Comment retrouver un soldat mort sous l'uniforme français


Sépultures de Guerre

" Sépultures de guerre " permet au public de consulter les fichiers détenus par le ministère de la défense (secrétariat général pour l'administration), afin de connaître le lieu d'inhumation des personnes décédées au cours des conflits contemporains - dont 1870-71, 1914-18 et 1939-45 - et enterrées dans les nécropoles nationales.

L'entretien et la gestion des sépultures sont assurés par les directions interdépartementales des anciens combattants (DI). A ce titre, chaque DI dispose du fichier des sépultures de sa circonscription.

http://www.sepulturesdeguerre.sga.defense.gouv.fr


Bureau des Archives du Monde Combattant

Ministère de la Défense, Secrétariat Général pour l'Administration
Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (SGA-DMPA)

Adresse :

SGA-DMPA
Bureau des Archives du Monde Combattant
BP 552
F 14037 CAEN CEDEX
Tél. 02.31.38.45.49

La DMPA propose un site Internet :

"Mémoire des hommes", qui met à disposition du public des bases de données réalisées à partir de l’indexation et de la numérisation de fiches biographiques conservées dans les archives du ministère de la défense.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr


Comment retrouver un soldat mort sous l'uniforme allemand


Le «Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge» ou VDK, est un organisme qui a son siège à Kassel en Allemagne. Il oeuvre depuis plus de 80 ans pour le respect et l'entretien de plus de 850 cimetières militaires dans 44 pays, de l'Égypte à l'Ouzbekistan, datant des deux derniers conflits mondiaux, et où se trouvent des tombes de militaires de formations allemandes. Mieux encore : le VDK propose un site Internet interactif grâce auquel on accède à des informations inédites comme la date du décès et le lieu d'inhumation d'un soldat mort sous l'uniforme allemand (rubrique Gräbersuche). Cette base de données est valable pour les Alsaciens-Mosellans incorporés de force. Le site en question est en allemand :

http://www.volksbund.de

En cas de recherche infructueuse, une rubrique "Letzte Hoffnung" (dernier espoir)
permet de publier un avis de recherche, avec un maximum de détails...

Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e.V.

Bundesgeschäftsstelle
Werner-Hilpert-Straße 2
D 34112 Kassel
Telefon: 0180 / 570 09-99
Spendenhotline: 0180 / 570 09-01
Telefax: 05 61 / 70 09-221
E-Mail: info@volksbund.de

Présentation du VDK en français :
http://www.volksbund.de/kurzprofil/homepage_fr.asp


Deutsche Dienststelle (WASt)

pour l'information des proches parents
de tués de l'ex-"Wehrmacht"

Eichborndamm 179
D-13403 Berlin
Tel. +49 (030) 41904-0
Fax. +49 (030) 41904-100

http://www.dd-wast.de

La WASt possède les documents suivants:

  1. Un fichier central alphabétique comprenant plus de 18 millions de fiches individuelles de combattants de la seconde guerre mondiale (soldats de la Wehrmacht et personnels des formations militaires ou paramilitaires).
  2. Plus de 100 millions d'informations nominatives dans les registres de plaques d'identité et les listes de mutations de personnels des unités de la Wehrmacht durant la seconde guerre mondiale.
  3. Plus de 150 millions d'informations individuelles dans les listes de pertes des unités de la Wehrmacht, de même que d'autres formations militaires de la seconde guerre mondiale.
  4. Plus de 2.100.000 dossiers des personnels de la Marine allemande (Marine impériale allemande, Marine provisoire du Reich, Marine du Reich, Marine de guerre, service de déminage allemand et Marine marchande réquisitionnée pour la période 1871-1947.
  5. Plus d'1 million de dossiers des personnels de la Wehrmacht (armée de terre et armée de l'air) comme par exemple livrets matricule, livrets militaires, etc.
  6. Plus de 15 millions de documents concernant des combattants allemands, autrichiens et leurs alliés de la seconde guerre mondiale faits prisonniers par les forces alliées (principalement françaises, américaines et britanniques), ainsi que des documents de libération de captivité de prisonniers venant de l'est.
  7. 1.500.000 documents (reliquat) relatifs à des prisonniers étrangers en captivité allemande.
  8. Un fichier central des tombes de guerre se rapportant à des décès et comprenant 900.000 avis individuels pour la première guerre mondiale et 3.100.000 pour la seconde guerre mondiale.
  9. Divers documents individuels et collectifs comme par exemple un fichier des officiers des armées de terre et de l'air, des pièces justificatives de remise de décorations, etc.

Albert Schwein, le chercheur de tombes

L'homme a des allures de baroudeur. Et une passion pour les fouilles archéologiques. Mais, depuis douze ans, Albert Schwein, qui a quitté Bergheim après des vicissitudes familiales et professionnelles, effectue un travail un peu particulier. Il est l'un des collaborateurs du VDK (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge), l'association allemande qui cherche à localiser, puis à regrouper dans des cimetières les soldats de la Wehrmacht. Ils sont une trentaine à travailler en Europe de l'Est. « C'est un travail difficile, car nous sommes obligés de faire une véritable enquête pour retrouver les tombes. Nous nous adressons aux villageois. La plupart du temps, les Soviétiques sont passés dessus avec des bulldozers », explique Albert Schwein qui avait été invité par Michel Foucher, l'ambassadeur de France en Lettonie, à rencontrer la délégation alsacienne à Riga. L'Alsacien du VDK travaille neuf mois sur douze en Lettonie et en Estonie. Pendant l'hiver, il rentre à Bergheim. Une fois les tombes localisées avec l'aide de son chauffeur letton — « un homme d'une grande probité » — il demande l'autorisation aux autorités pour effectuer les fouilles. Celles-ci doivent être très minutieuses, car tous les éléments ou documents pouvant servir à identifier les morts seront envoyés au VDK à Kassel, ou à Berlin. La plupart ont leur plaque, avec leur matricule. Certains avaient conservé des papiers, de l'argent ou des photos. « Un jour, j'ai trouvé la photo d'une femme très belle. J'ai pensé : Il en avait de la chance. Derrière la photo, il avait écrit : Mutti. Ce garçon n'avait que 17 ans », raconte-t-il, avec émotion. Le VDK essaie de prévenir les familles de ces soldats de tous les pays occupés par l'Allemagne nazie, volontaires ou enrôlés de force dans la Wehrmacht. « Les cadavres sont enterrés dans la grande nécropole de Saldus, prévue pour 25 000 morts », explique-t-il. Là où repose le père de Richard Burgstahler qui disposait d'une lettre, comme indice… Albert Schwein est sollicité par des familles alsaciennes, en quête d'un parent disparu sur le front russe. « L'État français a considéré que ces recherches sont un problème individuel », regrette le conseiller général Alphonse Troestler, en estimant que « les Départements et la Région devraient entreprendre un travail collectif, à travers le Mémorial d'Alsace-Moselle ». Avec la liste des 30.000 à 35.000 Malgré-nous morts ou disparus.

Source : Yolande Baldenweck, L'Alsace du samedi 23 avril 2005


Portrait - Albert Schwein, chercheur de tombes

Depuis 12 ans, Albert Schwein retourne la terre de Lettonie pour retrouver les dépouilles des 100 000 soldats - dont 8 000 à 10 000 Alsaciens - tombés là-bas sous l'uniforme allemand pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour leur donner une sépulture décente.

Cela fait douze ans qu'il n'a plus vu l'Alsace au printemps, qu'il n'a plus arpenté sa ville de Bergheim sous le soleil de l'été. De sa région natale, Albert Schwein ne conserve plus que des images de paysages hivernaux. Il ne s'autorise à y séjourner que lorsque les grands froids rendent la terre des pays baltes trop dure pour être retournée.
Aujourd'hui, sa vie est là-bas, en Lettonie. Au service du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (VDK). Une administration chargée de retrouver les dépouilles des soldats allemands tombés sur des champs de bataille étrangers et de les inhumer dans des lieux de mémoire.

Cimetières rasés au bulldozer

« J'ai toujours été très intéressé par l'histoire », reconnaît modestement Albert Schwein, en passant sous silence ses années de recherches. C'est cette passion qui l'a amené dans les années 70 à croiser le chemin du VDK. « J'avais effectué des fouilles archéologiques à Bergheim, sur le site où a été aménagé le cimetière militaire allemand du Grasberg. »
Lorsque, plusieurs années plus tard, l'occasion s'est présentée, Albert Schwein a mis sans hésiter un terme à sa carrière de comptable dans une maison de vin d'Alsace pour devenir chercheur de tombes. En Hongrie, en Lituanie, puis depuis 1993 en Lettonie.
« Environ 100 000 soldats allemands sont morts ici à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans des combats ou sur le chemin de la retraite », explique-t-il. Parmi eux se trouvaient de nombreux Alsaciens enrôlés de force sous l'uniforme nazi. « Sans doute entre 8 000 et 10 000 », estime l'historien Jean-Laurent Vonau.
Certains, abandonnés sur le bord d'une route, ont été enterrés par des villageois, parfois même sur place. D'autres ont disparu dans un cratère creusé par l'explosion d'une bombe. D'autres encore ont été inhumés dans des cimetières militaires, certains connus, d'autres non, mais aujourd'hui tous disparus. « En 1945, lorsque les pays baltes sont devenus des républiques soviétiques, ils ont tous été passés au bulldozer », résume M. Schwein.
Son travail consiste d'abord à retrouver ces sépultures, à l'aide de toutes les sources disponibles. Qu'il s'agisse d'archives locales, de documents historiques ou de témoignages des habitants. « Mais cela devient difficile, constate le chercheur, car les témoins de cette époque sont de plus en plus rares. » Et il n'y a pas 36 moyens d'identifier les sites. « On a tout essayé, à commencer par les détecteurs de métaux. Mais la seule solution efficace, c'est la pelle mécanique. » A ce jour, Albert Schwein et son équipier letton ont retrouvé les dépouilles de 25.000 soldats.

75.000 tombes à trouver

Son travail ne se limite pas à exhumer les corps et à prévenir l'ambassade d'Allemagne de ses découvertes. Il lui faut aussi tenter de mettre un nom sur chaque dépouille.
« Lorsqu'on retrouve les plaques d'identification, on essaye de croiser les informations qui y figurent » avec celles qui sont contenues dans les dossiers de la Wehrmacht conservés à Berlin. « Parfois, on retrouve aussi des papiers d'identité » ou des effets personnels. « Lorsqu'on tombe sur un médaillon de Sainte-Odile, il y a de fortes chances qu'il s'agisse d'un Alsacien. »
Le travail, difficile, est aussi souvent émouvant. « Je me souviens d'une lettre retrouvée sur le corps d'un soldat de la division SS Danemark. Il s'adressait à son commandant et lui annonçait qu'il voulait quitter l'armée. Il n'a pas eu le temps de la lui envoyer », constate Albert Schwein. « Il y avait aussi ce médaillon qui contenait la photo d'une très belle femme. Derrière, il y avait écrit en petites lettres " Mutti ". C'était la photo de la maman de ce soldat. Il avait 17 ans. »
Argent, bijoux, documents personnels, tous les effets retrouvés - lorsqu'il y en a car « il y a eu des violations de sépultures » - sont expédiés en Allemagne. Les dépouilles, elles, sont inhumées dans l'une des deux nécropoles militaires allemandes de Lettonie. « Il y a une croix pour quatre soldats, sur laquelle figure le nom, la date de naissance et la date de décès de chacun », indique M. Schwein.
A 59 ans, il continue de parcourir la campagne. C'est sa contribution à l'indispensable travail de mémoire qui a été entrepris en Allemagne. Et qui est loin d'être terminé. Il reste en Lettonie 75 000 tombes à trouver.

Source : O.W., DNA du dimanche 24 avril 2005