Le 9 avril 1817, le préfet du Haut-Rhin signe un arrêté qui interdit, jusqu'à nouvel ordre, la fabrication de la bière dans le département, pour lutter contre l'augmentation excessive du prix des céréales, et notamment de l'orge. Il demande également aux maires de recenser les brasseries existantes dans leurs communes, et de faire l'inventaire des grains en stock chez chacun d'entre eux. A cette époque, aucun brasseur n'est signalé à Wintzenheim...
Source : ADHR 6M440
En 1846, le département du Haut-Rhin comptait 90 brasseries (arrondissement de Colmar : 44, Altkirch : 22, Belfort : 24) employant 200 ouvriers et produisant 68.996 hectolitres de bière forte. On ne fabrique que de la bière ordinaire dans le département qui est imposée au droit le plus élevé de 2,40 Frs par hectolitre sous le titre de bière forte. La bière commune se vend en gros 16 francs et celle de mars 22 frs par hectolitre. L'emploi de la glucose dans les fabrications fait diminuer celui de l'orge. Il est fait usage de plusieurs espèces de houblon qui provient de Rembervillers (Vosges), de Haguenau (Bas-Rhin) et le la Bavière. Les principaux brasseurs ont 4 ou 5 ouvriers pendant l'hiver et le printemps, époque des plus grandes fabrications ; ensuite, ils n'en conservent que la moitié. Les autres brasseurs n'en ont que 1 ou 2. Les apprentis ne sont pas payés ; ils sont habituellement logés et nourris. Les ouvriers gagnent de 0.80 à 2 francs par jour, suivant leurs connaissances et leur force physique, non compris le logement et la nourriture. Les brasseurs du Haut-Rhin sont tous débitants de bière, en sorte que la plus grande partie de la bière qu'ils fabriquent est ainsi vendue dans leurs cabarets, au prix de 28 francs par hectolitre, au lieu de 16 à 22 francs pour les ventes en gros.
Source : État de renseignements sur les brasseries dans le département du Haut-Rhin, Contributions Indirectes, ADHR 9M16
En 1847, Colmar comptait 11 brasseurs, à savoir : Beck Henri, Doll Daniel, Freund Joseph, Fuchs Joseph, Hanhart André, Krafft Jacques, Metzger Valentin, Molly Guillaume, Schmitt Léonard, Schmutz Jean Émile, Sée Benjamin. On en comptait également 3 à Saint-Amarin, 1 à Oderen, 5 à Thann, 1 à Cernay, 2 à Soultz, 1 à La Chapelle, 1 à Dannemarie, 1 à Masevaux, 1 à Courtelevant, 1 à Beaucourt, 1 à Delle, 1 à Giromagny, 3 à Belfort, 1 à Courcelles, 1 à Sundhoffen, 1 à Biesheim, 6 à Brisach, 2 à Rouffach, 2 à Guebwiller, 2 à Ensisheim, 3 à Ribeauvillé, 1 à Bergheim, 1 à Orbey, 1 à Lapoutroie, 2 à Sainte-Croix-aux-Mines, 1 à Lièpvre, 5 à Sainte-Marie-aux-Mines, 2 à Munster, 2 à Kaysersberg, 1 à Breitenbach, 2 à Altkirch, 1 à Illfurth, 2 à Saint-Louis, 1 à Kembs, 1 à Rixheim, 2 à Dornach, 1 à Reiningue, 10 à Mulhouse, ... et 1 à Wintzenheim, qui venait juste de s'installer : il s'agit de Frédéric Hornung.
Source : État nominatif des brasseurs du département du Haut-Rhin, dressé d'après les matrices de patentes de 1847, Direction des Contributions Directes, ADHR 9M16
Le 22 juin 1846, Frédéric Hornung, brasseur "en ce moment encore établi à Breitenbach" écrit au maire de Wintzenheim. Il a acquis le 22 mars 1846 (notaire Me Steckel de Wintzenheim) la maison d'habitation et dépendances de feu Jean Baptiste Weinmann dit Haass, ancien maire de Wintzenheim, située au quartier dit de l'ancienne église (section E, numéros 515 et 516), et sollicite l'autorisation pour y établir une brasserie. Dès le lendemain, le maire Baffrey transmet la demande au Préfet, avec avis favorable.
L'arrêté préfectoral n° 30.228 du 17 juillet 1846 autorise le sieur Frédéric Hornung, brasseur, à établir une brasserie dans la maison d'habitation qu'il a acquise au quartier dit de l'ancienne église à Wintzenheim.
Source : ADHR 5M120, 3P1623/3 feuillet 1734, 3P1623/4 feuillet 2443, 3P1623/5 feuillet 2643, 3P1623/9 feuillet 1579, 3P1623/12 feuillet 3206
L'acte de vente du 21 août 1857, passé devant Me Félix Martin, notaire à Wintzenheim, de la brasserie de Wintzenheim située rue de l'ancienne église "Alt Kirchgasse" par le brasseur Frédéric Hornung et son épouse Frédérique à Gustave Adolphe Schmutz, brasseur, et son épouse Catherine Graff comporte entre autres :
I - Une maison-brasserie avec cour, caves, granges, écuries, hangars et autres droits, aisances et dépendances, le tout clos de murs et d'une superficie de neuf ares deux centiares, sis à Wintzenheim, rue Altkirchgasse, section E, numéros 505, 515, 515, 516 et 515, du plan cadastral, attenant vers le levant aux ayants droits Mattian Wormser, vers le couchant à la rue dite Altkirchgasse, du midi à Mr Louis Grad, et du nord à la rue appelée Grabengasse [...]
L'article 1 a été acquis de M. Joseph Weinmann, cultivateur et vigneron demeurant à Eguisheim (22 mars 1846, notaire Me Steckel)
II - Un terrain de cinquante deux ares trente centiares avec cave voûtée et hangar* (cave n° 10 ?), situé à Wintzenheim, canton dit Orbst, section C, numéros 2744, 2747, 2748, 2749, 2750, 2751, 2752, 2753, 2754 et 2755 du plan cadastral, attenant vers le nord à l'Orbstweg, vers le midi à des vignes, du levant au Hengstweg et à un (?) communal et du couchant à M. Guillaume Molly de Colmar (caves n° 8 et 9 ?).
L'article II a été acquis en partie de :
- François Joseph Dermineur, ancien juge de paix à Wintzenheim, demeurant à Colmar (12 février 1850, notaire Me
Steckel)
- Antoine Klufts, vigneron et Barbe Muller, sa femme, demeurant ensemble à Wintzenheim (19 juillet 1850, notaire Me
Steckel)
- Marguerite Schiele, veuve du vigneron Joseph Vogel, demeurant à Wintzenheim (5 mai 1851, notaire Me
Steckel)
- masse de la faillite du notaire Steckel, par adjudication judiciaire (24 avril 1854, notaire Me Martin, hypothèques vol.400,
n°74)
- Mathias Wormser, propriétaire à Wintzenheim (9 septembre 1856, notaire Me Martin, hypothèques vol.477, n°117)
- veuve Vogel et ses enfants Joseph et Catherine(24 juin 1856, notaire Me Martin, hypothèques vol.473, n°58)
Quant à la cave et au hangar, les époux Hornung les ont fait construire eux mêmes.
III - Et une grange avec ses appartenances, faisant autrefois partie d'une tuilerie, sise au dit lieu, quartier dit Steingarten, section E, numéros 732 et 733 du cadastre, attenant vers le couchant au Steingartenweg, vers le levant à Mathias Guthmann, du midi à M. Marc-Isaac Hirtz et du nord à Joseph Kauffmann.
L'article II a été adjugé aux époux Hornung par MM Samuel Wormser et Marc-Isaac Hirtz, tous deux propriétaires demeurant à Wintzenheim (enchères du 18 juillet 1856, notaire Me Martin, hypothèques vol.473, n°132).
L'acte de vente précise en outre : Comme condition essentielle du traité intervenu entre M. Schmutz et M. Hornung, il est interdit à ce dernier d'exercer en Alsace pendant vingt ans à partir du jour où il abandonne la brasserie vendue, la profession de brasseur, soit directement soit indirectement, sous peine de tous dommages et intérêts.
D'après la publication "Le Grand Faubourg" (Editions Gambrinus) de Pierre Hornung, demeurant à Chartres, son arrière grand père, "Frédéric Hornung, qui exploitait une petite brasserie à Wintzenheim près de Colmar, s'installa, avec sa famille, dans la région parisienne en 1858 et fonda en association la Brasserie d'Arcueil. Son fils Albert né en 1854 épousa Georgette Fritsch, fille d'un brasseur d'origine alsacienne, installée Faubourg Bannier à Orléans. Le jeune ménage acquit une brasserie à Chartres en 1880."
Le 14 septembre 1864, Gustave Schmutz sollicite du Préfet du Haut-Rhin l'autorisation de faire usage dans sa brasserie à Wintzenheim d'une machine à vapeur de la force de 3 chevaux pour mouvoir le matériel de sa brasserie. La chaudière sera de forme cylindrique, en tôle à un bouilleur, avec une capacité de 1200 litres. Elle sera éprouvée et timbrée dans l'usine Kolb Frères de Graffenstaden pour une pression de 6 atmosphères. Le combustible sera la houille.
Le 12 novembre 1864, le maire Krick adresse au Préfet le procès-verbal de l'enquête de commodo et d'incommodo, avec avis favorable. Il demande néanmoins que des mesures de sécurité et de précaution soient imposées à Gustave Schmutz, car la brasserie est située au milieu du village, non loin des maisons d'habitation.
Le 31 décembre 1864, l'ingénieur des mines émet un avis favorable, et le Préfet signera l'arrêté d'autorisation le 8 mars 1865.
Source : ADHR 5M120
Au 1er décembre 1864, il existait à Wintzenheim 18 débits de boissons à consommer sur place :
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- KUENTZLER veuve, cabaretier - DIETRICH Joseph, débitant de bière - KRICK Martin, aubergiste - GRAD Louis, aubergiste - HIRTZ Nephtalie, cafetier - SCHMUTZ Gustave, cafetier - SUTTER Léopold, cafetier - BERNHARD Thomas, cabaretier - BAFFREY veuve, aubergiste |
- MEYER veuve, aubergiste - BLOCH-Hirtz, cabaretier - SCHNEIDER André, cabaretier - GUETMANN Jean-Pierre, cabaretier - LAUBER Chrétien, cabaretier à Saint-Gilles - KELLER veuve, cabaretier au Logelbach - BERNA Luc, cafetier - OBERLIN Charles, cabaretier Logelbach - WURTZ Georges, cafetier, station du Logelbach |
Source : État nominatif des débitants de boissons à consommer sur place existant dans le Haut-Rhin au 1er décembre 1864, Contributions Indirectes, ADHR 4P97
Aubergiste : celui qui tient auberge, maison où on loge et nourrit les voyageurs pour de l'argent
Cabaretier : celui qui tient cabaret, sorte d'auberge d'un rang inférieur où l'on vend du vin en détail et où l'on donne aussi à manger
Cafetier : celui qui tient un café, lieu public où l'on prend du café ou d'autres breuvages
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Le 27 mars 1878, Gustave Schmutz a obtenu la concession pour exploiter dans sa propriété à Wintzenheim un hôtel - débit de boissons (Gastschenckwirtschaft). A cette époque, le brasseur Gustave Schmutz était aussi maire de Wintzenheim (1877 à 1893). La Société Chorale avait l'habitude de se réunir chez lui. Celui-ci facturait ensuite les consommations au trésorier. Des chopes de bière, évidemment... (collection René Meyer)
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Pour preuve, cette lettre du 1er août 1878, co-signée par les trois principaux dirigeants de la Société Chorale, Voné président, Muller secrétaire et Johannès directeur : " Der Unterzeichnete Vorstand der Choral Gesellschaft zu Wintzenheim hat die Ehre den Herrn Mitglieder des Vereins hiermit ergebenst mitzuteilen dass volgende gefellige Vergnügens Versammlungen statt finden werden, und zwar : 1) Am Sonntag den 4. August 1878 Nachmittags um 4 Uhr beim Bierkeller des Herrn Burgermeisters Schmutz. 2) Am Samstag den 10. August 1878 Nachmittags um 4 Uhr in dem neuen Wirtshäusle des Herrn Aloys Meyer daselbst." |
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Le 2 octobre 1888, par devant Me Kubler, notaire à Wintzenheim, Gustave Schmutz, maire et ancien brasseur, vend sa propriété à la maison Jean Ehrhard, brasserie "Zum Fischer" à Schiltigheim.
(document traduit par Jacqueline Strub)
Source : ADHR 6E80/156 acte n°2900, 4Q12/1729 acte n°91
D'après la matrice cadastrale, la brasserie de Wintzenheim appartient toujours en 1903 à la Brauerei Zum Fischer J. Ehrhard, Aktiengesellschaft Schiltigheim
Source : ADHR : 3P1623/12 feuillet 3206
RECHERCHES EN COURS CONCERNANT LA PERIODE 1903-1921
Le Livre Foncier nous fournit les dates d'inscription suivantes (postérieures aux dates de vente) pour la parcelle 40 section C :
8 mars 1921 (1ère inscription) : Joseph RICHERT, Gastwirt in Wintzenheim et son épouse Jeanne, née BERNA (feuillet 1547)
22 novembre 1935 : Félix IMBACH, aubergiste à Wintzenheim et son épouse Joséphine, née HOMANN (feuillet 2858)
14 juin 1948 : Auguste HAEGELIN, viticulteur à Orschwihr et son épouse Berthe, née BONCOUR (feuillet 2858)
14 novembre 1951 : Lucien STAEHLE (feuillet 3078)
Source : Livre Foncier, Tribunal d'Instance de Colmar
L'étude d'anciens plans, et notamment du plan d'arpentage de la banlieue de
Wintzenheim datant de 1762 (ADHR), laisse à penser que les caves du Bierkeller, qui ne
sont pas encore mentionnées, ont
été construites à l'emplacement d'une ancienne carrière d'argile ou
glaiserie. En effet, sur ce plan, les parcelles n° 66, situées au pied du chemin
du Hengst, à l'emplacement de l'actuel bassin d'orage, et dans l'angle formé
par le chemin du Hengst et la rue Albert Schweitzer (actuel Bierkeller) portaient
la mention " Leimengrube, Egert, terrain inculte ".
Cette découverte confirme l'hypothèse qu'une partie au moins des anciennes caves à bière de Wintzenheim (et notamment la cave n°10) ont été construites sur ou dans le sol meuble d'anciennes carrières d'argile (une reconversion du site, après la fin de l'exploitation par la tuilerie ?). Reste à déterminer si elles ont été creusées dans le flan de la colline, ou construites dans les excavations de la carrière, pour être ensuite recouvertes de terres rapportées. Une étude géologique permettrait probablement de le déterminer.
L'histoire de la tuilerie et celle du Bierkeller de Wintzenheim sont peut-être liées...
Le 9 décembre 1857, le Commissaire de Police de Wintzenheim écrit au Préfet du Haut-Rhin :
Monsieur le Préfet, J'ai l'honneur de vous informer que j'ai visité hier des travaux souterrains, que le sieur Schmutz, brasseur à Colmar, fait exécuter pour agrandir une cave voûtée qu'il possède dans le versant d'une colline à proximité de Wintzenheim, lieu-dit Orbst-weg.
J'ai remarqué d'après la nature du terrain calcaire et de la surface, que l'atelier des ouvriers n'était pas dans les conditions de leur propre sûreté et que rien n'était établi pour prévenir un éboulement....
Le Préfet adresse immédiatement une note au service des Mines et Carrières, et le 15 décembre, l'agent-voyer en chef des chemins vicinaux lui fait parvenir le rapport suivant :
Monsieur le Préfet, Pour répondre à votre honorée du 12 de ce mois concernant les travaux souterrains entrepris à Wintzenheim par le sieur Schmutz, brasseur, pour l'agrandissement d'une cave voûtée qu'il possède sur le versant de la colline dit Orbstweg, je me suis rendu sur les lieux hier 14 du courant et j'ai pu constater que les travaux entrepris qui consistent à prolonger la cave de 3 mètres dans la montagne ne présentaient aucun danger pour les ouvriers.
En effet les déblais qui sont actuellement terminés s'effectuent dans une glaise très compacte entremêlée de cailloux roulés formant corroi et présentant une consistance telle qu'il est presque impossible d'en détacher des parcelles à coup de levier.
Les ouvriers employés aux manœuvres et à la percée de la galerie sont à l'abri sous la partie déjà voûtée et sous un échafaudage que j'ai fait consolider en ma présence, et qui retient les parois glaiseuses à la partie à voûter au moyen de madriers en chêne de 0,08 m d'épaisseur, soutenus par des chandelles de 16/16, reposant elles-mêmes sur une traverse ou seuil sur laquelle elles sont solidement fixées.
Les pied-droits supportant la voûte sont déjà en partie maçonnés et l'on pourra poser le cintrage de la voûte dans le courant de la semaine prochaine.
Il y aurait donc lieu de prescrire simplement au sieur Schmutz d'avoir à continuer l'étançonnage des parois supérieures de la galerie entamée au moyen de madriers tapissant toute la surface supérieure et reliés entre eux au moyen de fortes traverses supportées par des chandelles solidement fixées sur des semelles reposant au niveau du plafond de la cave.
Le sieur Wertz, agent-voyer de la circonscription de Wintzenheim pourrait être chargé de la vérification journalière des mesures prescrites.
Je suis avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur, Signé : l'agent-voyer en chef
Le préfet suit ces recommandations et signe l'arrêté n°1032 du 28 Xbre 1857 enjoignant au brasseur Schmutz de suivre les prescriptions de sécurité énumérées dans le rapport.
Source : ADHR 8S5
Le 11 juillet 1873, par devant Me Édouard Kitschler et son collègue, notaires à Colmar, Marie Barbe Kress, veuve de Jean Emile Schmutz, de son vivant brasseur à Colmar, et ses enfants (Marie Émilie, épouse du brasseur Émile Schmidt de Belfort, Louise et Berthe, majeures sans profession, Mélanie et Eugénie, 19 et 12 ans), vendent à Guillaume Molly, brasseur, et à son épouse Thérèse Schwindenhammer :
I - Un vaste et bel enclos situé à Colmar, 16 rue des Juifs, connu sous la
dénomination de : Brasserie Schmutz, composé :
- d'une belle maison d'habitation longeant la rue des Juifs,
- d'un bâtiment latéral du côté du sud, servant de salle de brasserie et de logement,
- d'un autre bâtiment latéral du côté du nord, servant de brasserie, malterie, écuries, remises, glacière, petite cour,
- d'une cour, d'un jardin, de deux pompes, de différentes vastes et belles caves [...]
II - Une remise avec cour, autres droits et dépendances, située à Colmar, rue des Laboureurs [...]
III - Un terrain autrefois en nature de trefflière, de contenance d'environ dix huit ares soixante centiares, au ban de Wintzenheim, canton dit Orbst, inscrit à la matrice cadastrale sous les numéros 1823 et 1824 de la section C, y compris les caves qui se trouvent construites dans le terrain & le hangar s'y trouvant édifié, aboutissant du midi à Joseph Sick, au nord au chemin dit Orbstweg, tenant vers le levant à la veuve de Joseph Gspann et du couchant à l'article cinq ci-après décrit.
IV - Un terrain de la contenance de quatre ares soixante quinze centiares en nature de vignes, au ban de Wintzenheim, canton dit Orbst ou Rehland, tenant d'un bout à un chemin, de l'autre à la veuve Rominger, d'un côté à Joseph Klufts, de l'autre à André Hecht, inscrit au cadastre sous la section A n°1821.
V - Un terrain en nature de champ, de la contenance d'environ cinq ares quatre-vingt quinze centiares, ban de Wintzenheim, canton dit Orbst, inscrit au cadastre sous la section C n°1825 et 1826, tirant pays haut sur un talus, pays bas sur le chemin dit Orbstweg, tenant vers le Rhin à l'article trois ci-dessus et vers les monts aux héritiers de Georges Krick.
Source : ADHR 3P1623/9 feuillet 1578
Dans un registre des professions établies à Wintzenheim à la fin du XIXe siècle, on relève la présence de deux brasseurs colmariens au lieu-dit Orbst. Ils utilisent très probablement les caves du Bierkeller à Wintzenheim pour la conservation au frais de leur bière en fûts :
- Brasserie Guillaume Molly, caves, employant 4 personnes en 1898, 5 en 1899, 5 en 1900, 4 en 1901, et 4 en 1902
- Bilger & Schmitt, caves à bière, employant 2 personnes en 1898, 3 en 1899, 3 en 1900, 3 en 1901, et 3 en 1902.
Source : AMW 2F4, Nachweis Register über den Stand der Gewerblichen Anlagen
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Antrag des Herrn A. Kuçi um Erteilung der Konzession zum Betrieb eines "Restaurant-Pension" am Bierkellerweg zu Wintzenheim. An den wohllöblichen Gemeinderat von Wintzenheim. Anfangs März dieses Jahres habe ich die Gebäulichkeiten nebst den dazugehörigen umliegenden Wiesen und Waldungen am Bierkeller käuflich erworben zwecks Eröffnung eines "Restaurant-Pension", welches sich in angemessener Entfernung von jedem anderen Restaurant des Städtchens befinden würde. Aus diesen Grunde möchte ich den wohllöblichen Gemeinderat freundlichst bitten, mir zu diesem fremdenverkehrsfördernden Betrieb gefälligst die erforderliche Konzession erteilen zu wollen. Zur Begründung dieser meiner Bitte, erlaube ich mir folgendes anzuführen : Das große Anwesen "Bierkeller" mit seiner unmittelbar schönen Umgebung wie Rasenplätze, bewaldete Anhöhe mit wunderbarer Aussicht, liegt ganz verödet, verlassen und unbesucht, und trotzdem als einer der herrlichsten und schönsten Gegenden unseres viel besuchten Wintzenheim geltend, da. In der Absicht groszügige Umänderungen und Umbauarbeiten auszuführen, wie z.B. Kinderspielplatzanlagen, Aufenthaltsterrasse für Ausflügler und Pensionäre, saubere Straßeneinfriedigungen, Weganlagen bis zur Bergeshöhe mit Ruhebänken, Säuberung der ganzen Berganlage, Herstellung von gesetzlichen Verkaufsräumen usw. muss ich vor Beginn dieses gewaltigen Projektes genau versichern, ob mir die Verlangte Konzession eventl. erteilt werden wird. Dieser Betrieb, für dessen Ausführung selbstverständlich auch die Gemeinde entlastet würde durch die Beschäftigung ihrer Arbeitslosen, würde sicherlich keinem hiesigen Geschäft von Schaden sondern nur von Nutzen sein, da es für Wintzenheim erstens ein Verschönerungswerk des Ortes, und gewiss ein Anziehungspunkt der Fremden sein würde. Da ich mich fest entschlossen habe, bei günstigem Bescheid meiner Anfrage, dieses große Werk zu beginnen und auch sicher fertigzustellen, glaube ich bestimmt, ohne irgend einem hiesigen Restaurateur zu nahe zu treten oder eventl. zu schädigen, dass es unserem wohllöblichen Gemeinderat ein leichtes sein wird die Zusage zu dieser Konzession zu geben, und hoffe ich auch in diesem meinen Bestreben durch denselben Unterstützung zu finden. In dieser Erwartung schaue ich vertrauensvoll der Erfüllung meines Anliegens entgegen, spreche für die eventl. Befürwortung im voraus meinen besten Dank aus und zeichne mit aller Hochachtung Signé : Kuci, Bierkellerweg Wintzenheim. |
11 octobre 1937 : Antoine KUCI, habitant rue des Caves à Wintzenheim, écrit au Conseil Municipal pour demander l'autorisation d'exploiter un Restaurant-Pension sur sa propriété sise au Bierkeller. A l'honorable Conseil Municipal de Wintzenheim. Au début du mois de mars j'ai acquis au « Bierkeller » les bâtiments ainsi que les forêts et prés y attenant dans l’intention d’y ouvrir un « restaurant-pension » qui se trouverait à une distance convenable de tout autre restaurant du bourg. Pour cette raison, je sollicite de l'honorable conseil municipal l'autorisation d’ouverture de cette entreprise qui favoriserait le tourisme local. Je me permets de vous soumettre les arguments suivants : La grande propriété du " Bierkeller " avec son entourage immédiat de prés et de collines boisées bénéficie d'une vue imprenable. Bien qu'étant l'un des plus beaux sites de notre petite ville, elle est actuellement désertée, abandonnée. Dans le but d'entreprendre de grandes transformations, comme par exemple création d’aires de jeux pour les enfants, de terrasses pour les randonneurs et pensionnaires, de bordures de route, chemins avec bancs menant au haut de la colline, nettoyage de tout le versant, construction d’espaces de vente légalement autorisés, il est indispensable que je sois assuré d’obtenir l’autorisation d’exploiter avant de commencer ces travaux gigantesques. Il est évident, que cette entreprise procurerait un avantage à la commune, en donnant du travail à des chômeurs. Elle ne nuirait aucunement aux commerces locaux, bien au contraire. Elle leur apporterait bien des avantages, car elle serait un embellissement pour la ville et certainement un attrait pour les touristes. Comme je suis fermement décidé, en cas de réponse favorable de votre part, à commencer et terminer cette grande œuvre, je suis convaincu, que me donner cette autorisation ne posera aucun problème à notre honorable conseil, puisque je ne causerai aucun préjudice aux restaurateurs de la localité. J’espère pouvoir compter sur le soutien du conseil dans ma tâche. J’attends avec confiance une réponse favorable à ma requête et vous en remercie à l’avance. Avec l’expression de ma parfaite considération (traduction Jacqueline Strub, Wintzenheim) |
Ce projet de création d'un complexe touristique au Bierkeller n'aura pas de suite. En effet, la Fédération des hôteliers, restaurateurs et débitants d'Alsace et de Lorraine écrit au Maire de Wintzenheim :
Monsieur le Maire,
Par la présente nous nous permettons de protester contre la nouvelle concession de débiter qui est sollicitée dans votre commune par le sieur Kuci. Le besoin réel, exigé par le paragraphe 33 du Code Industriel Local, fait complètement défaut à Wintzenheim, car les 20 débits et restaurants répondent largement aux besoins de la population, comptant actuellement 3800 âmes. L'octroi d'une nouvelle autorisation de débiter lèserait gravement les intérêts des restaurateurs déjà établis... Nous vous prions donc de vouloir intervenir auprès de Mr. le Préfet du Haut-Rhin et d'émettre dans ce cas votre avis défavorable...
et condamna ainsi définitivement ce projet.
Source : Archives Municipales de Wintzenheim
Copyright Guy Frank, 2003