Portrait
de Madame Langweil (collection privée)
Florine Ebstein est née en 1861 dans une famille juive et pauvre de Wintzenheim, en Alsace. Petite fille, elle voit, en 1870, les Uhlans entrer dans son village. En 1881, orpheline à l'âge de vingt ans, elle part habiter chez une cousine qui tenait une petite pâtisserie à Paris. C'est là qu'elle fait la connaissance de Charles Langweil, de vingt-cinq ans son aîné, autrichien et d'un milieu aisé. Elle l'épouse, et il lui donne deux filles, Berthe et Lyli. Il tenait un magasin d'antiquités, mais ne s'en occupait peu, préférant passer ses journées à la pêche. Mais après huit ans de mariage, Charles Langweil disparaît, abandonnant femme et enfants. Seule, avec deux petites filles, n'ayant pour tout bagage que son courage, Mme Langweil reprend alors le magasin d'antiquités de son mari et, passionnée d'art japonais, mais sans formation, décide de se spécialiser dans ce domaine et se lance dans une vie d'homme d'affaires. Au bout de quelques années, son magasin devient l'un des premiers centres artistiques parisiens de l'époque, et elle est bientôt reconnue comme l'un des plus grands spécialistes de l'art extrême-oriental. Elle se retire des affaires en novembre 1913. Durant toute la guerre, elle s'occupe des réfugiés et organise des expositions aux profits de l'armée française. En 1921, elle reçoit la Légion d'honneur. En 1923, elle fonde le prix de Français en Alsace, et fait par la suite des dons importants à de nombreux musées d'Alsace. A sa mort, selon son vœu, ses collections sont vendues. Des musées du monde entier en possèdent des pièces.
Source : Un rêve de France, Pierre Bucher une passion française au cœur de l'Alsace allemande 1869-1921, Gisèle Loth, La Nuée Bleue, 2000
Copyright : Guy Frank 2005