaient des pillards"...
Source : DNA du dimanche 20 février 2005
Pour clore l'assemblée générale de la Société Wickram, Florent Edel, archiviste de Turckheim, a présenté un exposé "Sur nos chemins et nos routes". À partir du XVIIIe siècle, les routes ont commencé à voir le jour. A Turckheim, seules deux routes, une vers Wintzenheim l'autre vers Colmar, ont été recensées. Quand, comment, pourquoi et par qui les routes se sont-elles réalisées ? D'après les documents d'archives, Florent Edel a expliqué que les routes fréquentées par les marchands de vins ont dû être restaurées au fil du temps. Les demandeurs devaient effectuer le nivelage devant leurs propriétés, creuser un fossé et planter des arbres. Au XIXe siècle, ère du grand changement, le début de l'ère industrielle vit de grandes quantités de marchandises voyager par le train. Il fallut alors rallier les gares de marchandises aux usines. Quant au classement d'intérêt commun de l'actuelle route de Wettolsheim mal entretenue en 1924, il a soulevé des problèmes épineux entre Turckheim et Wintzenheim...
Source : L'Alsace et les DNA du jeudi 24 février 2005
Le
Hohlandsbourg vu par Gérard Gissinger (photo Guy Frank, 5 mars 2005)
Trois artistes peintres exposent à Wettolsheim. [...] A découvrir aussi le magnifique tableau de Gérard Gissinger de Wintzenheim, qui, après de multiples recherches historiques, a tenté de reproduire à sa manière le château du Hohlandsbourg tel qu'il était à ses origines. Après enquête auprès du Syndicat mixte du Hohlandsbourg qui lui a fourni des plans, et après recherche de vieilles huiles reproduisant ce château à l'origine, il s'est essayé, après étude des relevés topographiques, dans le croquis de l'édifice...
Source : L'Alsace et les DNA du samedi 5 mars 2005
La
chapelle de l'hospice de Wintzenheim vers 1952 (photo Alphonse Voegtli,
collection Gérard Zehler)
Wintzenheim et Logelbach sont riches en églises et en chapelles :
- L’église paroissiale Saint-Laurent (W)
- L’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption (L.)
- L’église Sainte-Odile (W)
- La chapelle Notre-Dame (W)
- La chapelle Herzog (L)
- La chapelle des Bois (W)
- La chapelle de la Maison de Retraite « Les Magnolias » (W)
Sans parler des autres lieux de culte comme la synagogue.
Peu de personnes connaissent la chapelle de la Maison de retraite. Elle existe pourtant et elle vit un œcuménisme tranquille, une bonne entente entre frères protestants et catholiques. Un pasteur célèbre un culte chaque dimanche à 10h15 pour les résidents ; le culte catholique est assuré chaque vendredi à 9h15 ainsi que la prière du chapelet, le mardi à 9h15.
La chapelle de l’hôpital de Wintzenheim
A l'origine, on parlait de l’hôpital de Wintzenheim. En ce qui concerne la chapelle de cet hôpital, un document, une lettre de Mgr Fritzen, évêque de Strasbourg, dit ceci :
Adolph Fritzen, par la grâce de Dieu et la bénédiction
du Saint-Siège, Évêque de Strasbourg, Prélat de la Maison –
Assistant du Trône du Saint-Siège de sa Sainteté le Pape – Docteur en théologie –
Notre estimé en Jésus-Christ, Joseph Sommereisen,
Doyen et Supérieur des Sœurs de Saint-Joseph du Couvent de Saint-Marc de notre
Diocèse, par la grâce du Seigneur ;
En présence des lettres du Saint-Siège,
nous avons été autorisé par la grâce à l’inauguration de la
chapelle des sœurs de Saint-Joseph (Sœur Fabiana, Supérieure) à Wintzenheim,
cise dans cette maison, et ce lieu ne doit être utilisé qu'à la célébration
des offices d'après les règles de l'Église et le droit canonique.
En ce lieu il sera célébré au moins une fois par
semaine une Sainte Messe, en présence de la Sainte Hostie, sise dans le
Tabernacle fixé et fermé par des clés qui seront entreposées dans ce lieu, et en présence d’une lumière qui brillera jour et nuit.
Toutes les cérémonies religieuses doivent respecter les règles précisées.
A notre cher fils Joseph Sommereisen ou à un autre prêtre de notre diocèse désigné par
lui, nous donnons l’autorisation de bénir et d'inaugurer cet oratoire.
Fait à Strasbourg, le 20 Juin 1918, Adolph, évêque de Strasbourg
Dr Joseph Wendling, Secrétaire Général du Diocèse
Consécration de la chapelle de l’hôpital de Wintzenheim
En l’an de grâce du 1er juillet 1918, fête du Sang-Sacré
de notre Seigneur, l’avant-veille de la célébration de la Visitation de la Vierge Marie,
a été consacré l’Oratoire de la Chapelle de l’hôpital cantonal de Wintzenheim, en présence de la Révérende Supérieure Fabiana des Sœurs de Saint-Joseph.
La célébration religieuse a été présidée par le Secrétaire
de l’Évêque ainsi que par la Supérieure Générale des Sœurs de Saint-Joseph du Couvent Saint- Marc, et assistés des témoins soussignés.
Après la cérémonie d'inauguration, Monsieur le Curé Straumann ainsi que l’officiant, Monsieur J.
Gantzer ont célébré la première messe.
Pour attester cet acte religieux, les ecclésiastiques présents
ont contresigné et authentifié l’acte, ainsi que les laïcs présents.
- Joseph Sommereisen, maître de Chapelle et Supérieur Général
- Fritz-Joseph Gantzer, retraité, ancien curé de Kaysersberg
- Alphonse Straumann, curé de Wintzenheim
- Ph. Munsets, curé retraité à Ebersmunster
- René Birgy, maire de Wintzenheim
- Docteur Pflimlin, médecin généraliste à Wintzenheim
- M. Hug, adjoint au maire de Wintzenheim
Source : Gérard Zehler, Bulletin paroissial Contacts, numéro spécial Pâques 2005
(collection
particulière)
Instituteur à Réguisheim, Auguste Sontag de Wintzenheim (à gauche sur la photo) est un des premiers résistants condamnés à mort avec trois autres de ses compagnons (René Birr, Eugène Boeglin et Adolphe Murbach). Accusés de cacher des armes de guerre et de stocker des explosifs, ils furent torturés par la Gestapo dans le "Bunker" du camp de Schirmeck, condamnés à mort par le "Volksgerichtshof" de Strasbourg et décapités à Stuttgart le 1er juin 1943.
Source : La page du Mémorial de l'Alsace-Moselle, DNA du samedi 26 mars 2005
Guy Frank est un Wintzenheimois farceur. Pour le 1er avril, il a glissé sur son site internet une info qui avait tout l'air d'un poisson d'avril, qui était un poisson d'avril tout en n'étant pas tout à fait un poisson d'avril. L'info lâchée telle quelle: «Jean-Pierre Raffarin à Wintzenheim !». Et en effet, il y était. À la nuance près que cette visite remonte à trente ans en arrière. Comme le rappelle l'ex-documentaliste Guy Frank qui a de solides références, en mars 1976 Jean-Pierre Raffarin avait visité l'usine Jaz de Wintzenheim avec le secrétaire d'État chargé des travailleurs manuels, Lionel Stoleru, dont il était alors le conseiller technique, chef de la cellule communication.
Source : Rapportages, L'Alsace du samedi 2 avril 2005
Ouvert à nouveau au public depuis le 26 mars, le château du Hohlandsbourg dévoile charme et secrets lors des visites guidées.
[...] Tout au long de ce parcours qui les mène de la cour aux remparts en passant par la tour carrée, les passionnés d'histoire vont voyager dans le temps grâce aux explications du guide. Aussi est-il instructif d'apprendre que le site du Hohlandsbourg était occupé dès 1300 avant J.-C. et que le premier château a y être construit l'a été en 1279 par Siegfried de Gundolsheim sur ordre de l'empereur Rodolphe de Habsbourg. Après des agrandissements aux XIVe et XVe siècles par les comtes de Lupfen, le site a été occupé par Lazare de Schwendi à partir de 1562. C'est en 1840 que le Hohlandsbourg est classé monument historique par Prosper Mérimée.[...]
Source : L'Alsace du lundi 4 avril 2005
Détail
d'une roue en bois, revêtue du nouveau pneu Michelin Collection (photo Guy
Frank, 3 septembre 2005)
Depuis plus de trente ans, les pompiers de Wintzenheim sont aux petits soins pour leur « grand-mère », un véhicule d'intervention Delahaye de 1927.
À côté de la caserne des pompiers de Wintzenheim, un garage abrite un véritable trésor de vieille mécanique sur lequel veillent jalousement les pompiers de Wintzenheim. Depuis plus de 30 ans, ceux-ci y bichonnent leur mascotte, un véhicule de premiers secours Delahaye de 1927. « On n'est pas des passionnés de mécanique, mais on est véritablement tombés amoureux de ce véhicule », précisent en chœur Patrice Andlauer, son frère Guy et Yves Herrmann. Respectivement chef de corps et responsables du matériel, ce sont eux qui sont aujourd'hui aux petits soins pour la belle.
Des premiers secours aux têtes de cortèges
Il faut dire que la fameuse Delahaye raconte une part de l'histoire des sapeurs-pompiers des environs : affecté en 1927 au centre de secours principal de Colmar, le véhicule fut racheté en 1961 par la commune de Wintzenheim. Il servit en intervention, par exemple sur les feux de forêt au Hohlandsbourg, jusqu'en 1973, date à laquelle la commune le céda à l'amicale des pompiers. Après une courte période sur cales, la vénérable mécanique a toujours été maintenue en état de marche par les pompiers. « Mais elle n'était pas vraiment mise en valeur, regrette Patrice Andlauer, jusqu'à ce que Jean Kling, mon prédécesseur à la tête du corps, s'en occupe. » Depuis, l'ancienne s'est refait une beauté : initialement peintes en noir, les roues en bois, décapées il y a quatre ans, ont révélé leur charme — 200 heures de ponçage ont été nécessaires. Les bénévoles en ont aussi profité pour changer le train de pneus, avec à la clé une facture de 12 500 F chez Michelin Collection. En 2003 enfin, la Delahaye a eu droit à une révision complète de son moteur : un garagiste du secteur a même moulé une pièce de rechange, après la rupture d'une soupape au retour de la grande parade automobile de Mulhouse. Car la belle joue désormais les ambassadrices : habituée de la parade de Mulhouse, elle a fini par y renoncer après sa dernière panne : « On n'envoie pas une grand-mère faire un marathon », commente Guy Andlauer. Désormais cantonnée dans un rayon de 15 km, la « retraitée » ne sort plus qu'en de rares occasions : pour la parade du 14 juillet, la Sainte-Barbe et la fête des associations à Wintzenheim. Sans oublier les mariages des pompiers du département, où elle joue les vedettes en tête de cortège. « Pour nous, ce véhicule est une carte de visite, une voiture de prestige. Quand on peut la sortir, c'est une véritable fierté. » Une fierté qui a un coût : 200 heures d'entretien à l'année et deux jours de lustrage pour chaque sortie. Mais quand on aime…
1927
C'est l'année de construction de la Delahaye des pompiers de Wintzenheim. Ce véhicule de premiers secours comporte une citerne embarquée de 300 litres, une pompe centrifuge d'un débit de 60 m3/h, 80 mètres de tuyau semi-rigide sur dévidoir, ainsi que 200 mètres supplémentaires de tuyau souple à l'arrière. D'une puissance fiscale de 12 CV, il était prévu pour embarquer un équipage de cinq hommes.
Source : Clément Tonnot, L'Alsace du vendredi 22 avril 2005
La Delahaye, conduite par Roger Frank, peu après son acquisition par la commune de Wintzenheim. Photo prise rue de l'Ancienne Église (collection Guy Frank)
18728 km. C'est le kilométrage affiché par le compteur du véhicule de premiers secours Delahaye des pompiers de Wintzenheim, mis en service en… 1927. Difficile de croire qu'une aussi vieille voiture ait aussi peu roulé : cela fait une moyenne d'à peine 240 km parcourus à l'année. Compteur trafiqué, voire changé ? Pas du tout : «Les véhicules de pompiers roulent très peu et dans des rayons très restreints», explique Patrice Andlauer, chef de corps à Wintzenheim. Et la Delahaye, en retraite depuis 1973, est aujourd'hui cantonnée à un rayon de 15 km. Quand on sait qu'elle a été très bien entretenue, voilà une occasion qui ferait le bonheur des concessionnaires automobiles installés au parc expo.
Source : Rapportages, L'Alsace du samedi 23 avril 2005
Au cours de l'année écoulée, des membres de la Société d'Histoire de
Wintzenheim se sont beaucoup investis dans la vie de Wintzenheim.
En automne, ils étaient présents à la Journée des Associations et, en décembre,
ils tenaient un stand au marché de Noël. On se souvient aussi des
manifestations du 60e anniversaire de la Libération du 2 février 1945. La Société
d'Histoire de Wintzenheim, principalement grâce à l'engagement de Guy Frank, a
pris une part active à la mise sur pied des festivités, dont un ouvrage très
fouillé, Wintzenheim, 1939-1945, a précédé la mise en route.
En commun avec les amis de la Société d'Histoire Wickram de Turckheim, la société
d'histoire de Wintzenheim a tenu un stand au Salon du Livre de Colmar. En
octobre 2004, un groupe de membres et amis est parti à la découverte de
Remiremont, la cité des chanoinesses, et du Musée du Textile de Ventron. Deux
conférences, de Me Yves Muller sur la Guerre de Trente Ans et du professeur
Freddy Raphaël sur Auguste Widal et la communauté juive, ont rassemblé de
nombreux auditeurs.
Tout au long de l'année, les premiers lundis du mois, Charles Schillinger et
Jacqueline Piselli accueillent les gens, de 14 h à 18 h, pour les
guider dans leurs recherches. Depuis plusieurs mois, une équipe est au travail
pour la préparation de l'Annuaire 2005 - n°9 et la diffusion de l'ensemble des
ouvrages de la société.
Tout ceci ne représente qu'une partie des activités des membres de
l'association, qui ont de nombreuses recherches et travaux en chantier.
La Société d'Histoire de Wintzenheim établira le bilan de ses activités et
exposera les projets pour l'année à venir au cours de son assemblée générale,
le vendredi 20 mai, à 20 h, dans la salle du conseil, à l'hôtel de ville
de Wintzenheim. Outre l'ordre du jour habituel de l'assemblée générale, la réunion
sera l'occasion de présenter la nouvelle édition de l'Annuaire n° 9 - 2005.
Membres et amis sont cordialement invités à y prendre part.
Source : DNA du mardi 10 mai et L'Alsace du jeudi 12 mai 2005
La
présentation de l'annuaire 2005 de la société d'histoire de Wintzenheim a eu
lieu en présence des auteurs des différents articles. Manquent André Crayssac
et Guy Frank (photo Roger Struss, L'Alsace)
Le 20 mai, membres et amis de la Société d'histoire de Wintzenheim se sont retrouvés dans la salle du Conseil de l'Hôtel de Ville pour y tenir l'assemblée générale et assister à la présentation de l'annuaire 2005.
La première partie de la réunion fut consacrée au rappel des actions
accomplies au cours de l'année écoulée : travaux de recherche divers des
membres, publication d'un annuaire, permanences de l'archiviste les premiers
lundis du mois de 14 h à 18 h, participation aux activités de la vie
associative locale (journée des associations, fête du GSW) et de la Fédération
des Sociétés d'histoire et d'Archéologie d'Alsace... Le bilan financier présenté
par le trésorier prouve la vitalité de la société. La suite de la réunion
fut l'occasion de présenter activités au salon du livre de Colmar, projets de
visite, de conférences...
L'assemblée générale a pourvu au renouvellement du tiers sortant du conseil
d'administration. Paul-André Cattin, François Etterlen, Henri Klopfer, Gérard
Zehler et Émile Zippert voient leur mandat renouvelé. Pierre Teyssier et
Claude Kling sont désignés pour réviser les comptes.
Au nom de la municipalité, Didier Scherrer félicita la Société d'histoire
pour sa vitalité, la remercia pour son investissement dans la vie culturelle et
associative locale et l'assura du soutien de la commune.
La deuxième partie de la soirée fut consacrée à la présentation de
l'annuaire 2005 - n° 9, un ouvrage riche, aux articles abordant des sujet très
divers qui comme les précédents, rassemble le fruit des recherches des membres
et amis de la Société d'Histoire de Wintzenheim.
Un parchemin de 1570, relatif à la vente d'une tuilerie, a mis Guy Frank sur la
piste de la tuilerie de Wintzenheim. A l'entrée du cimetière communal a été
érigée une stèle funéraire de Jean-Beck, prêteur royal. Charles Schillinger
nous fait découvrir qui était Jean-Beck. Pour compléter l'article sur Auguste
Widal et son oeuvre comparée à celles d'Erckmann-Chatrian et Alexandre Weil,
Sabrina Dufourmont expose la situation des Juifs de France au 19e siècle et
s'attarde plus spécialement sur celle des Juifs de l'Est. Gérard Zehler entame
une recherche sur les origines et le développement de la maison de retraite
« Les Magnolias ». André Crayssac, président de la société
philatélique de Colmar, possède dans sa collection une lettre postée dans la
boîte aux lettres mobile de la diligence Colmar - Munster. II en dévoile
l'histoire et le contenu. Ludowic Conte s'intéresse au sort de trois jeunes de
Wintzenheim qui, lors de la première Guerre mondiale furent capturés par l'armée
française puis éloignés des zones de combat et internés dans le sud de la
France. En classant les archives paroissiales, Paul-André Cattin a découvert
un carnet dans lequel le curé Schickelé a noté au jour le jour ce qui se
passait dans la paroisse du Logelbach entre décembre 1944 et février 1945. L'article nous
livre la traduction de ce Journal. Restant au Logelbach, à la même période. Gérard
Lincks relate, telle qu'il l'a vécue, l'attaque aérienne du 26 décembre 1944,
dont Tomi Ungerer parle aussi dans son livre « A
la guerre comme à la guerre ». Dans la série Wintzenheim, images d'hier
et aujourd'hui, Guy Frank s'est arrêté à la place de la République. La ronde
des sorcières est le titre d'un article d'Émile Zippert, dans lequel il parle
des mystère qui entouraient ces croyances.
En 2004, Rosalie Schuller a eu cent ans. Guy Frank est allé l'interviewer :
une vie humble et laborieuse mais engagée dans la lutte sociale. Enfin, dans sa
revue de presse de 2004, Guy Frank met l'accent sur des moments importants de
la vie à Wintzenheim. L'annuaire 2005 - n° 9 est disponible à l'Hôtel de
Ville, au bureau d'état-civil, au prix de 16 € (régler par chèque
libellé à la Société d'Histoire de Wintzenheim).
Source : L'Alsace et DNA du mercredi 25 mai 2005
La
statue de Sainte-Thérèse vandalisée au lieu-dit Saint-Joseph dans le vallon
du Baerenthal
(photo Gérard Zehler, mai 2005)
La chapelle Ste-Croix, au-dessus de Wihr-au-Val, a encore été victime de vandalisme dimanche dernier. Dans l'après-midi, un groupe de jeunes a été surpris par des marcheurs alors qu'ils démontaient les tuiles sur le toit. [...]
Ces jours-ci à Wintzenheim, la statue de sainte Thérèse dans le secteur du Baerenthal a également été jetée au sol et brisée. Le conseil de Fabrique s'est déclaré scandalisé par cet acte.
Source : DNA du jeudi 26 mai 2005
Une centaine de présidents, ou leurs représentants, des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace étaient réunis récemment à Sélestat pour l'assemblée générale de leur fédération. Celle-ci, avec 106 sociétés membres, couvre l'ensemble du territoire régional et entretient des liens étroits avec ses voisines des régions de Belfort, Montbéliard, Metz ou des Vosges. Le président Jean-Pierre Kintz, professeur émérite de l'université de Strasbourg, a relevé avec satisfaction une baisse de la moyenne d'âge au comité, où sont entrés cinq nouveaux membres, à l'occasion du renouvellement d'une partie des mandats. « Ce renouveau en direction de la jeunesse intervient à un moment où la fédération aborde une période au cours de laquelle elle va réinventer de nouvelles missions », souligne Jean-Pierre Kintz. D'une part, en effet, la collection du Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne et pratiquement achevée. D'autre part, plusieurs projets sont à l'ordre du jour : un dictionnaire des institutions alsaciennes ; des manuels pour historiens amateurs ; le développement du réseau Internet. Ce dernier point, particulièrement, devrait être porteur d'ouverture. Les sociétés seront invitées à l'utiliser pour faire connaître leurs actions particulières ou les manifestations notables qu'elles seraient amenées à organiser. « Ce réseau pourrait devenir un réel porte-parole des sociétés membres », souhaite Jean-Pierre Kintz. Un autre souhait parmi les priorités pour l'avenir : que l'emblématique Revue d'Alsace, dont le dernier numéro portait sur Le second vingtième siècle, ouvre ses pages à des événements locaux exceptionnels. Par exemple à l'occasion du 150e anniversaire de la Société de monuments historiques d'Alsace ; où lorsqu'une société locale monte une exposition spéciale, à l'image de celle du Kochersberg qui prépare à Truchtersheim une présentation de la vie quotidienne de la population régionale sous l'Occupation et au moment de la liberté retrouvée. Enfin, à l'image de la politique de « rapprochement » chère à la Région Alsace, la Revue d'Alsace ouvrira ses pages aux grandes associations historiques allemandes. Comme elle l'a fait en 2004 avec celle de la région d'Offenbourg ; comme elle le fera en 2005 pour la Badische Heimat, de la région de Fribourg. Prochain grand rendez-vous des historiens d'Alsace : le congrès qui aura lieu le 25 septembre au Mémorial de Schirmeck.
Source : J.-l. V., L'Alsace du dimanche 5 juin 2005
Une
croix surmontait l'ancien portail en bois du cimetière, comme le montre cette
photo de 1998 (collection Mairie)

Le nouveau portail du cimetière de Wintzenheim a été réalisé par Robert Guthmann, agent communal (photo Mairie)
Afin de redonner un cachet digne de ce nom à l'entrée principale
du cimetière de Wintzenheim-Centre, la ville de Wintzenheim vient de procéder
à son relookage.
Un nouveau portail en ferronnerie d'art, de fort belle tenue, réalisé par
l'atelier communal de serrurerie sous la houlette de Robert Guthmann, vient d'être
mis en place, remplaçant l'ancien portail en bois qui a fait son temps. Une très
belle réalisation qui met en valeur l'entrée.
L'ensemble de la conception de ce portail a été effectué par l'atelier communal; seul le traitement pour permettre au portail de durer dans le temps, a été confié à une entreprise spécialisée. La mise en place de ce portail, véritable oeuvre d'art, s'est accompagnée d'une réfection des murs de soutien en grès des Vosges et de l'enlèvement d'une petite toiture qui couvrait l'ancien portail.
Source : DNA du jeudi 9 juin 2005 et La Gazette du Lévrier n° 34, automne/hiver 2005
La bibliothèque humaniste de Sélestat a servi de cadre à la récente assemblée générale de la Fédération réunissant 106 sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace.
Jean Pierre Kintz, président de la Fédération des sociétés d'histoire,
d'art et d'archéologie (FSHAA) remercia Hubert Meyer, conservateur en chef de
la bibliothèque, de son accueil de même que le maire de Sélestat. Marcel
Bauer invita d'ailleurs les historiens à un verre de l'amitié dans l'Hôtel
des Prélats.
Représentés par une centaine de président(e)s de sociétés, les milliers
d'adhérents de la FSHAA se retrouvent autour de valeurs communes. La présentation
d'une soixantaine de revues publiées par les sociétés de toute l'Alsace est
toujours une heureuse découverte. Les revues sont également un bon support
pour tisser des liens avec les sociétés homologues de Belfort, de Montbéliard,
de Metz et des Vosges.
D'autres échanges avec des sociétés d'histoire locale d'outre-Rhin permettent
de voir à quel point un regard croisé sur l'histoire peut être enrichissant.
Dictionnaire de biographies alsaciennes
Avant l'exposé d'Alphonse Troestler sur « le patrimoine et sa
conservation » à l'heure de la décentralisation, l'assistance apprit
que, pour la première fois, le budget de la Fédération avait atteint l'équilibre
financier.
Portée par les subventions des collectivités locales et les cotisations, la
FSHAA a mené à bien le Nouveau dictionnaire de biographies alsaciennes.
Celui-ci est terminé mais devra être finalisé avec 3 voire 4 suppléments évoquant
les personnalités oubliées, celles ayant émergé dans la vie publique depuis
le lancement du NDBA et les groupes jusqu'ici insuffisamment pris en compte,
notamment les femmes politiques, les syndicalistes, les présidents
d'association et d'universités, les élus, etc.
Conçus à l'époque où internet n'existait pas, les nombreux volumes du NDBA
se devraient aussi d'être rendus plus accessibles au grand public et aux
chercheurs en étant sur internet en version abrégée. D'autres développements
(chronologie de l'actualité alsacienne, mise en réseau avec des sociétés
d'histoire étrangères...) ont été mis en oeuvre ou devraient l'être à
l'avenir.
La "Revue d'Alsace", dont le dernier numéro piloté par François
Igersheim s'est bien vendu en librairie, devrait aussi chercher à élargir son
lectorat pour le renouveler.
Plusieurs projets devraient être mis en chantier, l'un portant sur la méthode
permettant l'étude historique d'une commune, les autres sur la chronologie
historique du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, sur les institutions alsaciennes ou
encore sur les divers types de calendriers (médiéval, grégorien, luthérien,
révolutionnaire, etc.) utilisés parfois simultanément en Alsace, ceci
provoquant des décalages surprenants bien connus des généalogistes.
Les élections au comité fédéral ont permis d'enregistrer l'arrivée de
Jean-Georges Guth, président de la Société d'histoire des Quatre-Cantons, de
Jean-Claude Kuhn, président de l'Association du parc de la maison alsacienne
(Reichstett), de Jean-Marie Nick, ancien journaliste, de Louis Schlaefli,
bibliothécaire du grand séminaire et de Jean-Philippe Strauel, président de
la Société d'histoire Hardt et Ried (Biesheim).
Congrès à Schirmeck
Parmi les tâches du bureau, qui sera élu le 15 juin de même que le président, la préparation du congrès des historiens le 25 septembre au Mémorial de l'Alsace-Moselle à Schirmeck. Un temps fort dans la vie de la Fédération qui sera consacré à divers sujets dont l'incorporation de force, avec Eugène Riedweg, et les premières années d'après-guerre et le retour de l'administration républicaine, avec Alphonse Irjud.
Source : M. B.-G., DNA du dimanche 12 juin 2005
Le curé René Schickelé, né à
Mutzig le 18.02.1896, ordonné prêtre en 1923, occupa plusieurs postes de
vicaire puis fut curé de Plaine (1930). Nommé à la paroisse du Logelbach en
août 1937, il fut installé en septembre. Il occupa ce poste jusqu’en 1951,
date à laquelle il fut nommé doyen à Altkirch. Nommé chanoine titulaire de
la cathédrale de Strasbourg en 1957, il prit sa retraite en 1969. Il est décédé
à Haguenau le 3 janvier 1974. C’était un neveu du chanoine Modeste Schickelé,
connu au début du 20ème siècle comme historien (photo
du chanoine René Schickelé, Archives de l'Archevêché de Strasbourg)
L'Annuaire n° 9 (2005) de la Société d'Histoire est disponible depuis quelques semaines à peine. Un ouvrage riche, aux articles abordant des sujets très divers qui, comme les précédents, rassemble le fruit des recherches des membres et amis de la société.
Un parchemin de 1570 relatif à la vente d'une tuilerie a mis Guy Frank sur la piste de la tuilerie de Wintzenheim. Charles Schillinger nous fait découvrir qui était Jean Beck, préteur royal, dont une stèle funéraire à l'entrée du cimetière communal rappelle l'existence. Pour compléter l'article sur Auguste Widal et son oeuvre comparée à celles d'Erckmann-Chatrian et Alexandre Weil, Sabrina Dufourmont expose la situation des Juifs de France au XIXe siècle et s'attarde plus spécialement sur celle des Juifs de l'Est. Gérard Zehler entame une recherche sur les origines et le développement de la maison de retraite « Les Magnolias ». André Crayssac, président de la Société philatélique de Colmar, possède dans sa collection une lettre postée dans la boîte aux lettres mobile de la diligence Colmar-Munster. Il en dévoile l'histoire et le contenu. Ludovic Conte s'intéresse au sort de trois jeunes de Wintzenheim qui, lors de la Première Guerre mondiale furent capturés par l'armée française puis éloignés des zones de combat et internés dans le Sud de la France.
Journal de guerre
En classant les archives paroissiales, Paul-André Cattin a découvert un
carnet dans lequel le curé Schickelé a noté au jour le jour ce qui se passait
dans la paroisse du Logelbach entre décembre 1944 et février 1945. L'article
nous livre la traduction de ce journal. Restant au Logelbach, à la même période,
Gérard Lincks relate, telle qu'il l'a vécue, l'attaque aérienne du 26 décembre
1944 dont Tomi Ungerer parle aussi dans son livre « A la guerre comme à
la guerre ».
Dans la série Wintzenheim, images d'hier et d'aujourd'hui, Guy Frank s'est arrêté
à la place de la République/place Joseph-Joos. La ronde des sorcières est le
titre d'un article d'Émile Zippert dans lequel il parle des mystères qui
entouraient ces croyances. En 2004, Rosalie Schuller a eu cent ans. Guy Frank
est allé l'interviewer : une vie humble et laborieuse mais engagée dans
la lutte sociale. Enfin, dans sa revue de presse de 2004, Guy Frank met l'accent
sur des moments importants de la vie culturelle à Wintzenheim.
Caves à bière
La Société d'Histoire dispose encore de quelques exemplaires de l'ouvrage
de Guy Frank consacré aux caves à bière et plus particulièrement à
l'histoire de la brasserie et du Bierkeller de Wintzenheim. Ce livre de 128
pages abondamment illustrées, dans lequel sont cités plus de 450 noms de
personnes, d'entreprises, de lieux, rappelle que ces caves ont aussi servi de
champignonnières, puis d'abris durant la guerre (prix : 27 €). Ce
document est également disponible à la mairie.
La Société d'Histoire a réédité les deux premiers numéros parus en 1997 et
1998 et ce sont donc maintenant 9 annuaires rassemblant plus d'une centaine
d'articles, qui sont à disposition chez Marcel Meyer, tél. 03 89 27 05 97,
au prix de 16 € l'exemplaire ou de 144 € la collection complète.
L'Annuaire 2005 - n° 9 est disponible à l'hôtel de ville, au bureau de l'état civil au prix inchangé de 16 € (règlement par chèque libellé au nom de la Société d'Histoire de Wintzenheim). Possibilité d'envoi par la poste, moyennant une participation aux frais de port. Un bon de commande peut être imprimé à partir du site Internet : www.knarf.info
Source : L'Alsace du samedi 11 et les DNA du mardi 14 juin 2005
Guy
Daesslé, maire et conseiller général de Wintzenheim, félicite Michel Rozier lors de
l'inauguration de l'exposition consacrée au général de Gaulle (photo Guy
Frank, 18 juin 2005)
A l'occasion du 65e anniversaire de l'Appel du 18 juin, une exposition de la collection privée de Michel Rozier, un habitant de Wintzenheim, se tiendra du 18 au 26 juin à la halle des fêtes de la commune de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h.
Michel Rozier a une véritable vénération pour de Gaulle. Il
s'est constitué une impressionnante collection de documents, allant de livres,
aux disques en passant par des affiches, portraits, timbres, cartes postales.
Dans l'exposition, hommage très riche et documenté que Michel Rozier propose
de revoir, les plus grands moments de la vie du général sont présentés en 72
tableaux, de l'ascendance maternelle au 9 novembre 1970, à travers des
affiches, des livres, des journaux d'époque, des photos et objets divers. Une
partie de l'exposition sera consacrée à la Résistance française, avec plus
de 100 documents sur le sujet.
Michel Rozier veut par l'intermédiaire de cette exposition partager sa passion
et rendre hommage au général de Gaulle. Il a rassemblé les photos les plus
rares, les plus belles et les plus émouvantes de sa vie et de son épopée.
Ainsi, en fouinant notamment dans les marchés aux puces, Michel Rozier a récupéré
une foule de documents qu'il a mis sous cadre pour recréer les grands moments
de la vie du général.
Source : L'Alsace et les DNA du vendredi 17 juin 2005
En un peu moins d'une heure, le conseil municipal a bouclé, vendredi soir, son ordre du jour dans lequel aucun point n'a suscité de débat entre les deux groupes.
Travaux et nouvelle rue
Les élus ont approuvé à l'unanimité la nouvelle dénomination de la rue qui relie la rue des Caves et la rue du Trèfle. Cette nouvelle voie s'appellera rue du Houblon.
Source : DNA du dimanche 26 et L'Alsace du jeudi 30 juin 2005
Au courant de ces dernières semaines, la municipalité de Wintzenheim a réalisé des travaux dans diverses rues et dans divers bâtiments, en voici un petit récapitulatif.
Au niveau des travaux dans les bâtiments communaux
[...] Enfin, à la mairie, l'aménagement de bureaux pour la Société d'histoire de Wintzenheim au 2e étage de l'immeuble, 32, rue Clemenceau, adjacents aux locaux de la mairie avec travaux d'installation électrique et peinture, création d'une porte entre les deux bâtiments et pose de stores.
Source : DNA du 29 et L'Alsace du 30 juin 2005
Odile
Bouvier était également membre du comité de la Société d'Histoire de
Wintzenheim (photo Guy Frank, 7 novembre 2002)
Lundi le 26 juin, en l'église paroissiale Saint-Laurent de Wintzenheim, seront célébrées les obsèques de Mme Odile Bouvier, née Kuci, décédée le 22 juin à Colmar dans sa 75e année. Elle avait vu le jour le 6 décembre 1930 à Colmar au foyer d'une mère chilienne et d'un père croate. Le 7 juin 1958 elle prit pour époux M. Jean-Pierre Bouvier avec qui elle a eu trois enfants. Mme Bouvier a passé la plus grande partie de sa vie professionnelle au sein de la société Capsugel de Colmar, où elle fut secrétaire de direction.
L'AVF en peine
Mme Bouvier a eu une retraite très active, consacrant beaucoup de temps à
sa grande famille, à ses nombreux amis, à ses petits-enfants et à
l'association AVF Colmar Accueil, où elle occupa le poste de secrétaire
pendant des années. Odile Bouvier fut pendant de très longues années, une
inconditionnelle de l'association, où ses grandes qualités de cœur étaient
unanimement reconnues. Accueillante, fidèle et chaleureuse, secrétaire dévouée,
membre éclairée du conseil d'administration, d'une amabilité et d'une
disponibilité sans faille, elle ne ménageait ni son temps, ni sa peine. Son
souvenir restera gravé dans la mémoire des membres de l'association et l'évocation
de son perpétuel sourire les aidera à surmonter leur peine, une peine que l'AVF
partage avec les enfants d'Odile et sa famille.
Mme Bouvier fut également très engagée dans la vie culturelle de Wintzenheim,
notamment au sein des trois chorales Laurentia, Sainte-Cécile et Odilia Vox.
Une maladie très grave, diagnostiquée à la fin de l'année 2001, a fini
par l'emporter. Mme Bouvier laissera le souvenir d'une femme accueillante, dévouée,
aimable et disponible.
Source : L'Alsace et les DNA du dimanche 26 juin 2005
Sœur
Marie-Philibert dans sa fonction de sacristain, présente le tableau de commande
des cloches de l'église Saint-Laurent de Wintzenheim (photo Yannick Frank, 27 février
2003)
Le dimanche 7 août, la paroisse de Wintzenheim fêtera son patron, saint Laurent. Lors de la grand-messe de 10 h, les paroissiens et amis y associeront tout particulièrement « les sœurs d'école » comme on les surnommait familièrement. Sœurs Marie-Philibert, Marie-Christina et Mariette sont les dernières d'une longue lignée de religieuses de la Divine Providence de Ribeauvillé ayant oeuvré dans la commune et en paroisse où, par leur disponibilité, elles ont rendu de nombreux services. C'est avec grand regret qu'elles quitteront Wintzenheim début septembre. Sœurs Marie-Philibert, Marie-Christina et Mariette ont été les dernières Sœurs enseignantes à exercer à Wintzenheim.
C'est en 1971 que Sœur Marie-Philibert rejoint Wintzenheim pour enseigner à l'école primaire Dame Blanche jusqu'en 1988 où elle prend sa retraite mais accepte un travail dans la pastorale paroissiale. Sœur Marie-Christina est arrivée à Wintzenheim en 1985 et a pris sa retraite en 2001. Enfin Sœur Mariette a officié à Wintzenheim de 1986 à 2002. La fête de saint Laurent permettra de mettre à l'honneur les trois Sœurs et ainsi marquer la reconnaissance de la population envers elles. À l'issue de la messe, un apéritif sera servi sous le préau de l'école la Dame Blanche. Christiane Majer, présidente du conseil de fabrique, et Serge Nicole, adjoint au maire, interviendront à cette occasion.
Une exposition réalisée par Guy Frank sur l'historique de la présence des religieuses à Wintzenheim avec des photos prêtées par d'anciens élèves, voire d'anciens paroissiens, sera visible de 10 h à 17 h sous le préau de l'école primaire.
Source : L'Alsace du mardi 2 et les DNA du dimanche 7 août 2005
Sur
ce cliché datant probablement d'avant la Première Guerre Mondiale, le
photographe a regroupé les six sœurs qui avaient la charge de l'école de
filles et de la salle d'asile de Wintzenheim (collection Edmond Schillinger)
Le dimanche 7 août, la paroisse de Wintzenheim fêtera le patron de son église, saint Laurent. Lors de la grand'messe de 10 h, l'ensemble des paroissiens et amis y associeront tout particulièrement « les sœurs d'école » comme on les appelait familièrement.
Sœur Marie-Philibert, Sœur Marie-Christina et Sœur Mariette sont les dernières d'une longue lignée de religieuses de la Divine Providence de Ribeauvillé ayant oeuvré dans la commune et la paroisse où, par leur disponibilité, elles ont rendu de nombreux services. C'est avec grand regret qu'elles quitteront Wintzenheim début septembre.
Une page d'histoire se tourne
Les sœurs de la Divine Providence de Ribeauvillé étaient présentes depuis
1807 à Wintzenheim. C'est en 1782, à l'initiative de l'abbé Louis Kremp,
vicaire à Molsheim, que quelques jeunes Alsaciennes se sont réunies en une
pieuse association, décidées à porter remède à l'ignorance religieuse de la
jeunesse féminine. C'est ainsi que Madeleine Erhard ouvre en 1783 à Molsheim
la première école primaire, privée et gratuite, de ce qui sera bientôt
« l'association des pauvres sœurs de la providence ».
Entre 1783 et 1790, des écoles similaires se créent dans les communes d'Alsace
qui en font la demande au fondateur. En 1791, la Révolution Française gagne
l'Alsace. Les sœurs refusent de prêter serment à la constitution et sont
dispersées.
En 1800, les sœurs reviennent et rouvrent des écoles. Quelques années plus
tard, l'association compte une trentaine de petites communautés, mais n'a pas
de supérieure générale. En 1803, la dissolution par Napoléon de toutes les
congrégations ne peut être néfaste aux sœurs qui ne sont pas encore constituées
en association reconnue. Le 10 mars 1807, « l'association de la providence
de Strasbourg » devient association religieuse autorisée par décret impérial
signé du camp d'Osterode. Selon les statuts approuvés par Napoléon, les Sœurs
peuvent librement fonder des écoles. Il est prévu qu'il y aura une Directrice
Générale, une Maîtresse des Novices, une Maison Mère et un Noviciat.
En 1819, l'abbé Bruno Mertian, successeur du père Kremp, acquiert pour la
Congrégation le couvent de Ribeauvillé. Après son décès, son frère Ignace
y transfère la Maison-Mère.
Les archives du Couvent de Ribeauvillé attestent la présence de Sœurs
enseignantes à Wintzenheim dès l'année 1807.
Sœur Marie-Philibert, Marie-Christina et Mariette ont été les dernières sœurs
enseignantes à exercer à Wintzenheim.
C'est en 1971 que Sœur Marie-Philibert rejoint Wintzenheim pour enseigner à l'école
primaire Dame Blanche jusqu'en 1988 où elle prend sa retraite mais accepte un
travail dans la pastorale paroissiale. Sœur Marie-Christina est arrivée à
Wintzenheim en 1985 et a pris sa retraite en 2001. Enfin, Sœur Mariette a
officié à Wintzenheim de 1986 à 2002. Toutes trois resteront gravées à
jamais dans le cœur de nombreux enfants de Wintzenheim.
En septembre, elles quitteront leur logement au presbytère et ainsi s'achèvera
la présence des Sœurs de la Divine Providence de Ribeauvillé à Wintzenheim.
Une fête en leur honneur
La fête du patron saint Laurent permettra de mettre à l'honneur dimanche
prochain, 7 août, les trois soeurs et ainsi marquer la reconnaissance de la
population envers elles. A l'issue de la grand'messe, suivra sous le préau de
l'école la Dame Blanche un apéritif offert par la municipalité.
Interviendront à cette occasion Christiane Majer, présidente du conseil de
fabrique, et Serge Nicole, maire adjoint représentant le maire absent.
Une exposition réalisée par Guy Frank, sur l'historique de la présence des
religieuses à Wintzenheim avec mise à disposition de photos par d'anciens élèves,
voire d'anciens paroissiens sera parallèlement organisée et sera visible de 10 h
à 17 h.
Source : DNA du vendredi 5 août 2005
Christiane
Majer, présidente du Conseil de Fabrique (à droite), rend hommage aux Sœurs
enseignantes. De gauche à droite : Sœur Marie-Christina, Sœur Monique
Gugenberger, Supérieure générale, Sœur Marie-Philibert et Sœur Mariette
(photo Yannick Frank, 7 août 2005)
Dimanche dernier, la paroisse de Wintzenheim a fêté le patron de son église Saint-Laurent. Lors de la grand-messe de 10 h, rehaussée par les prestations de la chorale Sainte-Cécile, l'ensemble des paroissiens et amis ont souhaité y associer tout particulièrement «les sœurs d'école» comme on les appelait familièrement.
Sœur Marie-Philibert, sœur Marie-Christina et sœur Mariette sont les dernières
d'une longue lignée de religieuses de la Divine Providence de Ribeauvillé
ayant oeuvré dans la commune et la paroisse où, par leur disponibilité, elles
ont rendu de nombreux services.
C'est avec émotion que les paroissiens, amis et personnalités dont Serge
Nicole, maire adjoint, François Menny, curé doyen, Christiane Majer, présidente
du conseil de fabrique, se sont réunis dimanche autour de sœur Marie-Philibert,
sœur Marie-Christina et sœur Mariette. Ils ont souhaité partager avec elles
un moment pour leur témoigner leur attachement, leur amitié tissés durant
toutes ces années de présence parmi eux. Ce jour de départ que tous pensaient
être encore très éloigné est arrivé, trop vite.
Ce départ un peu rapide a surpris les paroissiens, tous les amis de
Wintzenheim. Surpris, car les trois sœurs faisaient partie intégrante de la
cité, la paroisse. Ces longues années durant lesquelles elles ont enseigné à
l'école ont très certainement marqué nombre de jeunes, aujourd'hui moins
jeunes.
Quel est l'adulte qui ne se souvient pas des années scolaires, encadré par les
sœurs d'école. Au-delà de l'enseignement purement scolaire, elles ont éduqué
les élèves, guidé tant d'enfants et de jeunes adolescents en leur assurant la
catéchèse scolaire et la préparation aux sacrements.
Elles ont accompagné ces enfants, ces jeunes lors de multiples activités, dont
nous ne citerons que quelques-unes : Terre d'Avenir, Kilomètres de soleil,
CCFD... des démarches ayant pour but l'éveil à la foi, au partage...
Pendant deux siècles
La communauté de Wintzenheim était réunie dimanche. Les trois sœurs sont
les dernières religieuses de la communauté religieuse de la Congrégation de
la Divine providence de Ribeauvillé à avoir résidé dans la commune et oeuvré
dans la paroisse.
Près de deux siècles, très exactement depuis 1807, la communauté religieuse
de la Congrégation de la Divine Providence de Ribeauvillé s'est installée à
Wintzenheim afin d'y assurer l'enseignement scolaire, voire assurer le rôle de
directrice d'école pour certaines comme sœur Marie-Philibert, poste qu'elle a
assuré dès son arrivée en 1971 en remplacement de sœur Marie-Virgile.
Durant sa présence, elle a côtoyé neuf différentes religieuses. De cette
longue présence dans la cité, sœurs Marie-Philibert, Marie-Christina,
Mariette, ainsi que les religieuses qui les ont précédées ont très
certainement laissé des empreintes auprès de ceux et celles qui les ont
approchées.
Une exposition
Leur départ met fin à une très longue histoire et laissera le sentiment
d'un grand vide. D'ailleurs la belle exposition réalisée par Guy
Frank est un témoignage illustré de leur contribution à la vie de la cité.
Pour toutes ces années passées, Serge Nicole et Christiane Majer, au nom de
tous les paroissiens, de la municipalité, les ont remerciées pour leurs
multiples activités. Ils souhaitent qu'elles emporteront avec elles le souvenir
de belles années passées à Wintzenheim, où elles ont su créer de nombreux
liens d'amitié.
Sacristain
Sœur Marie-Philibert est à la retraite depuis de longues années, mais ce
terme lui était étranger. Elle a continué sans relâche à assurer les
services sur le plan de la liturgie. L'encadrement des servants de messes qui,
devenus de «grands ados», ont toujours répondu présent à son appel.
Sa participation active à la fête paroissiale, tant d'activités et
d'engagement au service de la paroisse. Tant de choses auxquelles elle a veillé:
les ornements de l'autel, les cierges, les troncs, les fleurs et gardienne de la
grande clé de l'église, en un mot, elle a tenu le rôle de sacristain.
Aux trois religieuses, tous souhaitèrent une bonne et longue retraite, qu'elles
puissent rester encore de longues années en bonne santé.
Source : DNA du mercredi 10 et L'Alsace du jeudi 11 août 2005
Le
stand de la Société d'Histoire au Forum des Associations (photo Guy Frank, 3
septembre 2005)
Toute l'actualité de la Société d'histoire de Wintzenheim sera à découvrir samedi après-midi au Forum des associations.
La Société d' histoire de Wintzenheim, participera ce samedi 3 septembre au Forum des associations qui se tiendra de 14 à 18 h sous le hall des fêtes de Wintzenheim... Ce sera l'occasion de se renseigner sur le passé mais aussi de proposer le cas échéant des articles, fruits de recherches personnelles. À son actif, neuf ouvrages consacrés à l'histoire de Wintzenheim, de Logelbach et de La Forge. Dernier paru, l'Annuaire n° 9 – 2005 aborde des sujets divers suite aux recherches du cercle d'historiens amateurs passionnés.
[...] La Société d'Histoire propose de compléter les collections d'annuaires. Dans ce but, elle a réédité les deux premiers numéros parus en 1997 et 1998, et ce sont donc maintenant 9 annuaires, rassemblant plus d'une centaine d'articles, qui sont disponibles au prix de 16 € l'exemplaire, ou de 144 € la collection complète. Possibilité d'envoi par la poste, moyennant une participation aux frais de port. Un bon de commande peut être imprimé à partir du site Internet : www.knarf.info
Source : L'Alsace du jeudi 1er et DNA du vendredi 2 septembre 2005
Le Club de l'Amitié du 3e âge informe ses membres de la reprise des activités,
à compter du jeudi 8 septembre, à 14 h, au local, 31 rue Clemenceau. Les
personnes souhaitant rencontrer du monde dans une ambiance chaleureuse et
conviviale peuvent s'y retrouver tous les jeudis, de 14 h à 18 h,
pour jouer aux cartes, loto, scrabble... le tout suivi par un goûter.
Une fois par mois, aura lieu la «Plauderstund». Le
thème du jeudi 22 septembre portera sur l'histoire des sœurs enseignantes.
Renseignements : Françoise Baumann, au 03.89.27.14.05.
Source : DNA du mardi 6 et L'Alsace du jeudi 8 septembre 2005
Une nouvelle enseigne ouvrira ses portes à Wintzenheim le 17 septembre 2005. À l'initiative de Pascal Gilg, qui reprend le local commercial de son grand-père, une lingerie, corseterie, bonneterie, layette sous l'enseigne « Nuit et Jour » s'installe au 20 rue Clemenceau. Et ce n'est pas sans une certaine émotion que Pascal Gilg a aménagé le local de son grand-père qui a été occupé durant de longues années par une épicerie, puis un « Sadal » dont beaucoup de Wintzenheimois se souviennent. Une équipe jeune et sympathique sera au rendez-vous dès le 17 septembre dans ce show-room faisant office de magasin de détail. Des collections actuelles, et renouvelées chaque saison seront proposées à la clientèle avec la garantie du meilleur rapport qualité-prix. À noter que le magasin comprend un stock permanent de 120 m2.
Source : L'Alsace du dimanche 11et DNA du mardi 13 septembre 2005
François
Menny (photo Guy Frank, 27 juillet 2005)
Le ministère du curé-doyen François Menny à Wintzenheim s'achève aujourd'hui. Il y était arrivé il y a douze ans, le 24 octobre 1993. Ce matin à 10 h30, il donnera sa messe d'adieu à l'église Saint-Laurent.
Mordant, rieur, généreux, François Menny ne mâche pas ses mots. C'est
dans son caractère. « Je n'ai pas le culte de la personnalité »,
dit-il. Cela lui donne des libertés. Son péché mignon ? Il le confesse
volontiers, c'est l'humour. Un humour tantôt drôle, tantôt grinçant. Dans
son bureau au presbytère catholique du 1 rue du Logelbach, des affiches et des
coupures de presse. L'une d'elle, Humor ist wenn man trotzdem lach
(l'humour c'est quand on rigole malgré tout), résume tout. Difficile de résumer
la carrière de celui qui fut ordonné prêtre en 1966. Et qui sera
officiellement remplacé par Hubert Spitz, 48 ans, originaire de Saverne, le 30
octobre prochain. Entretien avec un jeune retraité de 65 ans.
Comment aviez-vous vécu votre arrivée à Wintzenheim en 1993 ?
Le curé-doyen François Menny : « Au départ, cette ville me donnait
l'impression d'une cité sans âme. Bien sûr, ces premières impressions n'étaient
que géographiques. Mais je ne voyais qu'un couloir, un lieu de passage...
Ensuite, j'ai progressivement changé d'avis. Avec le temps, je me suis rendu
compte qu'il n'y avait pas que des voitures et des camions ici. Il y a aussi une
vie de quartier très intéressante, des traditions, des gens chaleureux. J'ai
appris à l'aimer ».
La fin de votre ministère marque aussi votre départ à la retraite. Vous
n'aviez pas envie de poursuivre ?
« Non, j'avais vraiment besoin d'une coupure. C'était le moment. Je ne
ressens d'ailleurs aucune espèce d'amertume ou de mélancolie. Pour tout vous
dire, je n'ai jamais fonctionné avec ces carburants, ces essences. C'est dans
les gènes : j'ai hérité d'une forme de bienveillance, d'un regard
optimiste sur le monde, et d'un humour qui me vient directement des femmes de ma
famille, ma mère et ma grand-mère, qui en faisaient usage dans les pires
situations ».
« De l'information, de la communication, de la vie »
La grande fête donnée aujourd'hui en votre honneur sera chargée d'émotion ?
« Je crois que les choses importantes remontent au cœur et à la mémoire
un peu plus tard. Mais l'émotion sera forcément là. J'ai partagé des choses
avec tous ces gens. Des deuils, des accidents, des événements douloureux. Et
aussi des moments de bonheur. Les grandes fêtes, les baptêmes, les mariages,
la vie associative... Mon discours n'est pas encore tout à fait cuit
(l'entretien remonte à samedi matin). Il ne sera pas long. Ce sera surtout une
action de grâce, des remerciements. Le culte de la personnalité, c'est pas
trop mon truc ».
Qu'est ce qui vous rend fier ?
« D'abord d'avoir pu assurer mes services liturgiques. C'est quand même
pour ça qu'on m'emploie (il rit). Et d'avoir pu faire des célébrations et des
homélies très différentes pour Notre Dame , Saint-Laurent et Sainte-Odile.
Ensuite, il y a l'attention aux enfants, c'était l'une de mes priorités en
arrivant. Et on a fait beaucoup de choses. De l'amitié est née que ce soit
avec les enfants roumains, ceux du scoutisme, les crèches vivantes à Noël... ».
Le téléphone sonne. C'est un médecin du Parc qui veut lui amener des
brochures sur le dépistage du cancer. « Passe tout de suite », répond
François Menny. « Dans l'église, il peut aussi y avoir de l'information,
de la communication, de la vie. C'est pas toujours emmerdant, moralisant.
Parfois, on a le droit de changer. Mais bon, c'est pas demain qu'on aura un TGV
dans l'église catholique »
« Optimiste de nature »
Vous êtes originaire de Buhl. Pourquoi vous installez-vous à Kaysersberg ?
Pour son maire ?
« C'est un ami. Je l'ai même eu comme scout à une époque. Sinon, c'est
là-bas que j'avais passé mes premières années de ministère. Je vais y
retrouver des jeunes qui ont pris de la graine... Là-bas, je vais aller à la pêche,
au golf, marcher, écrire (je suis un ancien pigiste des DNA), voir des expos,
des concerts. Et je vais continuer de discuter avec les gens ».
Vous êtes optimiste pour l'église catholique ?
« Je suis optimiste de nature. Je pense que l'avenir est dans l'œcuménisme.
Nos enfants seront confrontés à l'école à une pluralité de discours, de
religion. Il faut les préparer à ces rencontres. L'autre piste à explorer
dans notre vieille Europe : C'est le vieillissement du clergé catholique.
La question se pose. Ne faut-il pas un autre typ