La boulangerie Sontag créée en 1895 à l'angle de la rue de Turckheim
sera transférée au 50 rue Clemenceau en 1918 (collection Gaby et Jean-Louis
Jeckert)
En octobre ou novembre 1895, Eugène Sontag, maître-boulanger originaire de Wintzenheim, et son épouse Caroline Schmitt, ouvraient une boulangerie au 70 rue Clemenceau. Le four se trouvait à la cave. Le boulanger accédait à son fournil par une échelle.
Vingt-cinq ans plus tard, le couple rachetait la boulangerie d'Émile Eichholtzer située 50 rue Clemenceau (à l'époque le numéro 48), où l'entreprise familiale est implantée depuis.
Dans l'Elsässer Kurier du samedi 16 août 1919, on peut d'ailleurs lire l'annonce suivante : Versteigerung einer Bäckerei... läßt Herr Emil Eichholtzer, Bäckermeister in Wintzenheim (Hauptstraße Nr. 48), versteigern...
L'ancien bâtiment, 70 rue Clemenceau, est vendu à Jacques Neuhauser. L'acte de vente stipule l'interdiction faite au nouveau propriétaire d'y tenir une boulangerie ou un commerce en détail de pain ou de farine. A cette époque-là, Wintzenheim comptait au moins sept boulangeries, le pain faisait partie de la nourriture de base de la population, mais Eugène Sontag ne souhaitait pas qu'un concurrent vienne s'installer dans ses anciens locaux.
Eugène et Caroline Sontag, |
La boulangerie-pâtisserie |
Le boulanger |
En 1926, Eugène meurt, laissant la boulangerie à son épouse Caroline. Celle-ci la gère avec son fils Albert jusqu'en 1932, année au cours de laquelle Albert reprend l'entreprise paternelle, tandis que son frère Louis, qui a appris le métier de pâtissier, s'installe à son compte à Sélestat.
Quarante-cinq ans plus tard, en 1968, Albert passe le relais à sa fille Gaby et à son gendre Jean-Louis Jeckert. Avant de reprendre le flambeau, Jean-Louis, qui est plombier de formation, aura à cœur de faire son apprentissage de boulanger durant deux ans chez son beau-père et de passer son examen.
Gaby et Jean-Louis mettront tous les deux la main à la pâte pour assurer la pérennité de l'entreprise, qui voit les goûts évoluer, les hypermarchés s'ouvrier et les boulangeries de la place se fermer les unes après les autres. De deux à trois sortes, la gamme de pains proposés par la boulangerie passe bientôt à une vingtaine par semaine.
La
famille Jeckert-Sontag à l'occasion du centenaire de la boulangerie en 1995
(photo DNA)
32 ans plus tard, Gaby et Jean-Louis Jeckert reportent leurs espoirs et leurs ambitions sur leurs deux fils, Philippe et Matthieu. Les deux garçons qui avec leurs deux sœurs sont nés dans la farine, ont en effet appris, l'un le métier de boulanger, l'autre celui de pâtissier. Alors que Philippe, le boulanger, a fait son apprentissage chez son père et est resté depuis à Wintzenheim, Matthieu a préféré partir après son apprentissage. Il a notamment travaillé chez Pelletier et Fauchon à Paris, histoire de "progresser", avant de revenir à Wintzenheim.
Depuis 2000, la boulangerie est exploitée par les deux frères.
Source : Mado Ebelé, DNA du 17 novembre 1995
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