Joseph Tataï (mari de Bernadette)


(collection Bernadette Tataï, épouse de Joseph)

Wintzenheim / Camp manouche à Logelbach - «Pourquoi veulent-ils nous chasser d'ici ?»

Les manouches sédentaires vivant sur le site de Wintzenheim, proche de la voie ferrée, ne veulent pas quitter le camp qui accueille une cinquantaine de personnes. La communauté d'agglomération de Colmar planche sur le relogement de ces familles.

Elle garde précieusement la photo encadrée de son Joseph. Sur le cliché, il est jeune, souriant, violon à la main. « Il avait son orchestre. Il a joué partout, en France, en Allemagne ». Bernadette Tataï se rappelle ces soirées folles où son violoniste de mari chauffait la salle avec sa musique tzigane. « Les gens devenaient fous ! Certains cassaient les tables et les chaises... Ah ! Mon mari, il était pas ordinaire ».
D'origine hongroise, Joseph repose dans un cimetière proche de la frontière serbe. A sa mort, Bernadette est revenu sur les lieux de son enfance, à Logelbach où elle réside dans un mobile home, encadré par les caravanes de deux de ses filles. Chez les Tataï, la famille, c'est sacré. Quatre générations ont connu le camp de Wintzenheim, qui jouxte le ban communal d'Ingersheim. D'ailleurs, un muret d'à peine quelques centimètres marque la frontière entre les deux villes. Bernadette ne se voit pas vivre ailleurs. « Ici, c'est ma vie ! On ne dérange personne. On ne veut pas quitter cet endroit ».

Source : Nicolas Roquejeoffre, DNA du jeudi 12 juillet 2007

 


Les Manouches

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